Fais-moi l'amour inconditionnel

Publié le par Lady Plume

Fais-moi l'amour inconditionnel, je suis une femme consentante

Fais-moi l'amour inconditionnel, je suis une femme consentante

Fais-moi l'amour-tango, cet amour inconditionnel, si exigent, que réclame la danse du Rio de la Plata. Fais-moi l'amour sur des tangos, puis abandonne-moi pour une autre, qui sera plus jolie, qui dansera mieux que moi, que tu pourras faire valser à souhait, à sang, qui s'accrochera à ton cou, que tu pourras secouer et porter, étreindre puis contraindre, pour que son corps entre dans ton cadre, dans la figure que tu lui imposes, en ayant pris le soin de lui ôter la possibilité d'aller jusqu'au bout de ses transferts de poids, autrement dit, jusqu'au bout de son fantasme de tanguera: celui d'exprimer non seulement sa féminité mais également tout son yang, son droit naturel de prendre ses appuis, d'affirmer son axe, d'être aussi présente, là, avec son assise, son centre de gravité dont elle voudrait garder l'autonomie.

Fais-moi l'amour-tango sans me poser tes conditions, laisse-moi me poser tout court, fléchir ma jambe, être avec toi, car je suis consentante à ton guidage, tes propositions, mais à une seule condition: que ces dernières ne soient pas malhonnêtes: je trouve indécent que tu me forces à faire le pivot alors que tu ne me laisses même pas le temps de terminer mon pas, indécent que tu me raccompagnes par la force du poignet  sur mon ocho cortado, indécent que tu me proposes d'aller dans mon tour, poussant mes reins d'une main, mais de l'autre, me barrant la route circulaire dans laquelle ma jupe aurait pu s'envoler. 

 

Fais-moi l'amour-tango - Lady Plume

Je vais être une femme honnête avec toi: si je porte une jupe, ou bien une robe, c'est pour que tu puisses vivre les tiens, de fantasmes, tes fantasmes du tango argentin.

Oh! Je sais! Même si ce n'est pas ma seule intention, je ne vois pas pour quelle raison, je vais me priver des vêtements confectionnés juste pour nous les femmes, et tanpis pour certaines féministes qui aimeraient imposer aux hommes qu'ils portent la jupe, la robe, au nom de la parité. Si cela devenait une réalité, je trouverais bien d'autres moyens de me distinguer de l'homme, de lui faire comprendre que je suis femme, et qu'il n'a pas accès à mon univers, mes secrets, sans se confronter aux interdits que je m'amuse à poser sur son chemin.

 

J'ai une copine qui a horreur des hommes qui s'épilent le torse, elle aime les pectoraux velus, et me dit qu'elle serait plus encline à tomber amoureuse du mec qui ne s'est pas rasé la barbe du jour. Le fauve l'attire davantage que le dandy imberbe, ou l'homme qui va régulièrement chez l'esthéticienne.

Je suis une créature de Dieu, mais je ne me sens que la moitié de sa création: j'ai besoin de l'homme pour me construire, il est mon miroir, mon animus, celui qui parle à mon pôle masculin. Que ce dernier s'amuse seulement à me ressembler, je lui en voudrais de me priver d'être femme, de me sentir féminine jusqu'au bout des ongles.

J'ai également un ami qui est gay: il m'a avoué qu'il avait lui aussi besoin de l'hétéronorme pour construire son identité. Dire que je pensais que les homos ne s'encombraient pas du poids de la norme, qu'entre eux, ils se fichaient pas mal des signes dictinctifs et différences vestimentaires qui placent les hommes face aux femmes, comme sur un terrain de foot, avec les maillots roses à gauche, les shorts bleus à droite.

Bien sûr, il y a des hommes qui détestent les femmes: pour autant, ils ne sont pas forcément gays. C'est amusant comment les gens ont une facheuse tendance à se rattacher à une pensée à la mode: demain la mode change, les gens s'empresseront de vendre leur pensée, et sans doute leur âme avec...

 

Fort heureusement, les idéologies qui permettaient aux puissants de ce monde d'engendrer les guerres, ont des durées de vie de plus en plus courtes, à tel point, que nous pouvons individuellement construire chacun notre propre pensée, non seulement à partir de notre propre observation du monde, nos lectures, et notre vécu, mais surtout, à partir de ce que nous ressentons au fond de nous, avec le coeur: il ne s'agit pas de sacrifier ce que nous sommes pour faire plaisir à ces courants dévastateurs qui imposent une pensée unique, nous contraignent à la conformité, le label NF que l'on doit afficher sur notre front, ou le dos de la main, auquel cas, nous prendrions collectivement le chemin qui mène à la perdition, à la grande soupe dans laquelle nous donnerions notre consentement pour nous laisser broyer et mélanger avec les légumes et la chair animale dans un bouillon astral que le diable s'empresserait de boire...

 

Dieu a pourtant un Verbe Créateur on ne peut plus clair, et Mâ Anandamayî de nous le rappeler: en tout homme se cache une femme, et en toute femme un homme... C'est le devoir de la femme que de connaître l'homme en elle. Toute Sa Création au ciel comme sur la terre, de la danse des hirondelles au-dessus de nos têtes jusqu'à la débandade des gendarmes dans nos prairies (je parle des insectes, vous m'avez comprise), nous rappelle que nous portons tous l'univers en nos cellules: connais-toi toi-même!

Notre société s'est trouvée un arrangement confortable à maintenir coûte que coûte la confusion: nous nous sentons divisés, l'homme d'un côté, la femme de l'autre, et l'on nous demande de nous ressembler, d'effacer ce qui nous sépare, ce qui nous différencie, autrement dit, d'abandonner notre corps à la science et à la technologie, pour devenir des âmes errantes, chassées de leur corps: prêtes à tous les sacrifices pour se jeter de nouveau dans la matière, se projeter dans les formes industrielles qui les tiendront plus facilement en laisse... 

 

On entretient la confusion: mon enveloppe charnelle est celle d'une femme. Mais c'est à moi, et moi seule, de décider si je veux me contenter d'être juste une enveloppe charnelle, de m'identifier à des émotions que mon éducation encadre avec des propositions malhonnêtes qui me demandent de rester à ma place de femelle conditionnée, soumise aux lois du marché et des instincts grégaires, ou bien si je préfère vivre avec des sentiments plus élevés, ceux qui me rappelent que je ne viens pas de la terre, mais bien du Ciel, que Là-Haut, au-dessus de notre corps, au-dessus de notre âme, nous sommes esprit, vibration subtile, raffinement, intelligence suprême, intuition divine et intention de Dieu.

 

Alors laisse-moi mes fantasmes du tango, ceux qui me permettent de me confronter à ma différence, de me frotter à l'homme, et fais-moi l'amour inconditionnel, ce tango où tu ne m'imposeras pas tes conditions de mâle qui désire me posséder, de danseur qui veut m'enfermer dans sa conception mentale où je ne suis qu'un objet à danser, et mes jambes allongées par des talons-aiguilles, une indécence de femme qui justifie à tes yeux que tu contraignes mes reins, soulève ma jolie charpente, empêche ma jambe de se mouvoir librement afin que je garde pour moi et moi seule la maîtrise de mon centre de gravité, ma présence terrestre, mon droit de relier, avec ou sans toi, le ciel à la terre!

Lire aussi l'un des textes fondateurs de l'univers de Tango Plume: L'Amour-Tango

 

Avignon, le 11 février 2016

Si ma vision de la féminité et de son yang, dans mon amour inconditionnel du tango, vous interpelle, soulève des questionnements,  vous invite à vous confronter à votre pôle féminin ou masculin, n'hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous, et à partager mon article sur votre réseau tango social ~ vous souhaitant une belle journée

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