Amoureux d'une femme célèbre

Publié le par Frédéric Zarod

Amoureux d'une femme célèbre

Je ne suis pas jaloux, pourtant ce n'est pas facile d'être amoureux d'une femme célèbre.

 

J'ai été amoureux d'Alexandra David-Néel, mais je n'ai pas digéré le beurre de yak.

J'étais fou de Hildegarde de Bingen. La bénédictine mystique n'arrêtait pas de me raconter ses visions, elle a beau être Docteur de l'Eglise, elle n'a jamais pu me guérir de mes digressions paranormales. Cela étant dit, je reconnais que c'est grâce à elle si maintenant j'anime des workshops de tango bénédictin, rigolez pas! Ouvrez cette nouvelle fenêtre sur mon Atelier Tango Mystique, ainsi vous ne perdez pas la page sur laquelle vous êtes tombée malencontreusement.. faute d'avoir tapé une meilleure requête sur votre moteur de recherche.

J'ai été amoureux surtout, surtout, de Mâ Anandamayî. C'est d'autant plus difficile quand on n'existe pas...

 

Nirmalâ Sundarî Devî m'avait mis la barre beaucoup trop haut. Elle est née dans une famille de brahmanes vishnouïtes en région musulmane. Elle ne savait peut-être pas trop écrire ni lire, mais cela ne l'a pas empêchée de passer par de nombreuses sâdhanâ qu'elle a accomplies les doigts dans le nez, si je peux me permettre cette expression.

Une sâdhanâ est une pratique ascétique, un ensemble d'exercices spécifiques qui rentrent dans le cadre d'une vie religieuse, d'un cheminement spirituel. Pratiques yogiques, méditation, rituels, font partie de la sâdhanâ, par exemple.

La barre trop haut? Oui. Savez-vous qu'elle a été promise à l'âge de 13 ans à son futur époux, et que le mariage n'a jamais été consommé? Son mari? Il a vu en sa femme son gourou, il en est devenu sannyâsin, autrement dit, un renonçant au monde jusqu'à sa mort.

Autant dire que l'idée de devoir renoncer aux plaisirs et fruits terrestres, j'avoue que j'ai craqué. J'ai beau être un rêve, mais les rêves, comme les illusions, ne résistent pas longtemps à la Lumière de Mâ Anandamayî!

"Je suis toujours ici. Il n'y a ni aller, ni venir, tout est l'Atman." Me disait-elle sans cesse.

Pour un rêve piégé par les mondes qui se chevauchent, je faisais partie de ses prétendants qui en tenaient une sacrée couche: vous comprenez qu'elle est libre de tout karma, libre de ses vies antérieures, une femme sans égo.

Une merveilleuse lumière émanait de son corps, elle m'a irradié de ses rires, affolé de ses pleurs qui étaient comme un déluge, elle partageait la souffrance de toutes les âmes qui l'approchaient, mon amour de rêve alors a craqué, littéralement explosé, c'était trop violent pour moi, trop beau, inconcevable, je suis tombé de cet amour, et c'est peut-être depuis elle que j'ai chaviré dans cette région bien étrange du purgatoire, cette contrée que les vibrations du tango argentin ont fait naître dans l'univers astral.

 

Ah oui! J'avais oublié: je suis un rêve. Un rêve amoureux d'une femme célèbre, si célèbre dans le monde, que tous les hommes de la Terre, peut-être même certaines femmes, l'aiment, l'adorent.

Non, ce n'est pas Vénus, ni Madona. Ce n'est pas la vierge Marie, non plus. Quoique... J'ai un beguin pour elle; en tant que rêve, je peux me le permettre; un amour platonique pour la femme qui a vécu l'Immaculée Conception, c'est dire qu'il faut être foutrement ambitieux pour rivaliser avec Dieu le Père... A ce titre, je ne suis pas sûr que c'est la meilleure option pour choisir de régler son complexe d'Oedipe... C'est qu'on s'attaque à un... sacré morceau, là.

Je viens de vous le dire: une femme dont la célébrité est universelle!

 

Je suis un rêve depuis que mon dernier voyage astral s'est mal passé... (ouvrez encore une nouvelle fenêtre. Mais non, vous ne risquez pas de sortir de votre corps!).

La réminiscence d'une vie antérieure m'a expédié au purgatoire. Depuis, j'erre entre le paradis et l'enfer, entre le Ciel et la Terre. Être un rêve n'est pas si déplaisant, ne me faîtes pas dire ce que je ne n'ai pas dit! D'ailleurs, je passe le plus clair de mon temps à fréquenter l'une de mes régions préférées du purgatoire: l'égrégore du tango argentin.

 

J'ai même failli tomber amoureux d'une pute... je veux dire, d'une prostituée de Buenos Aires. Mais non! Ce n'était pas Roxanne! Je sais bien qu'elle est célèbre cette fameuse Roxanne! C'en est une autre, mais vous ne la connaissez pas. C'était une geisha, mais je me demande si je n'ai pas fini par me faire sepukku pour elle, ou à cause d'elle...

A vrai dire, c'est l'une de mes vies antérieures les plus floues, car voyez-vous, on ne peut pas toujours revivre une ancienne vie d'une manière bien distincte. Le Japon et l'Argentine ne se trouvent pas sur le même continent, c'est pour cela que je vous dis qu'ici, la cérémonie du thé et celle du maté  se superposent dans ma mémoire akashique, pas moyen de défaire les brins entremêlés de ce chanvre...

Il s'agissait bien d'une prostituée (La plume, le sabre et l'éventail). J'ai failli tomber en amour, mais il ne s'agit pas de cette femme si célèbre dont il est question.  Certains hommes pensent qu'on peut tout acheter avec l'argent... Malheureusement, trop de femmes encore sont vendues... ou se vendent. Ce n'est pas aux pauvres qu'il faut interdire l'argent et le pouvoir malsain qu'il procure, mais à ceux qui en ont parfois trop...

 

L'on finit par grandir véritablement quand on se libère du champ immonde des préjugés, de la médisance, de la jalousie, du mensonge et de la conspiration, de cette pensée unique, de cette infernale matrice neuro-linguistique qui maintient notre humanité dans le cycle pernicieux de la violence sans cesse éprouvée... En vain?

"Celui qui fait le tour des voluptés du monde sait que la chasteté contient tous les plaisirs." Expliquait Lanza Del Vasto. Je vous ai parlé de cette femme extraordinaire qui s'appelait Mâ Anandamayî, qui n'a même pas besoin de forcer le respect. Qui éprouve du respect pour une femme qui fait le trottoir ou qui sombre dans une maison close?

 

Ah! Si les hommes travaillaient à leur rêve le plus élevé au lieu de courir après leurs cauchemars... Bien sûr, la condition de la femme a changé, s'est améliorée depuis mai 68, sa fameuse libération, ses droits acquis...

Nous ne sommes pas dans une période où l'on pourrait encore écrire comme l'a fait Victor Hugo dans Océan Prose en 1854: "La femme est obligée de choisir entre acheter un homme, ou se vendre aux hommes, ce qui s'appelle la prostitution." Mais je reste encore très sceptique sur la place accordée à la femme  en ce monde... Je me demande même si elle ne s'est pas davantage détériorée?

Bien trop d'hommes encore ont choisi de servir le dieu de l'Argent plutôt que la voie du Seigneur, le culte du veau d'or semble parvenir à son apogée, n'est-ce là que le commencement du pire? Mais j'ai encore bon espoir: la Rose Mystique semble avoir choisi le tango argentin, cette danse inscrite au patrimoine immatériel universel, pour enfin éclore. Immatériel, je n'aime pas vraiment ce terme... Je préfère vous renvoyer à mon très beau conte initiatique du Tango de la Rose Mystique: Le plus beau tango du monde.

 

Allons bergère! Revenons à nos moutons. Qui est cette femme mondialement connue? Je suis heureux de vous la présenter, par ici, je vous en prie:

Je suis amoureux de cette femme

 

Si ma vie sentimentale de rêve ne vous intéresse pas, je vous renvoie à ce site sur la biographie des femmes réelles ou imaginaires qui ont fait l'Histoire: Femmes Célèbres

 

Avignon  le 10 août 2015

 

Pourquoi mon coeur hurle-t'il? Le Tango de Roxanne - Moulin Rouge

Amoureux d'une femme célèbre

Adios, Mi España Querida

Adios Pampa Mia, orquesta de tangos Argentina

Publié dans Une Plume de Provence

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