Êtes-vous de celles et ceux qui abandonnent leurs cours de tango argentin?

Publié le par Frédéric Zarod

Pourquoi on abandonne parfois ses cours de tango argentin? Doit-on être un(e) élève fidèle à son école de danse? Pendant combien de temps un danseur ou une danseuse doit-il/elle prendre des cours?

Pourquoi on abandonne parfois ses cours de tango argentin? Doit-on être un(e) élève fidèle à son école de danse? Pendant combien de temps un danseur ou une danseuse doit-il/elle prendre des cours?


Etes-vous de celles et ceux qui abandonnent les cours de tango argentin en cours d'année?
 


Il vous est peut-être arrivé dans votre apprentissage du tango argentin ou d’une danse en couple, de traverser des périodes de doute, des instants où vous aviez l’impression non seulement de stagner, mais aussi de régresser, parfois au point d’abandonner tout simplement vos cours de tango ou de danse de société que vous aviez décidé de suivre avec assiduité, ainsi que de mettre un point final à la fréquentation des milongas ou des soirées dansantes.
 
Je remarque souvent, pour avoir fréquenté de nombreuses écoles de danse de société et de tango rioplatense, qu’au cours d’une année, un certain pourcentage d’élèves s’absentent, mais aussi abandonnent les cours qu’ils ont payés, au bout de quelques mois.
 
Au début, je pensais que ceux et celles qui abandonnaient en cours de route n’avaient pas la passion requise pour persévérer ; ou découvraient que la discipline en question n’était finalement pas leur tasse de thé !
 
Or, je me suis rendu compte que les élèves de tango, ou des autres danses de couple, qui abandonnent, en dehors bien-sûr de ceux dont des problèmes extérieurs à la pratique elle-même viennent mettre un terme à leur engagement, peuvent tout aussi bien faire partie de la catégorie des personnes qui pratiquent la danse juste en loisir, pour occuper leur temps libre, se détendre, ou encore dans un but simplement social, que de la catégorie des passionnés qui ont montré une extrême motivation et un engagement parfois surprenant, ou encore dont les progrès les ont placés dans un contexte de confiance et de régularité acquise.


 
Le point commun de tous les élèves, c’est le désir de progresser, et d’arriver à une maîtrise suffisante du tango ou d’une danse de société afin de se faire plaisir en bal, en milonga ou simplement en cours, éventuellement participer à des démonstrations ou des compétitions.
 
Certains présentent une motivation très forte sans pour autant qu’ils soient doués.
 
Inversement, d’autres viennent en cours sans exprimer dans leur attitude, leurs paroles ou dans leur regard une passion débordante, expliquant même avec sincérité qu’ils pourraient se passer de danser, alors qu’ils sont particulièrement doués et font des progrès étonnants.

 
En-dehors d’un cas de force majeure, ou de conflits graves avec d’autres élèves ou le professeur, sachant que l’on a payé ses cours à l’année, que l’on s’est acquitté de sa cotisation et que l’on a investi aussi dans des chaussures de danse, que l’on a encore pris de nouvelles habitudes sociales, que l’on a créé des relations amicales qui sont aussi une source supplémentaire de motivation, comment expliquer que l’on puisse malgré tout cela abandonner en cours d’année ses cours de tango argentin ou de danse de salon?
 
 

 
La recherche de l’épanouissement  
 
Lorsqu’on choisit une nouvelle activité, en règle générale, c’est parce que l’on cherche à s’épanouir. Que ce soit pour occuper ses temps libres, pour rencontrer de nouvelles personnes, pour apprendre de nouvelles choses, la quête demeure celle de l’être humain qui veut tout simplement s’épanouir dans l’action, l’échange, l’apprentissage ou encore le partage, l’émulation, le dépassement de soi. Le tango argentin apporte sur tous les plans!

 
Parce que c’est nouveau pour certaines personnes, parce que le tango rioplatense est une danse qui séduit, qui réunit de nombreux éléments attractifs, comme par exemple la possibilité entre hommes et femmes d’aborder un contact physique privilégié sans enjeux sexuels, la richesse d’une musique à mi-chemin entre la musique classique et la variété, une forme de gymnastique du corps peu contraignante, amusante, abordable à tout âge, on décide de s’investir dans cette activité en pensant y trouver une véritable source d’épanouissement.
 
Un beau jour, il fait très froid, il gèle, on se sent fiévreux, on décide d’annuler ses cours de tango pour la semaine. Et quelques mois plus tard, on s’aperçoit qu’on n’a jamais plus remis les pieds dans la salle ou sur une piste de danse! On peut tout aussi bien du jour au lendemain, décider d’arrêter. C’est catégorique. On trouvera toute sorte de raisons, d’excuses.
  
« J’en avais marre »
« Je n’avais plus de partenaire attitré »
« Besoin de faire un break »
 
Qu’importe la justification que l’on offre à ses propres yeux. Et si votre professeur se comportait comme votre employeur, il vous répondrait : « ceci est une absence injustifiée ! »
 
Et… il aurait raison ! Non, il vous dira que c’est dommage, que vous avez tout de même payé, il tentera de vous faire revenir, vous encouragera peut-être !


 

Pourquoi abandonner ses cours de tango argentin?
 
La disparation de l’épanouissement.
 
On abandonne parce que l’on ne trouve plus matière à s’épanouir. Même les liens que l’on avait tissés avec les autres élèves ne suffisent pas à nous faire revenir…
Un cours de tango argentin nécessite quand même de fournir des efforts, de travailler avec un/une partenaire, et malgré des relations agréables, pendant une heure, une heure et demi, on doit rester concentré. On est censé tiré une grande part d’épanouissement dans l’effort de comprendre, d’écouter, de regarder, d’expérimenter et de mettre en application.
 
A moins de déménager ou d’avoir de gros problèmes de santé par exemple, abandonner ses cours de danse sous des prétextes divers mais qui ne tiennent finalement pas la route devant un investissement avant tout financier, soulève une interrogation de taille...
 
 

C'est ici que l'inconscient intervient: la progression ne se fait pas d'une manière continue. Elle s'opère par pallier. Parfois on a la sensation de progresser alors qu'on stagne; et vice-versa, on râle, à deux doigts d'abandonner, et c'est ici que sans même s'en rendre compte, on fait un pas de géant dans sa maîtrise de la discipline.


C'est encore ici que le problème se pose: au moment où le doute est le plus fort, qu'on a cette sensation désagréable que l'on n'a plus rien à apprendre, qu'on arrive à un point culminant, qu'il faut justement poursuivre ses efforts, pousser davantage, jusqu'à basculer de l'autre côté, cet autre côté qui rend compte de tout un cheminement et d'un objectif atteint.


La grande porte du palais

L'objectif est atteint, sur le chemin, on vient de passer un pallier, cette fameuse grande et large porte qu'on désirait tant franchir.

Mais voilà qu'une fois franchie, cette porte au palais de la grande maîtrise du tango paraît toute petite! Peu à peu, on constate encore qu'au bout de la grande salle à laquelle on vient d'accéder... se présente encore un escalier, au fond, une nouvelle porte, et l'on découvre dans cette salle des privilégiés, de celles et ceux qui ont parcouru le long chemin avant vous, qu'il y a plein de monde, et l'on est bien tenté de rester quelque temps au milieu de cette nouvelle sphère où l'on nous souhaite la bienvenue.


Certains oublient l'escalier du fond, sa nouvelle porte à franchir... et resteront en ce nouvel endroit pendant longtemps.

Il est fort à parier qu'ils estimeront que les cours de tango argentin ne sont plus nécessaires. Combien auront le courage, la force d'abandonner et de sacrifier cette nouvelle zone de confort sur le chemin de leur propre progression pour chercher au fond d'eux, les prochains secrets de la maîtrise d'une discipline telle que le tango argentin?  

Pendant combien d'années il faut prendre des cours de tango argentin? Comment juger le réel besoin de s'engager dans une nouvelle année d'apprentissage auprès d'un professeur de tango? Etes-vous de ceux et celles qui abandonnent les cours de tango argentin une fois qu'ils s'estiment satisfaits de leur niveau? Ou estimez-vous que le tango est un apprentissage de toute une vie?



Marina Marques et Ozgur Demir, la milonga Brava :

Êtes-vous de celles et ceux qui abandonnent leurs cours de tango argentin?

 

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