Le secret du guidage en tango argentin

Publié le par Frédéric Zarod




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Le secret du guidage en tango argentin


La danseuse épouse le corps du cavalier, épouse son énergie, épouse ses mouvements, qu'elle le touche ou qu'elle en ressente à une plus ou moins proche distance ses mouvements.

Et vice versa. L'homme épouse également avec ses pieds, ses hanches, son buste, ses bras les mouvements qu'il guide à sa cavalière.

Il n'est pas question seulement de toucher, il s'agit bien de ressentir tout le corps de l'autre dans sa façon de mobiliser son squelette dansant.

Il y a des surfaces de contact : le plexus solaire en abrazo fermé (milonguero) ainsi que les bras qui s'enlacent. En ouvert, c'est le contact des mains sur l'autre qui permet de ressentir la mobilisation dynamique de son/sa partenaire.


Si la danseuse et/ou le cavalier durcit le corps ou qu'elle/il présente des blocages en divers sections corporelles, on n'empêche fondamentalement, partiellement ou intégralement, la connexion du couple (le libre échange de l'énergie).


La danseuse doit s'envisager telle une pâte à modeler, une argile souple (allégorie énergétique). Elle doit pouvoir s'articuler corporellement avec une grande souplesse en fonction des possibilités "articulatoires" de son squelette, de ses tendons et de ses muscles (langage bio-mécanique).

... Par contre il y a une structure intérieure verticale qu'on appelle "axe" qui permet de puiser l'énergie du sol pour être redistribuée à tous les étages corporels nécessaires à l'échange... Cette structure intérieure verticale est douée d'un enracinement et d'une puissance qui rassemble toutes les parties "dures" du corps (longs os) avec les muscles internes, en les organisant à chaque pas, à chaque pivot, à chaque mouvement, d'une manière intuitive, dynamique et en perpétuel "mouvance".

De même lorsqu'on marche naturellement dans la rue, nous alignons notre corps afin de servir notre déplacement, de même nous utilisons cet alignement pour "servir" notre tango et notre échange de couple : cet alignement prend ainsi une consistance intelligente dans chaque jambe d'appui tandis comme nous faisons apparaître dans l'instant présent un arbre bien ancré qui étend sa frondaison.

Pour la nécessité de la marche du tango, nous nous devons de jongler avec deux appuis au sol : celui du pied gauche, celui du pied droit.

Vous aurez bien compris que cet "axe" apparaît et disparaît en longueur de temps : et se déplace dans le corps.


Apprendre une figure vise à approfondir ce fonctionnement que les maestros ont réussi à comprendre par la pratique assidue et une recherche très approfondie du fonctionnement dynamique du corps dans le tango. Cette étude fondamentale est commune à toutes les disciplines corporelles et sportives. Reste à intégrer notre expérience physique à celle de son/sa partenaire de danse. Ainsi naît la problématique d'harmonie, autrement dit du guidage dans l'improvisation...

Le travail chorégraphique ne conduit par forcément à la compréhension véritable de cette connexion qui paraît si "magique". Cela dépend de l'intelligence corporelle de la personne et sa capacité à retirer de son travail de la chorégraphie des éléments naturels de base qui concerne non pas la figure elle-même mais sa propre organisation corporelle dynamique.


Comment demander à sa danseuse de faire tel ou tel mouvement, et ce, pas qu'une fois, mais à chaque seconde pendant un tango, une tanda?

Nous entrons ainsi dans une véritable communication corporelle qui possède son vocabulaire, sa grammaire, mais aussi sa logique qui échappe au verbal : dans l'instant présent, nos corps parlent, l'un dit, l'autre écoute, et c'est réciproque, peut-être même simultané...


Arrive un jour où l'on commence à ressentir quelques bouts d'enchaînements de nature invraisemblable : ça devient magique, on fait avec l'autre des mouvements sans aucune sensation de tensions, de forces, on dirait que tout vient de la terre... et d'une façon telle qu'on ne sait plus si le mouvement a été initié par le danseur ou s'il est apparu spontanément dans le couple, comme une chose allant de soi...

Ce qu'on appelle l'Harmonie, avec un grand H!


Quand ça arrive une ou deux fois, on est étonné.... on voudrait le reproduire... danser tout un tango avec cet échange qui est "magique!


Au travail chers ami(e)s, il n'y a pas de tango à perdre!


 

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