Lettres et Tango à Coeur

Publié par Mademoiselle Plume

Femme trans écrivaine et danseuse avignonnaise

Femme trans écrivaine et danseuse avignonnaise

Lettres et Tango à Coeur ~ Les carnets intimes d'une transsexuelle

 

Une femme de lettres avec des qualités littéraires, une danseuse talentueuse de tango argentin, de quoi remplir mon journal romantique. Ô tango mon amour! Mon petit coeur d'artichaut bat la chamade depuis que cet homme m'a souri et m'a regardée avec insistance.

Mademoiselle Plume rougit, assise au guéridon d'un bistrot dans Avignon intra-muros.

 

Des textes et des tangos à coeur. Il était si gentil à mon égard, que j'en suis bien vite tombée amoureuse. Mais s'est-il seulement rendu compte que je suis une femme un peu spéciale? je veux dire: d'un genre très particulier?

Il m'a abordée à la terrasse de ce café, tandis que ma plume griffonnait un récit noir. Une blonde de mon genre, ça n'fait qu'écrire des textes de transsexuelle et de travestie. Comme une fille dans un bar, par exemple. Point barre. La barre classique? Hmm, j'aime y faire glisser ma main, pendant que sur mes talons aiguilles de danseuse traditionnelle qui bosse sa technique au féminin, ses fioritures, je me laisse partir au septième ciel, à corps perdu, sur La melodia de nuestros adios, de Rafael Canaro, ou encore sur Carnavales de mi barrio, d'Edgardo Donato, Manos Brujas, de Rodolfo Biagi, Adios Buenos Aires, joué par la Tipica Victor, le Carillon de la Merced, d'Enrique Santos Discépolo, mais je n'ai pas de barre classique, ni de salle de danse, je fais ça chez moi, contre mon mur, des tas de cochonneries, avec mes talons hauts, la robe courte, à ras les fesses, la poitrine altière, me déhanchant, me trémoussant, en rêvant, parce que des histoires de drague, ça ne m'arrive jamais, faut-il encore que je sorte en ville...

Je ne peux même pas proclamer que je suis une avignonnaise: procrastination ou agoraphobie? Perte d'identité ou trouble bipolaire? Dysphorie de genre ou métempsychose d'une âme de femme à l'intérieur du corps frêle, petit et léger d'un blondinet? Pourtant j'ose sortir enfin de chez moi, avec mes hanches et fesses rembourrées, mes faux seins, un brin de maquillage et une tenue très correcte pour une lolita de quarante piges, la jupe sous le genou, le jean moulant, ou le pantacourt, portant parfois des escarpins avec des talons de neuf centimètres, mais juste pour sortir en bas de chez moi, ou pour entrer dans une voiture, et en sortir, lorsqu'une copine vient me chercher.

Jadis - autrement dit, il y a encore quatre mois de cela -, alors que j'en étais toujours à me travestir en mec, comme je le faisais depuis le début de ma vie, j'avais la même hantise: sortir. Je crois même que je sors plus facilement de ma tanière depuis que j'ai pris la décision de m'habiller en femme, non seulement pour aller danser en milonga, mais aussi dans la vie de tous les jours, comme par exemple pour faire les courses... Tous les jours... disons, chaque fois que je termine un cycle de trois, quatre, voire cinq journées sans sortir une seule fois de mon alcôve de transgenre. A croire que je ne fais que ça: écrire des textes, danser le tango.

Je ne fais que ça.

Raconter des histoires. De fille, de fille tout court, mais surtout de fille trans, d'homme-fleur, de travestie... une tanguera assise dans une milonga (bal de tango argentin), l'éventail à la main, danseuse qui tangue dans une belle robe rouge de satin lorsque, invitée par la mirada (invitation par le regard), elle se lève et se laisse étreindre par un charmant cavalier qui l'invite sur une tanda (série) de Laurenz et Podesta, des rêves de prince charmant, parfois moins charmant, je ne fais que rêver, de quoi remplir des centaines de carnets intimes dans mon lieu de vie avignonnais. J'aime Avignon. Je peux même dire que j'adore y vivre. En lettres et en tango. Il voulait me faire l'amour. Mais pourquoi donc je sors si peu? Presque jamais?

Frédérique Violette (Frédéric Zarod), Avignon le Premier mars 2017

Le tango est une pensée triste qui danse...

 

"L'oeuf ne danse pas avec la pierre." Aïe! Tango mon amour, ma douleur, tu me fais souffrir, relâche donc ton étreinte, mon vilain bourreau! Mais! c'est du harcèlement en abrazo, que dis-je, c'est du SM, un viol, un vol de territoire, tu violes mon intimité de tanguera!... LIRE LA SUITE

Les robes rouges d'une tanguera transgenre

 

Confessions d'une danseuse: La Robe Rouge, ou le Sacre du Printemps version Tango Queer

Il était une fois une butch et une trans opérée

 

Je suis descendue de Paris pensant vivre un conte de fée, croyant rejoindre ma petite sudiste, une danseuse folle amoureuse; en effet, elle l'est, mais en le vivant au rythme du tango... Il était une fois une danseuse de tango

L'esclave des Huit

 

Esclave des mots, mais surtout l'esclave des pas et des pivots, des huits, des ochos atras y adelante, du tour à gauche, puis du tour à droite, de la media Luna et du ocho cortado, l'enfer du giro e controgiro, que nos cavaliers nous imposent sans vergogne, esclave, les chevilles bridées, comme un fer aux pieds, perchée et punie sur mes talons-aiguilles, danseuse soumise à la cadena, des figures inlassablement enchaînées, tournantes et virevoltantes, histoire que mon partenaire me fasse tourner la tête... LIRE LA SUITE

L'orgasme du tango

 

Je ne compte plus les orgasmes que le tango cause malgré moi.

Tanguera dans une région très chaude de la France, l'Internationale jalouse mon abrazo de soie et de velours, pour sa culture microbienne, son tangram où mon corps s'emboîte, avec spasme aux folies bergères, sur des lames de fond qui me font tanguer parfois jusqu'en d'abondantes et brûlantes larmes, dans les bras des mâles dont le roulis des muscles tour à tour m'apaise, me secoue, me réchauffe, me tance, me faisant chavirer dans les flots tendres du Tanganyika, un tango sans frontières... Le tangO est un Orgasme

Comment planter son partenaire au beau milieu du bal?

 

Mon premier amour n'était pas dans le pré, mais dans une cave... J'ai été marquée dans ma jeunesse par le film "Emmanuelle". C'est mon premier amoureux qui me l'a fait découvrir, j'étais encore vierge, ça s'est passé pendant un sinistre après-midi d'automne... Il a foutu la cassette VHS dans la fente de cette vieille machine qu'on appelait "magnétoscope".

 

Ainsi s'est mis en place mon schéma de future employée de bureau... délurée. J'ai essuyé une vingtaine d'années de revers avec les hommes, et pas moins de deux cents quarante échecs amoureux, dans mes lieux de prédilections: l'amour était partout, dans une prairie, un champs de blé, le potager d'une maison de retraite, une grange, un grenier, un garage, non, plusieurs garages - mais ça, c'est parce que j'ai toujours eu une vieille voiture d'occasion -, sur une pile de palettes poussiéreuses au beau milieu d'un entrepôt désaffecté, sur le toit d'un immeuble, plusieurs fois dans la même écurie, mais jamais le même... cavalier.

Comment clouer son mec sur un parquet flottant

Pour la danseuse transsexuelle que personne n'invite, il y a encore... la chaise

 

C'est un lit qui aspire à la méditation, qui fait des propositions indécentes, qui pète des fois un ressort pour l'avoir pas assez aimé ou trop désiré, la couette tirée par des mains orageuses, l'oreiller insomniaque, et des draps, telles des peaux tannées, au cauchemar sanguinolent.

 

Il y a aussi l'armoire qui pend les fins de journée, pénétrée par si peu de lumière, tout un monde et tissus de vos soirées dansantes, puis dedans...

De sa chaise à sa plume, un corps écrit et cri de l'intérieur

Une blonde, ça réfléchit parfois

 

Les anges n'ont pas de sexe. Moi non plus, je n'ai pas de sexe. J'ai un désir, ça oui, une excitation, également, mais arrachez la racine d'un rhizome, d'autres racines repousseront: je ne crains point l'émasculation, en supposant qu'elle est un acte chirurgical, préparé par un rééquilibrage hormonal en amont, je sais que le désir, il se promène partout dans cet étrange rhizome qu'est mon corps, ma chair, mes nerfs, mon émotion, mes élans de vie, tout est désir, la vie est une exaltante solution d'excitations, un rien allume le feu qui me consume, je brûle, et plus je brûle, plus je m'évapore, plus large, plus profonde, plus haute est mon âme, sans doute parce qu'elle sait quelque part que l'esprit est si vaste qu'il peut l'y accueillir en son sein autant que le Créateur contient sa création, autant que le néant contient la créature. LIRE LE TEXTE D'UNE BLONDE

Hommage à la phrase, proverbes en images + un texte format PDF à télécharger gratuitement

 

Vient  la phrase qui n'arrive jamais, ou celle qu'on reçoit dans l'oreille, le chuchotement qui met plus de virgules que de mots. Mais on fait mieux avec la pensée qui ne peut rien faire d'autre que bégayer, un complexe oral qui coupe les syllabes avec ce charme que l'on connait, et les réitère à l'infini, telle une mitraille qui surprend une conversation paisible...

Hommage à la phrase, quelques proverbes + ma pièce de théâtre en téléchargement gratuit

 

Le Mystère Victor, Acte I, scène 1, pièce de théâtre, extrait:

 

JEAN - Tu savais que le château de Victor était hypothéqué?
 
MADELEINE - Bien sûr! Je croyais que tu étais au courant?
 
JEAN - Et ça fait longtemps?
 
MADELEINE - Je ne sais pas...
 
JEAN - Dis-le moi!
 
MADELEINE - Tu m'ennuies. Tu m'interroges comme si je savais tout de la vie de Victor! Je ne suis
plus son épouse, et ne viens au château que lorsque les enfants sont en vacances. Je ne suis pas comme toi!... qui le squatte en longueur de siècle. Tu vas finir par le hanter. Oups!
(Sa main se colle sur sa bouche, ses yeux inquiets scrutent à droite, à gauche).
D'ailleurs tu devrais en savoir plus que moi. Tu es son meilleur ami, n'est-ce pas! Ne te fait-il point de
confidences?
 
JEAN - On ne se fait pas de confidences entre hommes. C'est depuis que le bon Dieu a créé les femmes avec notre côte, qu'il nous a fallu trouver un mode d'emploi.
 
MADELEINE - C'est-à-dire?
 
JEAN - Les mots. Les phrases. A partir du moment où il a commencé à y avoir plein de femmes autour de nous, eh bien, on a dû remettre en question la loi du plus fort! Et... et la femme s'est mise à parler! Il nous a fallu nous mettre à l'articulation de nos mâchoires, à communiquer avec vous! A tchatcher, argumenter, parlementer... convaincre! Mettre le quotidien du couple en vers, et faire rimer tout ça!
 
MADELEINE - Que de la drague, oui! Et les gros mots pour alphabet! Et ça, ça vient bien de vous, et
pas du bon Dieu! A propos, il y a une jeune femme qui doit venir ce matin. Tu t'abstiendras de tes beaux discours... et iras cueillir tes olives!
 
JEAN - Qui c'est, cette petite?
 
MADELEINE - Elle doit venir ce matin. Il faudra lui dire que Victor fait son jogging, qu'après il prend son petit-déjeuner. Qu'elle ne le dérange sous aucun prétexte!
 
JEAN - Elle va attendre, la pauvre!
 
MADELEINE - Elle attendra comme tout le monde. Elle n'est pas la favorite de Monsieur le Baron, que je sache! Et toi, Jean, je te demanderai de la discrétion. Je te connais...
 
JEAN - Voyons!
 
MADELEINE - Je te connais Jean!

 

Ouvrir & téléchargez gratuitement le format PDF de ma pièce de théâtre (86 pages):

Le Mystère Victor - Frédéric Zarod