Fleur des champs, fleur de nos jardins secrets

Publié le par Frédéric Zarod, une fleur littéraire du tango argentin en France

Les fleurs de nos jardins et de nos prairies

Les fleurs de nos jardins et de nos prairies

Mâle et femelle, la plupart des fleurs sont hermaphrodites

Mâle et femelle, la plupart des fleurs sont hermaphrodites

 

Fleurs des champs, fleurs de nos vergers et potagers... Hommage à Dame Nature!

 

Fleur des champs, fleur du potager, couleurs et mosaïques de nos vergers, chemins de campagne, fleuris et arborés, ou paresseuse allée de nos jardins, parfumée pour nous conduire en des recoins secrets.

Fleurs qui tapissent nos clairières d'antan, c'est ce bouton qui éclot sans demander la permission, c'est un florilège de pétales et de pistils, des tiges gorgées de lait, couvertes d'épines ou d'un duvet, un trèfle à quatre feuilles, finesse des nervures, herbe grasse, fleur qui se couvre de manteaux de verdure, de robes de velours, fleuron de la tendresse, vulnérable à outrance, fleurs qui donnent prénoms aux femmes...

Garance et Marguerite, Lola-Rose et Jacinthe, audacieuse Iris et Angelique amoureuse, une Magnolia entreprenante, une Capucine rêveuse, Dalhia ou Flora, le caractère de Violette, la passion d'une Camelia, Anémone efficace, secrète et sereine Eglantine...

 

"Par lui-même, l'homme est fragile comme une fleur des champs: tous l'aiment et tous la foulent aux pieds." (citation Starets Silouane). La fleur est symbole d'innocence et de naïveté, de virginité, de pureté du sentiment. Elle est la délicatesse, la pudeur. Le secret et la séduction.

La fleur évoque aussi humilité, paix ou éveil spirituel. Elle réconcilie, ou appelle la passion, l'amour, célèbre un mariage, nous soutient dans le devoir de mémoire, et le deuil. Le langage des fleurs aborde toutes les émotions de la vie humaine pour nos civilisations qui ont aimé ou aiment encore fleurir les cérémonies, les rituels et passages importants de la vie d'un être ou d'une communauté.

 

Fleurs appelant la douceur, pour effleurer des mystères, saveurs du safran, coquelicot qui abrite la coccinelle, loin de nos villes, joyau des prairies et des contes de fée, que l'enfant cueille pour offrir en bouquet à sa mère.

Elle est celle que personne ne pense à couper, tellement elle foisonne, elle demeure la clef des champs, fleurs de tous nos possibles et voyages terrestres, parmi ses flagrances, diadème floral de toutes les couleurs, de toutes les saisons, voisine des fleurs du mal, fleur de mars et d'avril, frou frou, dentelles et paillettes, qui habillent nos arbres fruitiers, parfois pobre flor, jadis au fusils, fleur butinée, offrant son délicieux nectar aux abeilles et papillons, fleur broutée, mâchouillée par la chèvre, la vache et le troupeau entier de moutons, un lit d'herbe confortable pour le repos du berger, fleur de pissenlit ou de thym, appréciée dans nos cuisines, fleur de genêt qui inonde nos collines, fleurs de lavande qui baignent nos vallées, fleur des champs ou fleurs du verger, et pour nos amours champêtres... fleur de nos jardins secrets.

 

 

L'Homme est fragile comme une fleur des champs, tous l'aiment et la foulent aux pieds...

 

A l’heure où nous avons besoin de nous exprimer, de nous épanouir telle la fleur du lotus, de nous libérer des entraves du passé, d’échanger nos trésors du quotidien, en nous rendant utiles les uns aux autres, avec nos quêtes personnelles, avec la volonté farouche de vivre - parce que c'est un droit inaliénable - nos expériences en les assumant avec conscience, les arracheurs de fleurs et d'arbres tentent de mettre main basse sur le vivant, promulguant des lois stupides pour nous interdire d'échanger nos recettes de grand-mère, pire: les graines précieuses de nos récoltes, les semences de nos jardins.

Les murs se dressent, on pose des grillages, des voiles, on bétonne, on détruit. On va finir par oublier le Juste Milieu d’un Orient traditionnel et lointain qui encourageait chaque être à trouver sa voie… Nos pétales s'étiolent avant même de rayonner.
 


Sommes-nous obligés de briller au milieu des fleurs artificielles, comme des super-stars de la télé qu'on gave de millions de dollars, ou bien pouvons-nous encore nous "contenter" de vivre notre vie de fleur des champs, au milieu des légumes de notre potager, des fruits de notre verger?

On ne demande pas forcément d'être le lys, la rose, simplement une fleur des bois, des prairies, la fleur sauvage qui borde sentier paisible, une fleur  parfaite, parce qu'elle est, et qu'elle ne veut pas avoir plus que ce dont pour quoi elle est apparue: s'épanouir au soleil, au bord d'un étang, sous les douces pluies du printemps.
 

 

Les anges ont quitté la terre sous une pluie battante de pétales d'or et de lumière, le démon arrive en ville, un lierre, un champignon, une plante carnivore dont les rhizomes se nourrissent de la vase de nos rêves et de nos projets en putréfaction.

Des pots d'argile se brisent de colère, les fleurs fanent de désespoir. Les paysans se meurent. Des engins abattent les arbres par millions et des machines privent désormais l'homme de la possibilité de se nourrir des fruits et des légumes de sa propre terre.
 

Un seul Soleil, plusieurs religions : la richesse de notre monde ne vient ni du pétrole, ni des mines de diamants, mais de la diversité culturelle, des couleurs et des formes de notre humanité: aucune pierre précieuse enfermée dans nos coffres-forts ne peut rivaliser avec la fleur qui témoigne de la richesse de notre terroir. Notre déesse Gaïa.

 

Nous avons recouvert nos champs, nos prairies, nos chemins naturels, d'asphalte, cette odieuse croûte de goudron responsable des conflits du Moyen-Orient, prétexte à toutes les interventions militaires de nos pays dits "civilisés"...

Nous mourons asphyxiés à force de vivre déracinés: l'homme bétonne la moindre parcelle de terre. Les plaines deviennent un quadrillage de routes et d'autoroutes qui séquestrent les animaux en des territoires réduits et pollués d'insecticides, de pesticides, de métaux lourds. L'eau des rivières charrie les poisons de nos industries, l'eau précieuse de nos artères peine à évacuer les toxines qui déclencheront les terribles maladies que l'on connait.

 

Dans nos villes, on cherche un coin de pelouse, la frondaison d'un arbre, quelques fleurs pour égayer ce monstre tentaculaire qui fait grise mine.

Pourquoi ne pas instaurer des cours et travaux pratiques de jardinage dans nos écoles, nos collèges et nos lycées, proposer une nouvelle loi pour aérer la ville en y introduisant des oasis, des fontaines et tout autour, des potagers, des vergers?  Comment pouvons-nous encore planter des fleurs, des arbres, au milieu de tout ce béton?

 

Telles la fleur des champs et son amie la fleur du potager, nous avons besoin d'une Terre, et voilà qu'on nous coupe l'herbe sous les pieds... Adieu fleurs de nos jardins secrets... 

Texte publié la première fois le 24 décembre 2013, réécrit à ce jour, mercredi 9 septembre 2015, Avignon

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"Charme profond, magique, dont nous grise dans le présent le passé restauré! Ainsi l'amant sur un corps adoré, du souvenir cueille la fleur exquise. De ses cheveux élastiques et lourds, vivant sachet, encensoir de l'alcôve, une senteur montait, sauvage et fauve. Et des habits, mousseline ou velours, tout imprégnés de sa jeunesse pure, se dégageait un parfum de fourrure." Charles Baudelaire, le Parfum - Recueil: Les fleurs du mal - Extrait

"Charme profond, magique, dont nous grise dans le présent le passé restauré! Ainsi l'amant sur un corps adoré, du souvenir cueille la fleur exquise. De ses cheveux élastiques et lourds, vivant sachet, encensoir de l'alcôve, une senteur montait, sauvage et fauve. Et des habits, mousseline ou velours, tout imprégnés de sa jeunesse pure, se dégageait un parfum de fourrure." Charles Baudelaire, le Parfum - Recueil: Les fleurs du mal - Extrait

Fleur des champs, fleur de nos jardins secrets
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Fleur des champs, fleur de nos jardins secrets
Fleur des champs, fleur de nos jardins secrets

Une fleur du tango, fleur bleue qui éclot... une petite graine de maestra, dans un jardin secret de Provence

Fleur des champs, fleur de nos jardins secrets
Un de mes repas préférés, végétarienne que je suis, des fruits et des légumes de nos vergers et potagers, ou bien issus de l'agriculture biologique!

Un de mes repas préférés, végétarienne que je suis, des fruits et des légumes de nos vergers et potagers, ou bien issus de l'agriculture biologique!

"Mais l'amour en secret te donne ce qu'il a de pur et de beau, et son invisible couronne, et son invisible flambeau (...) L'amour te donne, ô douce femme, ces plaisirs où rien n'est amer, et ces regards où toute l'âme apparaît dans un seul éclair, et le sourire, et la caresse, (...) et les traits chéris d'un visage, ombre qu'on aime et qui vous suit, qu'on voit le jour dans le nuage, qu'on voit dans le rêve la nuit, et les extases solitaires, quand tous deux nous nous asseyons, sous les rameaux pleins de mystères, au fond des bois pleins de rayons." Amour Secret, Victor Hugo - extraits

"Mais l'amour en secret te donne ce qu'il a de pur et de beau, et son invisible couronne, et son invisible flambeau (...) L'amour te donne, ô douce femme, ces plaisirs où rien n'est amer, et ces regards où toute l'âme apparaît dans un seul éclair, et le sourire, et la caresse, (...) et les traits chéris d'un visage, ombre qu'on aime et qui vous suit, qu'on voit le jour dans le nuage, qu'on voit dans le rêve la nuit, et les extases solitaires, quand tous deux nous nous asseyons, sous les rameaux pleins de mystères, au fond des bois pleins de rayons." Amour Secret, Victor Hugo - extraits

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ini 07/12/2011 08:58


cultiver son jardin secret...quel luxe!  prendre le temps de se poser, de se sentir vivant, d'écouter pour pouvoir partager ensuite...communication?! un jardin sans épouventail..ni
clôture....ça existe encore?!

Fred Milongeroz 07/12/2011 09:26



L'être humain est à l'image du jardin : nous avons tous une clôture.


Les gens trop sensibles, trop soucieux de ne pas offusquer les autres, n'ont pas vraiment ou très peu de clôture. Imaginons alors comme de nombreuses personnes peuvent les piétiner....


Et en +, on leur reproche leur "handicap"...................