Ne pleure pas pour moi, Argentina

Publié le par Frédéric Zarod

Ne pleure pas pour moi, Argentina
L'amour d'une immigrée italienne que le destin a poussée dans une vie de prostituée du barrio de Recoleta, l'un des quartiers historiques et architecturaux de la capitale de l'Argentine, pour un maestro du tango né à Montevideo.
Un festival de sensibilité, de drame amoureux et de sentiment noble, issu de mon coeur, brodé par ma plume de tanguero: une rencontre pendant une milonga à Buenos Aires, l'aventure sentimentale d'une danseuse de petite vertu, éprise d'un milonguero qui va devenir célèbre en faisant sa première démonstration publique de tango argentin avec la femme  qu'il croit aimer...
 

Ne pleure pas pour moi... Argentina



Mélodie d'amour chante le coeur de mon tango,
Coeur pour corps perdu,
Mélodie d'amour chante mon corps de tanguera,
Mais à mon âge,
La vie est une très longue milonga,
L'amour tango je l'ai voulu, l'amour à coeur je l'ai rêvé,
Souffle de bandonéon,
Festival de mon coeur tango,
Qu'il était beau mon argentin,
Des notes dans ses cheveux bruns,
Mon accroche-coeur pour notre abrazo,
Mélodie d'amour chante le coeur de Buenos Aires,
Une milonga sentimentale,
Mais je ne me souviens plus de l'air,
Pobre flor,
Que je suis,

Mi amor mandoline,
Les roses de Venise
Te quiero mon amour,
Un dernier tango,
Un premier soupir,
Nue je deviens ta piste de danse,
Ta baldosa contre ma jambe libre,
Cancion d'une captive dans tes bras,
El compadrito,
Un tango de trop,
Torero portègne,

Mon échine sous ton joug,
Mon sein contre ta joue,
Je te donne la mélodie de mon coeur,
Offrande de mon corps,
Je t'offre plus encore,
Tu t'élances avec un Di Sarli,
Ton intention comme matador,
Pourquoi restes-tu silencieux,
Ta sueur sur mon corps,
Après la Cumparsita,
Lorsque j'enlève mes chaussures à talon,
Ton regard me dévore,
Mais s'éloigne l'étalon,
Mais s'éloigne un prince de Montevideo,
Toujours silencieux,
Après nos milongas,
Ton regard de braise,
Ton esprit tango,
Remplissent mes cieux,
Je ne suis que femme,
J'ai mis ma plus belle robe,
Rouge,
Mon plus scintillant rouge-à-lèvre,
Carmin,
Que suis-je quand tu t'en vas,
Caminito,
Telle est ma solitude,
Quand je te sais dans ses bras,
Elle est ta maestra,
Tu lui offres leurs applaudissements,
Tandis que les nuits,
Desde de alma,
Je revis en rêve,
Carmina Burana,
Je renais à l'aube,
Espérante et confiante,
Je reviens te voir,
A la milonga de la Rose,
Et t'invite à la tanda rosa,
Et sur ton épaule mon bras,
Ma poitrine se fait accueillante,
Pour te recevoir,
Maestro,
Mon Maître,
Maudit soit-elle,
Mais...
Une fois de plus,
Elle sera tienne,
Une fois sur mon petit chemin,
Je jetterai des pierres,
Dans la rivière,
Serai sa source de larmes,
Et je demanderai pardon,
Encore une fois pardon,
Pour que vous soyez heureux,
Pour qu'elle te soit encore plus belle,
Dans tes bras,
Qu'elle s'enivre de ton parfum,
Sur mon petit chemin,
Petits cailloux,
Pour écorcher mes pieds,
Mes chaussures de danseuse,
Autour du cou,
Mélodie d'amour pour un dernier tango,
Mes pieds en sang,
Ma robe déchirée,
Loin de ton costume,
Et je veux t'oublier,
Elle est de ton rang,
Mélodie dansante était mon rêve,
Contourner la Boca,
Arpenter une rue,
Faire un gancho au lampadaire,
Les hommes de Buenos Aires,
Ne feront qu'une bouchée,
Des lambeaux de mon habit de soie,
Des lambeaux de ma chair,
Qu'ils arrachent mon coeur,
Et le souvenir que j'ai de toi,
Par la même occasion,
Qu'ils dansent,
Qu'ils marchent,
Je serai leur piste de danse,
Vous oublier tous les deux,
Je serai morte,
Dans un lit poisseux,
Je serai forte,
Pour mourir loin de ton col,
Loin de ta joue,
Loin de son parfum,
Mélodie de haine pour un coeur perdu,
Milonga d'un corps qui donne,
Ce qui peut rester d'espoir,
Entre leurs mains cornées,
Entre leurs doigts avides,
Et leur corps lourds,
Pour écraser mon dernier soupir,
Qui te sera destiné,
Et si tu l'entends,
Si tu l'entends,
Danse alors ton plus beau tango,
Qu'elle rayonne plus que jamais,
Que vous soyez sur scène,
Pour toujours,
Gravés dans le coeur du public,
A mon dernier soupir,
Seulement vous entendre applaudis,
Acclamés,
Glorifiés,
Et que j'offre mon dernier râle,
Honorée par le dernier badaud,
Par le dernier salaud,
Honorée par l'Obélisque,
Vous quitterez la milonga,
Mélodie d'amour pour maestros,
De la scène à ton lit,
Ses pleurs de joie,
Ses cris de maestra,
Tes yeux pour le ciel,
Dans lequel elle plongera
Son bonheur,
Son succès,
Sa gloire!




Poésie en prose, Avignon le 24 mars 2013




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Ne pleure pas pour moi, Argentina

Don't cry for me Argentina

Don't cry for me Argentina, Tina Arena

Je me suis inspiré d'un extrait de la célèbre chanson "Emmanuelle" de Pierre Bachelet au début de ce texte poétique, avec l'idée d'un drame sentimental qui tourne autour de cette danse sulfureuse qu'est le tango argentin...

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Laret 26/01/2013 08:56


Ton premier texte,une formidable ode à la danse,toutes les danses..J'aime beaucoups ce trésor de la musique médiévale que sont les"Carmina Burana",dont je possède plusieurs versions.....Tres bon
week end,Jean-Pierre

Fred Milongeroz 27/01/2013 13:19



J'aime voir ces corps qui dansent! Et danser lavie! Beau week end également!