L'âme du tango comme la traîne de la mariée

Publié le par Frédéric Zarod



L'âme du tango rioplatense, comme la longue traîne de la mariée, déchirée par une plume sauvage...


Milonga, abrazo, canyengue, yo soy Maria de Buenos Aires, apilado, encuentro, despedida, assasination, milonguero, salida, pierna, gancho, valse argentine, pecho, Urquiza, enrosque, la Boca, longue traîne d'une mariée que j'ai salie...


Mea culpa? Si seulement? Mais je préfère arrêter le tango, ça fait mal, mais c'est mieux pour mon coeur tang... tant labouré au nombre de mes nuits dansantes et dansées.  

 


J'ai osé remplir mon écriture de tango, de l'âme du tango, de l'esprit du tango, de l'amour du tango, des espérances et du désespoir du tango argentin. Et Si la vida es una milonga, mon tango est une supercherie, et mes mots, en ce blog,  une mauvaise blague que Fernandel aurait pu glisser dans un tango corse...



Crime de lèse-majesté!


... j'ai osé prendre ma Plume et investir  les champs du tango rioplatense... 
 

Mais... 
 


Je ne suis qu'un petit français européen qui confond le Duende avec le tricotage fourre-tout de deux gambettes à la marseillaise.



Je ne suis qu'un petit amuseur qui dansote la musette, et qui m'essaie aux Grands Pas d'un tango que seul portègne a l'illustre privilège de dérouler dans l'esthétique d'une marche dont seuls les squelettes à morphologie sud-américaine ont le secret.



Seul l'argentin a le droit de souffrir, de se battre, de tomber amoureux et de saouler ses chagrins d'amour au vin tango, aux nuits tango, à l'abrazo qu'il sait si bien conduire.



Ma plume ne touche pas deux mots d'espagnol, et mes pieds n'ont guère dépassé Loret del Mar, alors comment me permettre d'inaugurer une poésie du tango pour laquelle la sueur a fait déteindre mes chemises, pour laquelle j'ai déchiré le cuir de quelques paires de chaussures, pour laquelle j'ai dépensé parfois plus que ma seule énergie... en vivant le tango jusqu'à mes nuits les plus vides et angoissantes?



L'argentin n'y est pour rien, il n'a rien demandé, mais l'occidental, lui, il a poussé dans ce champs médiatique où il est dit et écrit que seul un chinois peut retransmettre son kung fu, seul un africain peut retransmettre son vaudou, seul un américain peut retransmettre sa fabrication de l'hamburger ....



Je ne suis même pas né en Provence, et la Bonne mère en haut du port qui se souvient d'un légendaire Sarmiento, ne semble prendre dans ses bras que les marins, tournant le dos à un petit Lorrain égaré dans une garrigue aussi sèche qu'est son coeur en ces moments de doute et de fatigue... tango... milonguero encuentra tanguera boleo Buenos Aires milonga sentimentale deportista longue robe longue traîne déchirée talons aiguilles de chaussures plus qu'une fausse note un vilain petit canard...

Voilà pour ce qui est de ma lettre expéditive spéciale despedida.

 
 

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Laret 16/04/2013 18:07


Bien tristes mots,que je croyais ne jamais lire...Courage et bonne soirée,Jean-Pierre

Fred Milongeroz 16/04/2013 21:35



Besoin d'un break en ce qui concerne les milongas! Il est un temps pour tout comme le dit l'Ecclesiaste!



Nina Padilha 16/04/2013 17:11


Je dois te dire :
Carlos Gardel était français.
Alors pas de lamentations stériles.
La musique n'a pas de nationalité.
Elle est universelle.
Et celle qui te dit ça, chante la samba et le reste avec beaucoup de "ginga".
Je t'expliquerai tout ça de vive voix.
Bisous !

Fred Milongeroz 16/04/2013 21:36



En effet, Carlos Gardel était toulousain...


Faisons tomber les frontière!


Gracias chère poétesse brésilienne!


 


Gros bisous!