Célestes Jouissances et petite mort du tango

Publié le par Lady Plume

Miss Ocytocine & les orgasmes du tango

Miss Ocytocine & les orgasmes du tango

 

Célestes Jouissances et petite mort...

 

Une voix magnifique dans cette pièce sans murs... Il n'y a pas que le tango qui procure des jouissances célestes.

 

Si la chair provoque la petite mort, une telle pièce musicale déchire mon âme pour y placer le septième ciel. Ô! Dieu est infini et infiniment grand; Il nous a donné l'orgasme, ainsi que l'orgasme du tango; qu'importe les moyens que chacun d'entre nous dispose pour l'atteindre, à chacun sa méthode, à chacun son expérience et sa quête de l'infiniment grand dans la grandeur de notre Père Eternel et Tout-Puissant.

 

Comment jouir d'une vie terrestre entre Eros et les pulsions de mort, autrement qu'en abandonnant toute idée de jouissance, tel est le sacrifice de Lady Plume. Jésus est mort sur la Croix pour nous, pauvres pécheurs de Galilée et des régions voisines.

Voici la fin du mois de janvier, la petite lady capricorne ne va plus en milonga. Sur les berges du Rio de la Plata, je me suis assise et j'ai pleuré: j'ai réussi à enfoncer un clou dans la paume de ma main droite, mais comment planter un clou dans l'autre paume? Que voulez-vous, je suis une blonde comme les autres.

 

Dire que mon tango est né en Provence, entre Avignon et les Saintes-Maries... Frédéric, par un temps de fort mistral, à l'aube des fraîcheurs hivernales, est mort après une dernière danse, mort de froid.

Passage obligé pour une renaissance...

N'est-ce pas le tango argentin et ses bals, ses chorégraphies sociales et ses mensonges grotesques, les masques de Venise et leur festival indansable, les sacres du printemps, les hivers aux orgasmes enneigés, l'humaine tragédie du couple et sa divine comédie, qui lui ont glissé sous la peau cette étrange maladie paroxystique, qui procure des petites morts exclusivement cérébrales, des crises mystiques, une maladie d'amour nommée Salmacis, maudite nymphe qui a pris la forme, la texture, le parfum de... Lady Plume, une tanguera pas comme les autres?

 

Comment jouir de l'expérience insensée qu'est l'abrazo, jouir de l'enlacement du couple,

 

de cette étreinte soumise à de puissants textes, profonds ou légers, parfois grivois, souvent ironiques, qui parlent d'amour, d'ivresse, de jalousie, mais aussi de la lutte des classes sociales dans l'Amérique latine du début du vingtième siècle, des textes que je ne comprends même pas?

 

Mal éduquée, insolente, que je suis, avec ma prétention de réclamer les jouissances de l'abrazo, alors que je ne parle même pas espagnol! Bannie par les milongueros des encuentros des capitales européennes, Lady Plume se contente de vivre dans un coin de France... sa culture fantasmée du tango.

 

Au milieu des sept fous, je suis la huitième folle, cette nuit, une lady morte d'épuisement, qu'importe le sens des paroles d'un cantando, le tango vibre dans chacune de mes cellules, moi qui suis enchaînée à ce corps, déchirée entre le ciel et la terre, le tango me fait si mal, il n'y a pas de règles absolues pour rester clouée au sol, crucifiée au beau milieu du parquet flottant, il n'y a que des méthodes aléatoires, du pragmatisme et de l'entêtement, un art de l'orgasme sur scène, une expérimentation de la jouissance de salon, un escalier secret pour gravir les sept cieux, mon ocho cortado pour plaire à sept immigrés italiens qui sont partis bâtir des maisons colorées sur mon petit chemin, ma jambe kilométrique pour aiguiller sept argentins dont je n'avais pas fini de déboutonner les pantalons, à coups de boleos et de ganchos, et ma foutue tendance à partir en transe, qui m'a valu d'être kidnappée, séquestrée par sept brésiliennes qui m'ont livrée à la macumba, diablement offerte à ses divinités, hélas, je ne sais quoi faire de toute ma technique de lady, de ma pierna libre que les danseurs s'empressent d'attraper, pire encore, de caresser hâtivement ou sans vergogne, chaque fois que je l'enroule sensuellement, excitée que je suis par le fantasme du tango, alors, ma técnica para la mujer, ma pratique de la cuisse fougueuse, mes astuces de fausse vierge, mon savoir-faire de tanguera mal aimée, trop désirée, jamais adorée, je les envoie, ainsi que toutes mes breloques de danseuse impétueuse, inconsolable, que la milonga déchire en mille lambeaux de chair fraîche, aux sept dieux qui voudront bien en faire quelque chose...

Ainsi par leur nombre, l'âge de mon initiation est scellé dans la pierre.

 

En ces heures hivernales d'une contrée de calcaire, hissée de remparts qui me rassurent, du pont des deux eaux, en suivant la Sorgue des teinturiers, sévèrement canalisée loin de toutes les danses festives qui n'ont d'orgasme que l'ivresse du mauvais vin qui monte à la tête et vous laisse des lendemains de granit dans la nuque, puis en me laissant essorer le coeur par les roues à aubes, en le laissant encore se faire piétiner sur les pavés qui esquivent tant bien que mal la rue du bon martinet, jusqu'à finir par être jetée comme une bonne à rien dans les eaux du pont Saint-Bénézet, condamnée à boire le Rhône, je suis enfin consciente que j'ai l'âge entre deux rives, et l'âme telle l'embouchure qui fait se tenir tête Buenos Aires et Montevideo, quand les deux capitales du tango se disputaient encore la paternité, ou la propriété, ou l'exclusivité de la Cumparsita, le plus horrible tango jamais écrit dans l'histoire du Rio de la Plata, selon Astor Piazzolla...

J'ai l'âge de changer de cap, l'âme d'une femme mal dans sa peau.

 

Les milongas hivernales me laissent de glace, trop fragile pour assumer tous les changements, tous les possibles, et cette lente initiation qui n'en finit pas, languissante afin d'être mieux scellée dans la pierre, au milieu des sept fous...

Danse, danse ma jolie robe, car talaires seront celles qui habilleront mon corps, au point de cacher mes sandales, mais je n'ai pas le coeur à me vêtir pour aller danser.

 

Jésus multipliait les pains, avant que des plaies de l'homme, ne se répande le sang du Christ. J'avais le sourire jusque là, et la jupe fendue, avant qu'ils ne viennent me suspendre à leur cou, pour me déboulonner, et désaxer ma petite charpente, me contraindre à l'abrazo de la scoliose, violer mon espace d'intimité, imposer à mes reins leurs étaux, et à ma frimousse, la broussaille de leur torse.

 

Au milieu des sept fous... la huitième folle, étendue, presque nue, sur la table des multiplications, tanguera, perchée sur de hauts talons, élevée sur de longues aiguilles, objet de leurs fantasmes, un produit en croix. Mais n'appartient-ils pas aux objets qu'ils possèdent?

Ne leur dîtes pas, je vous en supplie, qu'en vérité, je m'appelle... Salmacis. Ils sont esclaves de leurs propres désirs.

 

J'ai l'âge à présent de prendre sa place. Federico, cela lui aurait bien plu comme surnom.

 

 

Comment jouir d'une expérience inattendue? Toutes ces belles choses humaines qui nous procurent des émotions fortes et variées, des plaisirs insoupçonnables, qui affinent aussi notre sentiment du divin

Comment jouir d'une expérience inattendue? Toutes ces belles choses humaines qui nous procurent des émotions fortes et variées, des plaisirs insoupçonnables, qui affinent aussi notre sentiment du divin

 

Qu'est-ce donc la jouissance?

 

Mon petit Larousse de poche, nouvelle édition revue et mise à jour, de 1979, donne de la jouissance, à la page 233, la définition suivante: "N.f. Libre usage, possession d'une chose. Plaisir."

Mon gros Robert, quant à lui, me demande de lui tourner le dos, en m'expliquant qu'il se contentera de ma quatrième de couverture.

Que voulez-vous... C'est un jouisseur des bonnes choses terrestres, même si nous n'avons pas les mêmes raffinements. "Il y a des femmes qui servent de passage aux passants, et de bouches d'égoûts." comme le rappelle Lanza del Vasto au chapitre XXXIV de ses Principes et préceptes du retour à l'évidence.

 

Après qu'il m'a consommée, je lui ai dit: "Je ne t'appartiens pas."

De tous les hommes, je préfère encore ceux du tango, qui me contraignent dans leur abrazo sauvage, ils sont machos, mais pas tous, toutes les étreintes ne sont pas si violentes, il en existe même des gentilles, agréablement douces, des savoureuses, des qui font drôle d'impression dans mon corps de jouisseuse, des qui me remplissent d'une grande affection, des que je ne trouve pas de mots pour les décrire, puis celles qui me conduisent au septième ciel. Un orgasme cosmique, ça existe aussi.

 

En milonga, également, je leur dis, à mes cavaliers chéris, "Je ne t'appartiens pas." Qu'ils gardent leur désir pour eux, ou pour maman qui est restée à la maison, qu'ils se remettent en question, ces machos de milongueros!

Alors je les pique au vif, parfois, avec mon talon-aiguille, qu'ils apprennent à être un peu autonomes au sein de notre abrazo, et les femmes devraient en faire autant, en passant, car le tango argentin, c'est aussi un outils érotique puissant qui permet de remettre mille fois, dix mille fois, le fer incandescent entre l'enclume et le marteau, je suis une alchimiste délurée, qui transforme le plomb des hommes en or, la forgeronne intempérante qui confond l'ésotérisme avec l'érotisme, lorsqu'ils me brassent, m'écrasent, et me font courber l'échine, je leur fais comprendre, à ma façon, la jambe désinvolte, le poignet qui se refuse... "Je ne t'appartiens pas."

 

A quoi ça sert sinon le tango? Hein?

"Enseigne à ton corps à mourir en marchant. Enseigne-lui pas à pas la nature de toute chose, qui est de passer. Que toute chose désirable dise à tes yeux: je ne t'appartiens pas."

Et ça, ça se trouve dans le chapitre VIII des Principes et préceptes du retour à l'évidence de Lanza del Vasto.

 

Le tango conduit à la petite mort. Une danse érotique?

Le tango conduit à la petite mort. Une danse érotique?

 

La fin d'un tango est une petite mort.

Il ne me paraît rien de plus érotique pour moi que le jeu de ma pudeur qui se mesure au pouvoir de séduction de mon cavalier, à ses initiatives motivées par son instinct de mâle, aux verrous posés tout autour, et aux mille et une manières de les contourner, aux forces vives de l'animal enfoui là tout au fond de lui, j'aime le voir au beau milieu de ses contradictions, comment il transpire, contracte les muscles de ses bras, des épaules.

Comment celui-là lève son coude gauche dans un abrazo nerveux, histoire d'agresser les couples voisins, mais en vérité, c'est après sa propre danseuse, partenaire de circonstance, qu'il en a, mécanisme de défense, tous les hommes ne sont pas prêts à affronter le règne de la femme dans l'espace du bal social: que veut-il ainsi, avec son coude en l'air, l'épaule gauche nouée, me poignarder? Me violer?

Je le confronte à son propre désir, à sa quête d'amour, à ses besoins d'affection qu'il préfère taire coûte que coûte en essayant de se convaincre qu'il est un excellent danseur de bal, il ignore que le tango est un exercice périlleux qui met en branle le mécanisme de ses chakras qui ne sont toujours pas prêts à laisser le serpent de la Kundalini se dérouler de lui-même.

Pour cette raison, je trouve l'homme de la milonga attendrissant, surtout les débutants, de vrais puceaux!

 

Je suis coquine, un tant soit peu vicieuse, dire que des hommes me trouvent cruelle. Laide et cruelle.

Le tango argentin, c'est tantrique, désolée pour ceux qui essaient de se réfugier derrière une culture qui n'est pas la leur. Je vous rappelle que je suis blonde. Pourquoi les hommes ne comprennent-ils pas que je cherche mon féminin sacré; la naïveté de ma danse est mon fil conducteur: j'ai besoin de retrouver ma candeur, de revenir sans cesse à ma virginité, de me poser sur le dance floor du ballroom, genoux fléchis, parce qu'avec des talons, je refuse de contraindre mes rotules.

Que mon danseur ne me porte pas! Qu'il apprenne à comprendre que ses gestes, ses défauts, son comportement, sont issus d'un inconscient que le tango soumet à rude épreuve.

 

L'orgasme du tango arrive quand je ne fais qu'un avec mon partenaire et la musique. Il me faut pour cela être relâchée, connectée, ancrée à la terre, libre de mes mouvements, fièrement placée sur mon axe dynamique, une reine du bal, que je puisse atteindre les célestes jouissances que me promet le tango, que je puisse tomber, évanouie, des frissons dans le creux de la nuque, des flammes dans les reins, à la fin d'un tango où mon assassin de danseur me fera boire sa petite mort.

 

Un tango se place entre la scène extra-conjugale et la scène d'un meurtre, c'est une passion, une aventure qui commence comme un matin de printemps, une histoire courte, qui peut devenir aussi intense que malheureuse, une tromperie, un peu de violence, beaucoup de jalousie, un amour qui finit mal, aime-moi comme je te déteste, et nous serons deux à vivre la même chose, harcèle-moi, mais reste romantique, ce théâtre où tous les fantasmes sont permis, mais jamais touchés du doigt, l'expérience d'une simulation: le viol de mon coeur, la chance d'être une femme.

L'homme propose des figures, des positions, je dispose d'eux pour stimuler ma libido, tel est l'espace social du bal, un lieu de sûreté où nos loups d'hommes resteront doux comme des agneaux dans l'enceinte de la milonga!

 

 

"Le tango est l'expression verticale d'un désir horizontal."

Qui donc disait ça? Je viens au bal pour rester debout, j'ai horreur des portés, je n'aime pas me retrouver la tête en bas. La position 69? Je la laisse pour les couples lyonnais.

 

Non! Le tango n'est pas l'expression verticale d'un désir du lit, il est une volonté farouche de s'encastrer l'un dans l'autre, de nous mettre à l'épreuve de la chair, pour questionner ce que nous sommes au-delà du désir charnel, au-delà des jouissances pornographiques que les hommes m'imposent; chasse le singe, questionne le Bouddha, je ne suis pas qu'une poupée chaussée de jolies sandales dorées, une petite charpente enrobée de tissus soyeux, un coeur qu'exhibe un décolleté affriolant, une machine à orgasmes répétitifs.

Mes célestes jouissances, c'est la musique qui me les offre.

 

L'homme qui me guide, sans pour autant que je le considère comme un guide touristique de la piste de danse, se met au service de mon exaltation. Je suis une contemplative: les tangos et les valses argentines sont autrement plus pénétrants que le plus membré des mecs.

Ce que j'attends d'un homme du tango? Sa tendresse, son attention, un soupçon de virilité rassurante pour ma féminité. Sa capacité à entendre la musique, et dans sa traversée du désert, à écouter les plaintes ancestrales, les gémissements des siècles passés, pour chercher dans les profondeurs tantriques de notre abrazo, toute la compassion dont était capable un va-nu-pied qu'ils appelaient Jésus, et qu'ils ont crucifé entre deux vulgaires brigands de grand chemin.

 

J'ai des copines tangueras qui me disent comme ça: "Oh moi, le tango, c'est du plaisir, je n'ai pas envie de me prendre le chou avec la technique."

A mon âge, je continue de prendre des cours, de faire des stages, car le travail de la technique à laquelle rechignent certaines tangueras, me permet de décupler les plaisirs que j'ai à danser dans les bras d'un milonguero.

Je veux apprendre à être guidée, me perfectionner, pour raffiner mes plaisirs, mes jouissances que m'offre l'abrazo. Il n'y a rien de plus facile que de se blottir dans les bras d'un homme: encore faut-il relier soi-même la terre et le ciel, car mon partenaire attend de moi que je lui fasse ressentir mon axe.

Certains hommes ne veulent pas cela. Car avoir de l'axe en tant que danseuse, les ramène face à leurs défauts, quand ce n'est pas à leur médiocrité. La paresse des hommes se trouve au bal comme au lit... C'est bien pratique une femme facile!

 

Je respecte mon partenaire: il n'est pas un porte-manteau. Je suis assez grande pour tenir sur mes gambettes de blondinette!

Oui je me sacrifie, à cause de la technique, je renonce à ma paresse de poupée-danseuse que le milonguero enlace d'une manière patriarcale, bien sûr qu'il me vient parfois l'envie qu'il me porte, qu'il me soulève dans les airs, que c'est bon de se pendre à son cou, de jouer toute seule à la marelle sur quelques notes de Pugliese, j'aime quand un homme glisse son bras sous mes cuisses pour me transporter, j'ai soif aussi de cet abandon, le désir qu'il me conduise ainsi jusqu'au lit, mais ma pratique du tango argentin est un tantra qui me donne la chance d'exercer ma chasteté féminine avec le désir ardent de me réconcilier avec mon animus, d'éclairer ma part d'ombre à l'aide de ma conscience corporelle, d'élever mon sentiment amoureux au-dessus de la ceinture d'un amant, de trier mes émotions de femme que je livrais aveuglement aux appétits de son ventre vorace, de son coeur capricieux, de son mental hypertrophié d'occidental.

 

Ils disent comme ça qu'un excellent danseur peut guider n'importe quelle femme, quelle erreur de croire à ce mensonge populaire: que cela ne soit pas une excuse pour jeter mes efforts, mon travail en conscience.

Ce sont les hommes qui travaillent beaucoup quand ils sont débutants, les femmes progressent plus vite... au début, oui! En apparence!

Mais quelques années plus tard, les tangueras qui se sont endormies sur leurs lauriers sexistes resteront dans l'attente des célestes jouissances du tango!

 

La danseuse n'a pas l'impression qu'elle doit faire grand chose, du moins apprendre autant que son partenaire... C'est traitre! Ses premières années d'apprentissage sont en résonance directe avec le principe sacré du féminin: le travail de la danseuse ne se voit pas, c'est une trame conduite à la manière que Dame Nature a d'élaborer la délicatesse, l'éclat et la beauté promise de la rose quand elle est encore en bouton... Le jour où la fleur éclot, tout est en place pour accueillir l'admiration de tous les petits princes de ce monde.

La pratique est essentielle. Le travail invisible de la danseuse la place au rang inférieur par rapport au travail de guidage du cavalier, son boulot étant d'apprendre à faire bonne figure devant le mâle qui lui en met plein la vue en ouvrant son éventail de figures, mais on ne voit bien... qu'avec le coeur.

 

Pour autant, j'apprends également à rester en connexion avec mes émotions et ma libido féminine, au lieu de quoi ma technique de lady ne serait que lettre morte à destination du coeur de nos hommes qui ont la bravoure d'abandonner leurs poings, d'ouvrir les mains, d'offrir leur paume large et accueillante à la connaissance tantrique de ce tango nommé si injustement... érotique!

Être guidée, c'est un métier, pas plus évident que le rôle du guide, notre bon maître à toutes! Cela, je l'apprends au terme d'une initiation difficile, d'une longue pratique du bal...

 

"Celui qui a fait le tour des voluptés du monde sait que la chasteté contient tous les plaisirs." Lanza del Vasto, chapitre LXII, Principes et préceptes du retour à l'évidence

"Celui qui a fait le tour des voluptés du monde sait que la chasteté contient tous les plaisirs." Lanza del Vasto, chapitre LXII, Principes et préceptes du retour à l'évidence

Quand je fais le constat amiable de la petite mort des hommes qui viennent me remplir de fausses promesses parce que je ne sais quoi faire de cette déchirure qui a condamné mon existence à une exercerbante solitude, son indicible vide, j'éprouve une certaine tendresse à leur égard, une pitié certaine, sans doute.

La plupart d'entre eux n'a en tête qu'un ciel bas, et dans leur plat pays, il n'est nulle vallée boisée et fleurie pour y réfugier mon coeur, nulle cascade derrière laquelle j'aurais encore la chance de mettre à l'abri, mon trésor. Du moins ce qu'il en reste...  

 

Les hommes ne peuvent s'empêcher de se précipiter vers leur petite mort, ne voient-ils pas tout le long chemin pour l'atteindre? S'ils savaient les contrées exquises que réserve l'aventure de la patience, d'un renoncement provisoire, d'une certaine idée de la chasteté, en somme, la vie serait un peu plus rose entre nous.

Que de mondes célestes et invisibles pour leurs yeux!

 

Avignon, le 2 février 2016

 

Célestes Jouissances et petite mort du tango

Commenter cet article

Stéphanie Leclerc 04/11/2016 08:57

Vous lire est merveilleux. J'ai beaucoup d'admiration pour l'écrivain et pour l'humain que vous êtes.

Frédéric Zarod 04/11/2016 10:57

Merci Stéphanie pour pour vos commentaires bienveillants et très encourageants. Au plaisir!