La magie du tango

Publié le par Frédéric Zarod

 

La magie du tango, c'est pas sorcier



Le tango tient de la magie : on appuie dans le sol, on explore ses articulations, on ressent physiquement et charnellement la surface de la piste, on danse avec elle, on apprend à organiser les structures magnifiques de son propre corps, et l'on transmet à sa danseuse des faisceaux d'énergie.

Il faut surtout veiller à se décontracter, car la moindre parcelle de résistance, le moindre blocage, d'un bras, d'une épaule, c'est comme fermer le robinet alors qu'on a besoin d'eau chaude.



Le tango permet de vivre une expérience très particulière dans le développement de soi.

Cela procure une sensation agréable et revigorante lorsqu'on découvre le principe actif de l'axe : vous ressentez cette longue colonne invisible, remplie d'une force vivifiante qui naît du sol; la plante des pieds devient alors des racines, d'ici on ressent cette énergie qui remonte la cheville, toute la jambe, qui s'élance dans la hanche, et qui remplit l'aine jusqu'à l'épaule correspondante, toute cette partie du corps devient un arbre, juste le temps de devenir soi-même cet arbre : le danseur devient lui-même l'information qu'il communique à sa partenaire.


C'est une sensation inouïe : une tanda, c'est une promenade dans une forêt imaginaire, et notre corps garde le souvenir corporel de se sentir relier à une chose qui nous dépasse.



La musique donne une couleur, des nuances, elle est le soleil qui nous inonde. Ses vibrations remplissent le danseur qui les transforme dans son corps, en les véhiculant sous la forme de poussées verticales dont l'énergie est redistribuée à tous les étages des corps.

La musique devient un message, que le danseur transfert, qu'il va interpréter sous la forme physique, charnelle: il puise dans le sol la force dont il a besoin,  qui est renvoyée par sa jambe d'appui. Il s'agit bien à cet instant d'organiser la remontée d'énergie pour se mouvoir et guider la danseuse. La musique est une partition, le danseur devient une antenne se chargeant de traduire des vibrations sonores en mouvements.


La danseuse prend la responsabilité de sa propre force motrice : elle aussi puise dans le sol l'énergie nécessaire que le cavalier utilise, dont il a besoin, pour lui proposer une forme : il devient lui-même un récipient, un chemin, une indication vibrante et charnelle, tandis que la danseuse, en toute autonomie dans son équilibre, laisse les jeux du transfert d'énergie agir.

Elle est dans le ressenti corporel. Pour elle, le mouvement arrive de lui-même et elle ne sait pas mentalement ce qu'elle fait à cet instant présent. Elle fait. Elle est. Si le cavalier ne réfléchit pas trop à ce qu'il va faire, il peut aussi quitter son schéma mental pour laisser opérer la magie du tango.


Alors la connexion du couple conduit à cette magie de la marche, un tango qui se vit dans le corps, avec le corps.



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Dominique Valle 19/12/2013 00:32


Très beau ce que tu as écrit sur la magie du tango, et très juste. Bravo.


 

Fred Milongeroz 19/12/2013 15:31



Merci Dominique de tes commentaires et de prendrte le temps de le faire dans mon blog - c'est encourageant. A bientôt