Sur ta courbe, mes doigts

Publié le par Frédéric Zarod

Sur ta courbe, mes doigts
Sur ta courbe, mes doigts
Sur ta courbe, mes doigts
Sur ta courbe, mes doigts

Sur ta courbe, mes doigts parcourent un grain que le cuir et le satin jalousent. Tu vois, le tango, c'est une peau dont le sang coule en filigrane pour esquisser des promesses qui ne feront rien d'autre que s'évanouir à la derrière note de ce D'Arienzo.

Nous sommes des autodidactes de l'enlacement. Restons debout, qu'on ne précipite pas les dieux de l'Olympe dans les eaux troubles qu'une sirène remue par espièglerie.

Il y a ce rein qui martèle, cette cheville qui froisse. J'arrache mes oripeaux car j'ai mal à mon tango. J'enrage que les hommes te refusent leur abrazo.

Elle glisse entre mes doigts. Nerveuse, comme le sont toutes les chairs qui se privent du foyer que tu allumes à la braise de tes lèvres, ne les as-tu pas assez frictionnées de l'écorce de tes fruits que tu offres, cette nuit, au bandonéon qui souffre?

Sur ta courbe, ma main s'enroule, et si en ce coin de ténèbres, je ne te ressemblais pas, comment assembler ce qui désespère autant à la surface de mes muscles, au-dessus de mes os?

La chair du tango, c'est un mariage dont on ne parle jamais, un divorce prononcé aux fiançailles, une légende urbaine, comme ils disent; ce sont deux cuisses collées jusqu'aux genoux, et deux galbes qui cisèlent l'espace d'une tanda, de la sueur dans mes plis, du parfum sur ta clavicule, un pivot cambré qui soulève la robe, ta main qui voudrait bien, la mienne qui glisse dans tes cheveux.

Autodidacte de l'embracing, embrasse-moi, elle veut un étau, ils désirent ce qui te ressemble le plus, travestir ton coeur, habiller mon âme. Elle croit qu'elle y dissimule bien des douleurs, mais je sais bien qu'elles sont les miennes aussi. Tu seras une femme, lui a-t'elle dit.

Viens. Viens, à deux, la musique nous réconforte.

Viens, sur ta courbe, mes doigts, sur ta gorge mon souffle, maintenant tu peux étouffer mes maux, écraser ma charpente, n'y a t-il pas une tanguera de trop quand nous nous aimons si mal?

Tango with Lions, On The Floor...

Pobre flor - Juan D'Arienzo, Alfredo de Angelis, Angel Vargas

Desde el alma - Juan D'Arienzo

El Huracan, Solo Tango Orquesta - Tango qui avait été interprété sous D'Arienzo - Compositeurs: Edgardo & Osvaldo Donato, texte: Nolo Lopez

Sur ta courbe, mes doigts
Sur ta courbe, mes doigts

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