Arrache ton masque

Publié le par Violette et Frédéric

Où danser ce soir? Comment reconnaître la véritable personne qui se cache derrière ton masque social? Tomber la face, quel est le vrai visage des hommes français?  Séduire une belle femme, mentir, trahir, se dissimuler derrière les apparences, arrache ton masque sur la piste de danse. Pour échanger les rôles, féminin sacré et désir masculin, jouer à inverser les rôles, se glisser dans la peau d'une femme, et le bandeau sur les yeux, apprendre à se laisser guider, si la vie est une farce, est-ce que dans ce bal, je rêve? Le sixième sens, du ghosting aux mensonges, entre l'amour et la haine, se mettre en couple, jouer à cache-cache, le jeu de la vie est à double tranchant: quelle est la différence entre personne, personnage et personnalité? Travestir la réalité, éveil de la conscience et descente en enfer. Quand les milongas vont-elles reprendre en Provence?

 

Visage, ou le bal masqué



Faire tomber les masques d'une étrange mascarade, faire pleurer le fard, le rimmel et le rouge-à-lèvre de nos visages tristes, arracher ces peaux plastifiées et adipeuses, comment continuer à jouer des rôles qui ne nous conviennent plus dans cette société devenue monstrueuse? Un tel cirque, une comédie de l'art de nous cacher, l'homme aux mille visages, la femme blessée par mille amants, avancer à visage découvert, et découvrir des cœurs lézardés, fragiles et fatigués...

 

Masque de Venise, je te jetterai et te briserai à mes pieds, que mon visage soit misérable, qu'il soit à l'air libre, comme un tango qui se danse pieds nus dans le sable, tu as arraché ton masque, en faisant couler de l'encre, ton âme n'est plus vierge désormais, tu as arraché la beauté d'une Venise que tes rêves avaient créée, désormais tu es sans visage, tu as déchiré ce que tu mettais pour te cacher, ton sang à fleur de peau, tu as été arraché à ce carnaval, il t'a fallu te débattre, ton masque ne reflétait plus tes cicatrices, tes plaies, désormais tes narines se gonflent, tes cernes nous concernent aussi, ta bouche ne triche plus, tes joues prennent les couleurs de l'émotion, et ton menton, parlons-en, doit-il se vautrer dans le creux de ta poitrine, s'engoncer dans le col de tes chemises? Non, lève la tête, tu n'as plus besoin de masque, ni de porcelaine pour que l'on te croit fragile, ta force, elle rayonne au milieu de ta face, burinée, chauffée, tu peux sourire, pleurer, grogner, aimer et le montrer, désormais, tu as arraché ce qui te séparait de nous!

 

Où sont passés nos bals... masqués? 

"La vida es una milonga!"

 
Texte poétique écrit le 20 octobre 2012
 

Publié dans milonga, poésie, littérature

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