Tango argentin, une partie d'échecs en 3D

Publié le par Fred Milongeroz


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Considérons le tango argentin comme un jeu d'échecs en 3D : le plateau aux 64 cases devient la piste de danse où interagissent des rois, des reines, des cavaliers, des fous aussi, des piliers du bal - j'entends : les tours - puis des pions.

Apprendre le tango argentin, ou une autre danse comme la danse de société, c'est découvrir les défauts de l'autre ainsi que ses propres failles. La partie d'échecs en trois dimensions devient un terrain vivant de connaissance de soi aussi bien sur le plan corporel, qu'émotionnel!

Les couleurs, le blanc et le noir, font office du jeu d'un tao, activité dynamique et universelle de notre existence qui obéit, quelque soit sa forme d'expression aux lois du yin et du yang. Le visible prend ses sources dans l'invisible, le conscient trouve ses racines dans l'inconscient qu'il vise à mettre à jour, l'obscurité invite la lumière en mesurant le courage et la persévérance de l'initié(e) qui aborde une nouvelle discipline!



Aux échecs, on dit bien que le jeu des noirs et des blancs se tient en équilibre jusqu'à ce que l'un des 2 partis commette plusieurs erreurs qui vont finir par rompre l'équilibre ... on sait la fin inéluctable ... pour ce dernier.


En tango argentin, comme en toute autre danse de couple, il n'y a pas de perdant, ni de gagnant, si la reine noire épouse le roi blanc, c'est pour créer la magie de cet équilibre... le premier qui se crispe... entraîne l'autre dans sa chute!

 

Le mouvement perpétuel n'existe pas. Mais nous cherchons tous en dansant cette magie de l'illusion, ce subtil jeu du yin et du yang.

 

Qu'elles nous offrent encore leur garde, nos belles cavalières! Ainsi notre principal combat sera d'apprendre à ne plus lutter contre nous-mêmes, contre nos efforts, nos crispations. Le tango argentin alors devient le défi de deux personnes cherchant à trouver le mouvement perpétuel d'un combat de toute beauté où il n'y a ni gagnant, ni perdant.

 

Les plus perfides tangueras sont celles qui cherchent à entraîner leur cavalier dans leur chute...? Savoir que le premier piège à éviter est celui du charme! Une belle jambe, galbée, perchée sur une jolie chaussure à talon conduira toujours le néophyte à regarder en bas! Et c'est en bas que l'attend ... la chute!


Ne jamais regarder en bas : je sais qu'au début, le cavalier a ce besoin d'observer comment les pieds s'ajustent, cependant c'est prendre dès le départ une très mauvaise habitude.

En effet, plonger son regard, c'est pencher la tête, c'est déjà se déconnecter du plan horizontal dans lequel le couple évolue. Les yeux baissés, même si la raison se veut celle de l'apprentissage, sont des yeux qui plongent le danseur dans un vertige que la tanguera ressentira immédiatement : cette dernière se crispera davantage car elle a besoin de la présence de son cavalier, une présence par l'intention d'échanger avec elle et non avec les pieds.

Les pieds savent se mettre par réflexe sous le centre de gravité de l'homme et de la femme. Si l'on choisit de mettre son pied à tel endroit, à côté de celui de la cavalière par exemple, on en oublie forcément son "hara".

Ce n'est pas la position soi-disante esthétique du pied qui doit dicter le déploiement de l'ensemble d'un corps dansant, le principal centre d'équilibre et de commande étant le bas-ventre, siège moteur et de transfert qui assure à partir de lui le placement judicieux de toutes les autres parties du corps.

Regarder en bas, c'est placer son intention dans une ligne de force tombante, au lieu de communiquer à l'autre corps un champs d'énergie que l'on apprendra à structurer au fil du temps et qui s'épanouit dans l'horizontalité de la piste de danse, des regards, des plexus alignés qui, à chaque étage de la charpente dansante et vivante se feront le relais de l'information.

Dans la superposition des champs d'énergie, s'établira le véritable jeu d'équilibre entre l'homme et la femme, entre la personne qui guide et la personne guidée.

La communication s'agence par réflexe à chaque niveau de conscience du corps : à notre buste correspondra le buste de l'autre, à notre bassin correspondra le bassin de l'autre, etc... En premier lieu : se préoccuper de son propre axe vertical!  

 



En tanguero averti, je sais que c'est un honneur pour moi lorsqu'une femme offre sa garde au début d'un beau tango... rendons lui son honneur de femme.

Ainsi peut-être en tant que patrimoine immatériel inscrit à l'UNESCO, le tango argentin se veut comme un art, un apprentissage ... de l'Amour.

 

Le cinquième élément?


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hirondelle.CM 10/03/2012 15:30


 Jolie, Tango tango!!! mais ça fait un siécle que je l'ai pas touché...........

Fred Milongeroz 10/03/2012 15:35



je viens tout juste de rajouter un paragraphe en tête de l'article! Tu viens de louper quelque chose!!!


Toucher quoi?