Altocalciphilie

Publié par Mademoiselle Plume

Altocalciphilie

Altocalciphilie, la passion pour le talon haut, l'amour de la danse au féminin

 

Altocalciphilie... à ne pas confondre avec rétifisme! Suis-je fétichiste de la chaussure? Fétichiste du talon aiguille? Ou du pied? Bonne question que vous pourriez poser à une danseuse talentueuse de tango argentin dans le midi de la France.

Je passe mon temps à marcher et à danser sur des talons hauts. Dans des rues pavées ou des ruelles escarpées, j'ai l'air parfois d'une jument rétive. Quoi? La féminité ne se réduit pas à porter des talons? Mais tu en vois beaucoup, toi, des hommes sur talon aiguille? Chacun sa croix!

Je n'aime que les chaussures de femme; certes, ce n'est peut-être plus de l'amour, mais une obsession; et l'on pourrait se demander dans ma passion pour le tango, quelle est la part que j'accorde à l'esthétique d'une belle jambe féminine qui se tend, au bout de laquelle, langoureusement, avec une sensualité effrontée, la pointe du pied vient caresser le parquet flottant de la piste de danse? Rétifisme? Mais que croyez-vous donc? Que je passe mon temps à lécher mes escarpins préférés, la semelle d'une sandale à talon, le cuir, le vernis, le velours d'une jolie paire de bottes ou de chaussures de soirée? Sucer un clown, un bâton de réglisse, ou une glace à l'anis, d'accord, mais sucer un talon aiguille, quelle drôle d'idée!

 

Comment adorer et collectionner les chaussures à talons, sans se faire taxer de personne vicieuse, obsédée, déviée sexuellement?

 

La question de la vénération est mal posée. J'ai compris comment marcher avec des escarpins, pour me promener en ville, faire la lèche-vitrine en toute beauté, avec les copines, lorsque je me suis mise à danser avec des talons de 10 cm, dans le cadre de mon entraînement intensif de tango argentin, embellissements femme et technique individuelle: à quoi ça sert de collectionner des tas de chaussures de fille, si c'est pour les laisser dans le placard? Dans ma passion folle de la danse, quelle est la part que je réserve à la beauté du pied, à la façon de le poser, à ma féminité, à la créature féline qui, sans la danse de couple, serait restée éternellement séquestrée dans les arcanes de la honte et du vice; au travers de mon amour du tango, comment j'exprime mon sentiment le plus élevé, que je cultive avec mon corps frêle, et mon coeur de lolita, telle une précieuse ridicule, une bigote maniériste, dans le culte que je voue à la vierge Marie, Sainte Mère de Jésus, à Sainte Blandine, patronne des servantes, chrétienne martyrisée à Lyon sous Marc Aurèle, ou encore à la déesse Bahuchara Mata, à laquelle les hijras de l'Inde dédient leur émasculation sacrificielle?

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