Caromb, le tango et l'été de Vivaldi

Publié le par Frédéric Zarod


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Il n'y a pas l'ombre d'un doute, c'est à Caromb, charmant village de Provence, non loin du Ventoux et des dentelles de Montmirail, que l'été m'a donné rendez-vous.

Un marathon de neuf jours, neuf soirs plus exactement, pendant lesquels le tango argentin m'a invité à marcher sur des musiques sublimes, les rythmes et les mélodies du tango, mais aussi de milonga, de valse, de fox trot... 


Chaque après-midi, le plaisir de me préparer, ce rituel où l'on sent le bonheur de la milonga qui approche: des gestes simples, cirer les chaussures de danse, laver à la main une chemise, la faire sécher à la fenêtre, puis le départ.

La plus grande joie qui m'était donnée alors semblait être ce moment où j'entrais dans la voiture pour quitter Avignon, et partir, loin de la civilisation... direction Carprentras, puis Caromb.

La traversée de Caromb, je la vivais comme la traversée particulière d'un couloir de murs aux pierres apparentes, d'abord une longue allée bordée de pins qui offrent au voyageur une frondaison, comme un tunnel accueillant, ensuite le centre du village, que l'on traverse paisiblement, enfin, l'autre dimension, celle des collines... un petit chemin sur la droite, où l'on aperçoit un panneau : "TANGO".

Une route étroite, aménagée pour véhicule, monte, en lacet, ça serpente, chemin escarpé, et la sensation première est de se demander où l'on va ainsi : personne en vue, qu'est-ce que je viens me perdre dans ce lieu naturel? Pourtant, il faut atteindre le parking et entendre les premières notes de guinguette pour que le coeur se mette à battre!

Le rendez-vous a bien lieu en cet endroit secret de Provence!


La piste de danse. Les amoureuses et amoureux du tango. La lune est présente, avec sa rondeur, majestée du jeudi, quand les lumières sont éteintes, et que nous dansons au clair de la céleste perle. Ivresse, au fil des nuits, nos pieds gonflés, mais les femmes restent armées de leurs talons, tangueras jusqu'au coeur de leur tango, et les hommes deviennent d'autres hommes.

Je pose un pied sur la piste de danse, je disparais, je ne suis plus ni ceci ni cela, je suis. Une milonguera, et mes bras pour berceau, et ses bras pour abrazo, et nos corps pour un Tao, une alchimie, une coaptation charnelle, un radieux sourire de nos ventres, de nos plexus tels deux soleils qui épousent une même énergie.

Rencontre avec l'Autre. Rencontre avec la Terre. Rencontre avec le Ciel.

Tard dans la nuit, la cumparsita. Nous nous quittons. J'ai besoin de ce retour jusqu'en Avignon. Sans musique. Mon âme danse encore.

Je suis apaisé. Le lendemain, le rituel reprend. Une fin d'après-midi, dans ma voiture en contournant Carprentras, j'avais mis radio classique : fenêtre grande ouverte, roulant paisiblement, j'écoute l'été... les quatre saisons de Vivaldi. Avant d'arriver au lac du Paty, mon âme danse déjà le tango.


Car le tango, s'il est un genre musical, il est aussi une façon de danser, son apprentissage est particulier. Mystérieux. On n'apprend pas par coeur des figures, on prend le marteau et le burin, et l'on frappe dans la matière brute, dans la pierre de taille... car le tango, c'est en cherchant au fond de soi, au fil des expériences, pendant de longs mois, de longues années, qu'on le découvre... en découvrant qui l'on est...



Il était une fois  Caromb, son tango et l'été...

 


 


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Publié dans Tango argentin

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