L'amour-tango

Publié le par Frédéric Zarod

No war!  Peace, love and dance!

No war! Peace, love and dance!

Journée internationale de la Paix ~ L'Amour Tango

 

Faîtes l'Amour-Tango, pas la guerre à gogo

21 septembre: journée internationale de la paix, à ne pas confondre ou... à confondre...  avec la journée mondiale de la paix qui est une journée de prière pour la paix, instituée par le Pape Paul VI en 1968.

La Journée internationale de la Paix est "célébrée chaque année le 21 septembre. Elle est dédiée à la paix et particulièrement à l'absence de guerre, qui doit se manifester par un cessez-le-feu dans les zones de combat. Elle est observée dans de nombreux pays depuis sa création en 1981."  Source Wikipédia

Faîtes du tango, pas la guerre!

Jetez les armes, et jetez-vous dans l'abrazo!

Je souhaite une... longue vie à la paix dans le monde. Qu'elle dure déjà 365 jours par an, ce sera largement suffisant!

 

Voir les évènements du 21 septembre 2016 pour la journée de la paix sur Terre.


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                              L'amour-tango

 

 

L'article-fondateur de mon blog Tango Plume! De la gymnastique amoureuse à l'art d'aimer... bailando, beauté et mystère du couple qui danse le tango du Rio de la Plata, de Buenos Aires et de Montevideo.
 


     

Qu'elles sont loin les amours adolescentes. On se souvient, à quinze ans... le premier baiser; à vingt ans... la première caresse plus enivrante que tous les vins du monde.
 
Arrive le sacerdoce, l'entrée dans la vie des adultes, ces enfants qui se croient enfin grands!
 
Notre premier appart, nos projets à deux, puis la chair de notre chair...
 
Nous vivrons ensemble jusqu'à la fin de notre vie. On y croit et c'est évident. On se sent fort.
 
Mais la vie n'est pas ce long fleuve tranquille sur lequel notre société de consommation veut bien nous donner l'illusion de naviguer. Un matin on se réveille. Dix ans, vingt ans, trente ans ont passé : il est temps que tu apprennes la solitude.
 
 
Pourquoi, comment est-ce arrivé? Faire le deuil, de la séparation; réajuster ses propres croyances; résister, se battre, détester... on oublie de respirer. On se sent fatigué.
 
On se noie dans un verre d'eau. Mais quand ça arrive, quand le doute nous envahit, qu'on ne voit plus rien que les larmes qui recouvrent notre quotidien, c'est un gouffre qui nous attire inexorablement.
 
On s'accroche à la première branche. Le long fleuve est dévié, ainsi que nos milliers de litres d'espérances et de certitudes, qui se déversent dans les profondeurs d'une dépression.
 

 
On veut revivre nos quinze ans, nos vingt ans.
 
Rien à faire.
 
 
Alors, un crépuscule de trop. On lâche tout. On abandonne. Des nuits blanches plus noires que le charbon.
 
Cela n'en finit pas.
 
On ne sait plus qui l'on est.
 
 
Détester l'amour.
 
On bascule dans l'autre monde. Rencontrer les âmes infernales. Est-ce notre imagination?
 
On essaie de revenir à la civilisation. Mais même au beau milieu d'une foule, ou autour de visages familiers, on est loin. Tu n'es plus dans ton corps. Dans ces marécages de la nuit, dans ces jours sans soleil, le désert.

 
 
Sa traversée.

 
 
Pendant cette histoire sans fin, on est aveugle.
 
On ne voit pas.
 
On ne voit pas Ses petits signes...
 
On n'entend pas Sa petite voix.
 
Là, au fond de nous et quelque part autour de nous.
 
Pourtant Il nous invite. A la réconciliation.
 
 
 
 
Il peut prendre la forme de n'importe quoi, de n'importe qui. On ne sait plus si c'est à l'extérieur de soi ou bien à l'intérieur... qu'Il s'exprime?
 

 
Pour moi, c'était mon premier cours de tango argentin. Anodin. Trop fragile, égaré que j'étais pour comprendre que j'avais fait un premier pas. Vers Lui.
 
Des jours, des semaines, des mois... on se confie chaque fois à une nouvelle personne. On raconte notre drame personnel, qui parfois - ou souvent - ne paraît aux yeux de l'autre qu'un épisode passager de l'existence, que chacun peut être amené à vivre un jour ou l'autre.
 
Puis un beau jour, à raconter une fois de plus, une fois de trop sa petite "tragédie", on s'entend parler... et l'on réalise... que c'est la voix du passé qui n'est plus.
 


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Le tango argentin, une étrange passerelle

 

Voici cinq ans que la danse, le tango surtout, m'accompagnent.
 
Je découvre aujourd'hui que mon premier cours de tango argentin, coïncide avec l'époque où j'ai commencé à sombrer dans cette étrange maladie du siècle commercialisée sous la forme des antidépresseurs, des anxiolytiques et des somnifères ( pour ceux et celles qui ne choisissent ni l'alcool, ni les tentatives de suicides, ni la drogue, ou encore la délinquance, la violence conjugale, la maladie ... en guise de branche à laquelle on essaie de s'accrocher).
 
Le tango argentin (et les autres danses de couple) m'a éloigné très rapidement de ces pilules-béquilles d'une efficacité contestée et contestable...
 
Cinq ans plus tard, je dors tango, je mange tango, je marche tango.

 
 

Comment définir l'amour?

 
Je ne sais pas.
 
Je découvre l'amitié.
 
Par le tango, je me suis réconcilié avec mon corps. J'ai réappris à marcher. Je découvre mon axe, mon propre équilibre. Mon autonomie. Ma stabilité.
 
Je découvre le sol : un an pour apprendre à m'enraciner. A chaque pas. Cette année, je commence à déployer mes ailes. Je découvre l'arbre de vie qu'est ma colonne vertébrale. Je cherchais l'amour d'une femme, voici que je découvre l'amitié, l'affection, en dansant, pendant les cours ou les milongas.
 
Apprendre à marcher à deux, c'est continuer de grandir. Par le tango, curieusement, c'est avec l'autre, par les autres qu'on développe sa propre autonomie dans la marche, son propre équilibre avec l'autre que l'on guide - ou qui nous guide!
 
C'est une chose très curieuse!

 
 
On réveille dans notre corps la spirale, cet étrange "serpent de la kundalini" qu'on doit apprendre à réveiller, colonne d'énergie agréable à ressentir dans le mouvement, dans la marche à deux, torsions, contre-torsions naturelles, dissociation des "étages" de notre corps, ceinture pelvienne, ceinture scapulaire, tête, ainsi qu'on réveille les muscles profonds du ventre.
 
 
On aligne les étages de notre corps. On essaie par-là d'aligner leur centre de gravité, qui fera l'axe vivifiant sans lequel on ne peut que très difficilement marcher en tango avec une ou un partenaire. On puise dans le sol cette force qu'on essaie de faire circuler le long de notre verticale charpente faite d'os, de muscles, et de viscères qui sont comme autant de pièces d'une horlogerie subtile - engrenages, ressorts, crémaillères, axes, vis, boulons, armatures... l'horloge interne de notre corps qu'on règle minutieusement au fil des mois pendant les cours, en musique et à deux...!
 
 
On découvre son ventre.
 
On garde tous le souvenir de ces petites statuettes de Bouddha : son ventre généreux. "Avoir du ventre" est reconnu comme une grâce du Ciel, signe de prospérité, et de sagesse chez les bouddhistes, ou chez les japonais (le "hara" - qui signifie d'ailleurs ventre!), ou encore... comme une qualité du guidage chez le tanguero!

 
 
Au-delà du secret de la connexion en tango argentin, le ventre est siège non seulement de nos émotions, mais aussi de la spiritualité vivante en Orient. Après quinze ans d'arts martiaux, des situations périlleuses en maçonnerie, ou encore à pousser des palettes de 800 kilos avec un transpalette manuel, il a fallu travailler sans relâche pendant un an chez mes professeurs actuels de tango pour que je prenne conscience que le ventre est le coeur émotionnel, énergétique, dynamique et intellectuel de l'être humain. Nous sommes des étoiles, des soleils; notre ventre, le noyau spirituel de notre univers personnel.
 
 
La connexion? Nous l'aurons bien compris qu'elle s'établit par nos centres de gravité. Juste sous le nombril - centre de gravité du corps humain.
 
 
En tant que cavalier, je place ma conscience entre mon ventre et celui de ma cavalière : après seulement, le buste, la tête s'alignent naturellement dans cette verticalité qu'est l'axe respectif de chacun. La connexion, invisible cordon ombilical? dont les bras souples, sans tensions excessives jusqu'aux épaules, seraient les relais subtiles en abrazo ouvert?
 
 
En occident, nous avons tendance à danser tête contre tête, et gardant l'image d'un tango milonguero; les corps se penchent l'un contre l'autre... le piège de l'illusion.
 
 
Les corps se crispent, les bras, les épaules, les lombaires se nouent provoquant des déviations qui à terme nous traumatisent... Les visages se collent, tandis que les ventres sont éloignés de mille lieues! Cambrure, forces opposées qui finit par endolorir hommes et femmes.
 
 

Définition de l'amour tango

 
Un homme, une femme ne peuvent s'aimer véritablement que s'ils apprennent leur autonomie propre, à placer leur conscience dans ce qui fait leur unicité, leur personnalité, distinctement de l'autre.
 
 
Pendant longtemps j'ai cru que le cerveau (le mental) était l'intelligence qui devait régner sur le corps et notre existence. A présent, en refusant de danser dans un style pseudo-milonguero, reflet d'un occident dirigé par un mental disproportionné, gonflé par l'égo, un mental comme une excroissance de la rationnalité, une hyper-virilisation et cérébralisation aussi bien des cavaliers que des cavalières, un mental se faisant le dictateur d'une société de consommation, je cherche à placer ma conscience dans mon ventre. C'est par le ventre qu'on digère, c'est par le ventre que le chant trouve sa force, c'est par le ventre qu'on trouve le courage d'affronter les difficultés de la vie.
 
 
L'enseignement du tango argentin réconcilie mon corps avec mon âme et mon mental. Mon âme devient une reine, et cette énorme quantité de molécules qui l'héberge, son royaume! L'âme est notre corps émotionnel, arbre de transmission entre le corps-animal, le physique, d'une part, et le mental (la pensée, la rationnalité, le mode linguistique) ou intelligence "cérébrale", d'autre part. Le ventre est son siège.
 
 
L'apprentissage du tango argentin peut devenir ainsi un chemin spirituel: je redécouvre la simplicité de l'existence sous les voiles trompeurs du mental.
 
 
Chercher à collectionner, à tout prix, des figures en les apprenant "par coeur", sans être à l'écoute de l'autre, de son axe, de son énergie, de son sol, et de son propre corps, chercher à danser avec les outils propre à la cérébralité, c'est utiliser le mental comme un frein sur le chemin du tango, et nous contraindre non plus à écouter les ressources naturelles de notre corps mais à l'en démunir de son intelligence naturelle, primitive, si étonnante quand on apprend le "lâcher-prise"...
 
 
Laissons-nous guider par notre ressenti. Soyons dans notre corps : écoutons son langage. Ses mots à lui, ce sont des mouvements, cette énergie qui traverse nos muscles, nos os, nos viscères quand nous apprenons à nous relâcher, à nous détendre, cette énergie qui esquisse un sourire qui vient du ventre, comme on peut rire à gorge déployée! ou pleurer de toutes les larmes de son corps!
 
 
Tout simplement, l'amour-tango!
 

Aix/Marseille, le 6 octobre 2011 

 

 



Vidéo démonstration de tango argentin sur la musique "Ave Maria" d'Astor Piazzolla:


Chicho & Juana in Tango Ocho Stuttgart, 2008, Dance 4/7
 
 
 
 
 
 
 

Amor Tango

Hasta Siempre Amor, Tango, Juan D'Arienzo - Vintage Tango No. 66

Historia De Un Amor, Tango, Rodolfo Lesica - Vintage Tango No. 55

Burbujas De Amor (Tango), Ray Hamilton Orchestra - Canciones del pop part 2

L'Amour Tango, un petit chemin des roses! Si mon article sur ma vision du tango argentin autour de nos amours et amitiés du bal, vous a plu, partagez-le sur vos réseaux sociaux - Abrazo fuerte

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Bella BW SWANN 05/08/2012 16:14


Bonjour


Je connais un peu le tango, très peu assez pour connaître le port des corps, l'entente de l'autre, l'osmose qui doit se créer pour pouvoir avancer...


Les danses latines sont très sensuelles alors que les corps sont tenus, ils parlent un langage qui épouse la musique


J'ai trouvé que tu en parlais très bien, et bien sûr en connaisseur, comme tout le monde plus ou moins que certains je connais les souffrance de la vie, l'important au delà de cette danse, c'est
quer tu as trouvé ton équilibre, c'est vrai beaucoup de choses partent du ventre, pour moi ça n'est pas la solution mais c'est la tienne et elle s'explique....


Je me suis un peu promenée chez toi j'aime bien la façon dont tu écris


La danse c'est un excellent anti dépresseir en fait pout ce qui permet de faire sortir ses souffrances et de les transformer en des moments d'émotions, émotion ressentie et emotion transmise,
tout est bonà prendre...


Enchantée de te "rencontrer" maintenant je situe quelque peu un tout petit peu l'homme.


 

Fred Milongeroz 06/08/2012 18:50



merci pour ce beau commentaire Bella. En ce qui concerne le Ventre, on pourrait en dire beaucoup, du serpent de la Kundalini, au ventre du Bouddha, en passant par son symbole de fertilité...
jusqu'à la transition entre  instinct, désir et sentiment! sans oublier le centre émotionnel......


Amicalement


Fred