Le principal obstacle pour danser le tango argentin

Publié le par Frédéric Zarod

Quels sont les obstacles majeurs pour faire des progrès en tango?

Quels sont les obstacles majeurs pour faire des progrès en tango?

 

Danser le tango



Le principal obstacle pour apprendre à danser le tango argentin, et danser avec plaisir dans nos milongas, l'obstacle majeur, ce qui freine tout progrès dans le tango, c'est la tension que nous avons dans le buste, ce sont les émotions par lesquelles nous sommes emporté(e)s au contact de l'autre - le désir de faire bien, le désir d'être regardé(e), la peur de mal faire, la peur de ne pas être... à la hauteur, le désir de montrer toutes les figures qu'on a réussi à faire en cours, le désir de faire plaisir au danseur qui nous a invité ou la peur de le décevoir et d'être dans la foulée condamnée à demeurer éternellement assise sur la chaise, bref, les peurs et les désirs se déclinent sous toutes les formes...


Cela soulève des rancoeurs enfouies, des frustrations, des jalousies, des ambitions, toute la misère et la splendeur de l'être humain sont mises en exergue dans un bal. D'où l'ancien sous-titre de mon blog: "Nos intrigues et richesses humaines"...



Le tango argentin est avant tout une voie émotionnelle, avant d'être une éducation du corps; un chemin tantrique, avant d'être un lien social; une école de la vie pour laquelle notre société n'est pas encore habituée, ni vraiment préparée : le tango - et son apprentissage - renoue d'ailleurs avec la tradition, celle que la société de consommation, individualiste, spéculative et industrialisée, tend à détruire au profit d'un affaissement des valeurs spirituelles positives qui font la beauté et la force de notre humanité, une société en opposition avec le respect des cycles naturels de la vie et de notre planète dont notre corps dépend.

Nous ne pouvons approfondir l'Art de danser le tango avec joie et sans nous faire souffrir les uns les autres que si et seulement si nous nous plaçons dans la compréhension profonde du mouvement, si nous décortiquons une figure jusqu'à comprendre intérieurement comment notre schéma dynamique corporel fonctionne réellement sans qu'aucune crispation ni des bras, ni du corps entier, ne vienne interférer...

Tout passe par un profond relâchement, et nul n'est besoin de mettre une énergie considérable : nous n'avons aucun besoin de ressentir une force d'opposition de l'autre : l'absence d'opposition est perturbante, pourtant c'est à partir d'elle que naît le mouvement.

Par contre cela demande de faire appel
aux ressources intérieures du corps : celles-là même que nous avons utiliser lorsque nous étions encore à quatre pattes et qu'une force étonnante nous poussait inexorablement à nous relever, à nous tenir debout, puis à... marcher, comme notre père, notre mère. Le tango argentin est une occasion merveilleuse de réapprendre à marcher, grâce à la dynamique du couple et de la musique, à nous affirmer dans notre corps en allant à la rencontre de nos émotions enfouies.



Nous nous devons impérativement de nous déconditionner d'une société qui agit sur notre mental, l'endoctrine jusqu'à nous faire croire que nous sommes de vieux occidentaux incapables de nous mouvoir dans l'intelligence d'un corps qui est une sublime biomécanique au service de notre évolution spirituelle.


L'éveil des chakras, personnellement, j'ai toujours trouvé cela assez sorcier, à l'instar de l'ouverture du troisième oeil, ou encore du réveil du serpent de la Kundalini.

Ce qui me parle d'une façon bien plus éblouissante, c'est comment aligner nos centres de gravité, bassin, buste, tête, et aligner nos désirs, nos peurs, nos sentiments, notre parole, notre intuition, notre foi dans une seule et même direction, celle qui fait de nous des êtres célestes. 

C'est alors que mes cours de tango argentin m'ont conduit petit à petit à donner un sens véritable à ma direction spirituelle, non pas au travers de livres sur la spiritualité vivante, mais bel et bien par le biais d'une problématique foncièrement concrète : comment guider n'importe quel mouvement à ma danseuse, comment interpréter la musique avec elle, comment rester connectée avec mon cavalier, lui faire ressentir mon axe, mon appui, me laisser bercée, et transportée dans un voyage sublime sans sacrifier ma personnalité, avec harmonie et pour notre plaisir de marcher, danser,  sur de belles musiques?

Comment retrouver ma place d'homme civilisé, de femme libérée et dont le corps est le fruit de la Terrre Mère Nourricière? Comment célébrer la beauté de notre être, son mystère, par la danse à deux, par le... tango rioplatense?


Avignon, le 13 août 2013

 

Comment rejoindre la communauté "Réfléchir, vivre et danser le tango en France"

Rassembler nos textes, nos réflexions, nos témoignages sur le tango argentin, son apprentissage, sa pratique vécue en France, et autour de la milonga. Me vient la joie de voir un nouveau fil d'actualité nourri par nos blogs de danseurs et danseuses, en hommage à l'ouverture d'esprit, à la sensibilité et la poésie vécue avec les tripes et le coeur, à l'éveil des consciences: un regard lucide, bienveillant sur nos vies dans l'esprit tango, pour vivre la milonga, merveilleuse élévation  de la conscience par la reine des danses. Comment partager vos textes dans la communauté Réfléchir, vivre et danser le tango en France!

 

 

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Garde 17/11/2016 13:55

Merci pour ce beau texte

Soy Creation 28/09/2016 14:11

J'aime bien cette danse, mais je ne sais toujours pas comment m'y prendre, c'est assez facile d’étudier les pas quand il n'y a pas de musique, mais une fois avec musique, c'est difficile de suivre le rythme, je fais tout à l'envers.

Marre du Tango 18/03/2016 23:43

J'ai commencé à apprendre le tango il y a 5 mois et franchement c'était un cours de merde. Et pourtant j'ai essayé. Je me suis trompé, et j'ai recommencé. Je me suis retrompé, j'ai marché contre le rythme, dans les pieds d'en face, les genoux raides comme un baton. Mais je faisais toujours reprendre sans tolérance. C'est une danse totalitariste et autoritaire, non pas par la danse, mais par les gens qui la pratiquent. Les partenaires ont des attentes élevées et ne se cachent pas de vous le montrer quand vous vous trompez. Et le disent même, vous devez être bon. C'est une danse très machiste et où les émotions ne sont pas acceptées dans leur intégralité. Quoi de plus beau que d'accepter le stress des premiers instants, la peur de décevoir, la tristesse des pas manqués et la colère de ne pas bien s'exprimer. Ne peut-on pas se nourrir de ses émotions pour exprimer dans ses mouvements toutes ces tensions, et au diable la sensualité, quand le corps s'exprime à travers lui-même. Mais ceci est un pas qui n'est pas intéressant dans le tango, ou plutôt c'est un faux pas. Car dans le tango, il faut bien faire avant tout. Il faut bien faire...

Frédéric Zarod 19/03/2016 12:53

Le tango est le reflet de la vie, du quotidien, des relations sociales, affectives, il est un miroir de la relation entre l'homme et la femme - pour le pire et pour le meilleur. Sur certains aspects, il est machiste, mais les femmes s'y affirment tout autant, contrairement à cette image "machiste" que l'on veut bien donner au tango: c'est un milieu qui est également très féministe. Le machisme, on en parle, c'est le côté masculin du tango, poussé un peu à l'extrême, visible, le yang, mais l'autorité excessive des femmes dans le milieu du tango y est tout aussi présente, mais personne n'en parle, c'est le côté "invisible", à l'image du yin, de ce qui est caché. Je pense qu'il y a un très bel équilibre dans les bals comme dans les cours, et bien sûr, oui, les tensions des êtres humains, y sont sans doute exacerbées. Tous les cours de tango ne se passent pas comme vous le décrivez, mais en effet, selon nos dispositions - et prédispositions - ça peut mal se passer aussi.

Laret 26/06/2013 09:54


Malheureusement je souffre de grosses douleurs dans le bas du dos!Bon mercredi,Jean-Pierre

Fred Milongeroz 27/06/2013 06:21



Ostéopathe alors?


Bonne journée Jean-Pierre