Le fantasme du tango argentin

Publié le par Frédéric Zarod


le fantasme du tango argentin

Le fantasme du tango argentin

Ne retrouvons-nous pas un peu de toute cette violence de l'humanité en nos milongas quand on a le fantasme d'un tango viril, d'un tango où pour "ressentir" l'autre, sa partenaire, son partenaire, on durcit sa musculature, on se contracte, et l'on cherche cette sensation que plus ça passe dans la force, plus l'autre nous résiste, plus on se sent vivant?

L'égo est si près du mental, qu'il éloigne les danseurs et les danseuses de leur centre de gravité; l'égo est tellement vorace, qu'il n'épargnera ni la chance qu'un tango nous donne d'apprendre à nous tenir debout et serein sur des jambes puissantes et fléchies, ni la chance d'expérimenter la fluidité d'un abrazo qui nous unit à l'autre sans le prendre en otage!


L'égo est si proche du mental qu'il alimente notre tête d'une danse qui se refuse l'opportunité d'être dans son propre corps avec conscience... Et lorsque nous voulons descendre cette conscience-là dans le ventre, à l'endroit où l'on peut faire naître la véritable intention de se connecter, de guider et d'être guidé, l'égo a vite fait de nous détourner du chemin royal en nous présentant comme sur un plateau, des épaules, des bras, des mains qui seront une tentation à nous faciliter ce travail de descendre toujours plus bas vers la source d'un tango authentique!

Le tango argentin est-il ce besoin d'exorciser ses démons? Ou bien doit-il être considéré comme un outils parmi tant d'autres pour chercher et TROUVER ce fameux LACHER PRISE par lequel la connection et le guidage se font dans la fluidité et l'autonomie COMPLETE de chaque danseur sur son propre axe au sein du couple de danseurs?

Réussir à s'extirper du fantasme du tango argentin, se détourner des artifices, des projections spectaculaires et érotiques, faire l'effort de dépouiller l'image que l'on a du tango pour se diriger vers sa source, son véritable travail corporel et dynamique... Un pari et l'audace de ne plus s'appuyer sur des apparences parfois trompeuses!

Article publié pour la première fois le 31 octobre 2012 

Publié dans Tango argentin

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