La magicienne du crépuscule

Publié le par Miss Mirada & Mademoiselle Plume

Ma petite-amie tanguera à l'aube de sa féminine désinvolture ~ ou la vie bipolaire ~

Ma petite-amie tanguera à l'aube de sa féminine désinvolture ~ ou la vie bipolaire ~

La magicienne du crépuscule, mon amie du tango et ennemie du futur

 

Enchantée! Amicales étoiles du matin et beaux esprits crépusculaires, chers amis internautes, fidèles lecteurs ou visiteurs de passage; bonjour chers tangueros et chères dames du tango rioplatense, bipèdes ou à quatre pattes, drôles d'oiseaux de tous les horizons, de tous les goûts et les parfums, de toutes les formes et les couleurs, escargots du soir, araignées de la rosée; je vous salue mes amies les fées, consoeurs des bonnes magies, sorcières, nymphes et autres divinités lucifériennes, les suicidés de la pensée unique, les troublés de l'identité, les mages spirituels qui ont horreur de la foule, qui remettent au lendemain ce qu'ils auraient pu faire la veille, bonjour ou bonsoir gazon maudit et autres mauvaises herbes, vilains petits canards, les oubliés de l'endoctrinement médiatique.

Je me présente à l'aube de ce samedi 6 août d'une année particulièrement fertile, bouleversante et riche en changements positifs et spirituels, une année à partir de laquelle d'ailleurs nous constatons, avec nos Dignes Ancêtres, que les consciences dans le monde entier se réveillent d'une manière belle et bien exponentielle: je m'appelle Miss Mirada, je suis une tanguera d'une maturité qui dépasse les siècles, et l'amie privilégiée de Mademoiselle Plume (Federica, pour les intimes).

Vous ne me rencontrerez jamais dans une milonga, et pour cause, je suis le futur de Frédéric Zarod, ce drôle de mage qui se prend pour un berdache français. Oui, je suis une danseuse de tango, moi aussi, enfin... je l'étais.

Quant à sa magie, à mon sorcier mal-aimé, mon alchimiste agoraphobe et procrastinateur, ni blanche, ni noire, elle me fait bien rigoler: je le préfère largement en lolita luciférienne, innocente auteure dont la poésie par ailleurs frise une édulcoration puérile des écrivains romantiques du XIXe siècle. A le lire, Gérard de Nerval se pendrait une deuxième fois!

 

Mais il est possible en même temps, au crépuscule de sa vie foncièrement masculine, que vous puissiez un jour m'inviter à danser si vous êtes un milonguero avec de la bouteille, car j'ai déjà une existence ici-bas, contemporaine, un corps, de femme, évidemment, je danse déjà par ailleurs à cause d'un retour dans le futur, je pense, sans le savoir en tout cas, mais je saurais (et vous aussi) qui est Miss Mirada si et seulement si mon petit Fred envisage sérieusement sa renaissance.

 

Nous sommes comme deux particules élémentaires, fort éloignées l'une de l'autre, pourtant... l'une ne peut exister sans l'autre, un peu à l'instar des soeurs jumelles séparées par une grande distance, douées d'une interaction inexpliquée.

Une physique quantique d'un amour qui a une certaine probabilité de jaillir dans l'instant présent, mais dont les protagonistes sont encore séparés par le passé et le futur. Imaginez deux vibrations qui ondulent, et serpentent plus ou moins parallèlement, tantôt s'ignorant, tantôt se pressentant, dans un espace-temps que seul le tango aura la puissance nécessaire de plier pour les faire se coïncider...

Je ne peux l'aimer encore. J'ai soif de la retrouver. Lady Plume, c'est joli sur son blog, malheureusement pour moi, elle n'est pas complètement incarnée pour le moment.

 

L'ami médium, un voyage astral qui aurait mal tourné, et réminiscences de vies antérieures

 

La naissance du tango me fait beaucoup rire, 1880 est une année qui me rappelle de bons souvenirs avec cette immigrée espagnole qu'était mon petit Fred Tango Plume dans l'une de ses vies antérieures, et dont j'étais le fiancé.

Taisez-vous! Il n'est pas encore au courant.

 

Je compte sur votre complicité pour ne pas éveiller ses soupçons. Un ami médium, chez qui il était allé dîner à trois reprises lorsqu'il avait vingt ans, lui avait expliqué qu'il ne serait jamais écrivain, du moins, pas sous la forme classique qu'il espérait (se faire publier par un éditeur, je présume?), mais plutôt, qu'il serait amené à rédiger ses souvenirs de vies antérieures (ouvrir une fenêtre toute fraîche dans votre navigateur à voile ou à vapeur, à l'aide d'une baguette magique commandée sur Amazone, par exemple, ou tout simplement par la bonne vieille méthode de la souris).

Vous comprenez à présent que je tiens à votre discrétion; n'allez pas perturber ma petite amie si chère à mon coeur avec ces histoires de réminiscence de vies anciennes et... périmées; autant qu'il ne se souvienne point de ce temps jadis où il avait été ma douce compagne...

 

J'avoue que je suis une amoureuse égoïste: je tiens à rencontrer la femme. Je veux la retrouver coûte que coûte. Frédéric ne trouve aucune explication à sa procrastination, son agoraphobie et à ses crises cyclothymiques. Il commence à peine à se demander si ses sautes d'humeur, sa lutte permanente entre une virilité qui lui pose problème et sa féminité exacerbée, sa solitude pesante avec des états dépressifs de plus en plus brefs, mais qui laissent sourdre des questions existentielles de plus en plus profondes, ne seraient pas la conséquence générale d'une... disphorie de genre... en plus d'être... bipolaire.

Or, je refuse qu'il trouve une réponse dans ses charges karmiques liées à notre vie commune qui remonte à un siècle et demi. Qu'il cherche une réponse dans son avenir: qu'il arrête de fumer, que Mademoiselle Plume s'incarne jusqu'au bout, dans le monde réel, qu'elle ne se contente point de fantasmer en ce lieu de narration et de récits extravagants. J'ai besoin d'elle.

 

Oh pardon, vous ne l'aviez peut-être pas compris, je suis lesbienne. Je ne veux plus être ce fiancé qui avait laissé mourir de chagrin, sa bien-aimée, à la fin du dix-neuvième siècle, dans un quartier de Buenos Aires...

Je veux revivre mon amour avec elle, mais il se trouve que je n'ai pas trouvé d'enveloppe masculine à temps, l'éternité oscille entre le jour et la nuit, les pulsions sont des cycles dont le sens de rotation s'inverse pendant les premières et dernières lueurs du jour sur la face de la terre. Quand le soleil se couche dans une région du monde, il se lève aux antipodes, on ne peut être à deux endroits en même temps, comme l'on ne peut expérimenter à la fois la vie dans le corps d'un homme et celui d'une femme.

A propos de ce voyage astral qui aurait mal tourné, ne la prenez pas trop au sérieux, Frédérique a beaucoup d'imagination, sans doute trop pour moi. C'est une artiste. Elle a  ce besoin d'écrire, de visiter ses émotions. Puis entre nous, son histoire de samouraï, hein? C'est une histoire de sabre... à couper les cheveux en quatre!

 

Le Mont-Ventoux, Vaucluse, sur la route de Carpentras, en allant à Caromb

Le Mont-Ventoux, Vaucluse, sur la route de Carpentras, en allant à Caromb

 

A la tombée de la nuit...

 

A la tombée de la nuit, pendant l'été, alors que j'étais au bord une étendue d'eau paisible dans un vallon secret de Provence, le lac du Paty, situé à quelques kilomètres de Caromb, non loin du Mont Ventoux, je remarquais chaque soir que le vent se levait. Une fois que la nuit s'était bien installée, il retombait aussitôt, laissant la place à une soirée agréable où l'on pouvait se contenter d'une simple chemise à manche courte.

Il faisait si chaud, si lourd, dans la journée, qu'une fois que le soleil disparaissait derrière les collines, les masses d'air environnantes se trouvaient subitement libérée de sa chaleur oppressante, créant ainsi des souffles crépusculaires qui réveillaient chaque fois mes angoisses profondes.

Heureusement que la guinguette estivale et provinciale, perdue en pleine nature dans ce coin retranché d'une société qui tend à devenir absurde, battait son plein, de quoi rassurer avec douceur, et l'abrazo en prime, mon petit coeur de tanguera sensible.

 

Si je vous parle avec autant de précision du coucher de soleil, de sa brise rafraîchissante, c'est pour vous dire à quel point Dame Nature est merveilleuse, et infiniment généreuse à l'égard des êtres vulnérables: elle est ternaire, tryptique, circulaire, cyclique, elle a tout prévu, y compris le crépuscule, cette lueur particulière où la lumière du jour s'apprête à céder la place aux ombres de la nuit, où la nuit commence à palir pour s'effacer progressivement devant le jour.

Pendant ces moments tantôt angoissants, tantôt remplis d'espoirs, on ne peut plus dire qu'il fait encore jour, ni qu'il fait complètement nuit. Ni clair ni noir, ni homme ni femme, ni Docteur Jekyll ni Mister Hyde, alors pour quelle raison insensée, notre monde occidental fait-il oeuvre de négation en niant le troisième genre? Son existence ancestrale? C'est bien la nature - ou Dieu le Créateur - qui est seule responsable si je suis une lady...boy du tango argentin dans le sud de la France.

Les amoureux  aiment se serrer l'un contre l'autre devant un coucher de soleil orangé, Hermès et Aphrodite ne se sont-ils pas non plus dilués l'un dans l'autre sous des nuances d'orange crépusculaire? La couleur orange n'est-elle pas la couleur de l'androgyne, et des transgenres?

La magicienne du crépuscule
Quelles divines intentions ont fait naître une danseuse de tango dans le corps d'un homme, au sein d'une société contemporaine qui en est restée encore au stade binaire...

Quelles divines intentions ont fait naître une danseuse de tango dans le corps d'un homme, au sein d'une société contemporaine qui en est restée encore au stade binaire...

 

Les oiseaux se cachent pour mourir

 

Moi, une magicienne agoraphobe? Une alchimiste procrastinatrice? Elle ne manque pas de culot, Miss Mirada! Allons donc, les drôles d'oiseaux, dont je fais partie, se cachent pour mourir, et elle attend déjà avec impatience que je renaisse... dans le corps d'une femme? Ignore-t'elle que j'ai toute l'éternité devant moi pour naître femme? Je ne suis pas au bord du suicide, et je n'en ai jamais eu la tendance, fort heureusement, quand je sais qu'une trop forte proportion de la population transidentitaire est touchée par ce fléau social...

En attendant, je garde ma peur de la foule, et mon anxiété qui paralyse mon quotidien, et tant pis pour ma bipolarité: je resterai à jamais cet incendie du crépuscule, cette danseuse travestie, ou cette douce lueur pleine de promesses à venir qui, à l'aube du jour nouveau, me fait regretter l'insomnie.

Si elle compte que je me fasse hormoner puis opérer pour que nous vivions un amour exclusivement au féminin, elle se trompe: je ne vais pas emprunter le chemin difficile et douloureux d'une chirurgie de reconstruction génitale, vivre sur plusieurs années tout le parcours du combattant, de l'hormonothérapie à la génitoplastie féminisante, en restant définitivement dépendante de la pommade aux oestrogènes, uniquement pour ses beaux yeux?

Parce que si c'est pour aimer une femme, autant le faire simplement et maintenant. Qu'as-tu à dire, Miss, ce n'est pas les femmes qui manquent, autour de toi?

 

Des mages, tu peux en parler. Je ne suis qu'une magicienne du crépuscule, une rose qui ne pourra peut-être jamais éclore. me crois-tu à ce point saute ou impertinente à prétendre que je m'offre le luxe de me rappeler quelques vies antérieures?

Je suis comme Saint-Thomas, même si l'essentiel est invisible pour les yeux... Mon imagination est débordante, ma sensibilité typiquement féminine, réhaussée sans doute de tous les complexes et perversions dont on veut bien m'affubler, mais je peux encore m'offrir une récréation de temps à autre, avec un lézard qui chemine sur le double vitrage de ma fenêtre, improviser une scène effrayante et amusante à la fois, me faire un court-métrage d'amateur, un montage-vidéo avec pour seul accessoire théâtral, un katana?

 

Miss Mirada, je te rappelle que tu n'es que le fruit de mon imagination. Tout au plus un égrégore de l'imagination collective... Tandis que tu m'invites à paraître plus féminine, bien au-delà de ma seule activité de danseuse travestie, je me contente de te rédiger en terme de souvenir de vie postérieure afin de conjurer le mauvais sort, même si je prends le risque que l'on m'accuse des mêmes tords que les hijras d'Inde et leur façon étrange de frapper dans les mains, sans savoir si c'est pour envoyer le mauvais oeil, ou pour bénir la prospérité et la fécondité d'un mariage.

La magicienne du crépuscule

 

La magie du tango, et l'abrazo (multi-identitaire) pour clef de voûte

 

La magie du tango argentin opère grâce à la convivialité et aux amitiés dans nos milongas, à l'existence des écoles de tango en France, aux professeurs et aux élèves, aux bénévoles, DJs, organisateurs d'évènements et de festivals pendant les quatre saisons, aux musiciens qui circulent régulièrement dans nos bals, aux vendeurs de chaussures, aux échanges internationaux, notamment avec les pays de l'Amérique du sud, Argentine, Chili, Uruguay.

Une remarque fondamentale, ou ma boutade du jour: qui fait essentiellement vivre le tango rioplatense dans nos régions françaises?

Réponses: nous, les danseurs, les danseuses.

Le tango, il y en a pour tous les goûts et toutes les couleurs, et pour certains d'entre nous, il est mis à toutes les sauces, tous les week end, et parfois en semaine. Nous n'allons pas revenir une fois de plus sur la grande question: le tango, addiction ou thérapie? Pour Frédéric, une addiction thérapeutique et une thérapie addictive.

Oublions également la lutte entre les aficionados de l'âge d'or, de l'abrazo cerrado exagerado, les "milongueros" comme ils disent, et les danseurs partisans du "tango nuevo", sa musique alternative, et ses électro-tangos... chocs.

Pardonnez-moi si je reviens une fois de plus sur cette histoire glauque de la mirada, un code importé de Buenos Aires, une histoire cent fois, mille fois, remise sur le tapis, pour un oui pour un non, juste sous prétexte de prononcer ce mot magique, de faire fashion dans la bouche d'une tanguera qui vous explique qu'elle était dans le milieu bien avant vous, qui fait sa précieuse ridicule, comme Miss Mirada d'ailleurs, un code prêt-à-porter qui nous est parfois imposé au point qu'il brise le côté inné, tout naturel de l'invitation par le regard, vous le savez vous, bien avant d'avoir mis un pied dans les milongas, ou de savoir parler l'argentin, que c'est le contact visuel qui précède les autres contacts dans une relation humaine naissante, sociale ou affectueuse, n'est-ce pas? Qui n'a pas cherché, invité du regard, dans un dancing rétro, ou même une boîte de nuit, la femme avec qui on a envie de danser, l'homme à qui l'on veut faire des yeux doux?

Allons plutôt droit au but: qu'est-ce qui nous unit dans le tango rioplatense, tel qu'il se présente au débutant, à l'experte, au baroudeur, au professionnel ou à l'amatrice?

 

Ce qui nous intéresse ici, c'est ce qui nous rapproche dans nos milongas, qui ouvre les voies plurielles vers l'expression de nos sensibilités, de nos différences et de nos complémentarités.

Parlons de technique, d'émotion, de musicalité, évoquons nos vies autour du tango argentin, nos joies et nos déceptions, nos amitiés et pourquoi pas nos amours, nos difficultés, en cours comme sur la piste de danse, et qu'en est-il de nos rôles respectifs? Du rôle de l'homme, du rôle de la femme? De la virilité et de la féminité dans notre façon de danser, de nos manières de créer dans le couple éphémère, un abrazo unique, affectueux, enrichissant, cet espace vivant, qui est loin d'être anodin, cette étreinte que l'on peut décliner en mille et une formes, bras dessus bras dessous, bustes appuyés, corps contre coeur, ou la main dans la main, comme des enfants qui font la ronde, avec cette naïveté fabuleuse que l'on oublie parfois dans une milonga, la joie de vivre, le rire dans le regard, de cet enfant-ci qui sommeille dans le coeur de chaque tanguero et chaque tanguera que nous sommes...

 

Notre communauté Réfléchir, vivre et danser le tango en France, c'est l'union qui fait la force, et rassemble ce que nous pensons du tango, comment nous le vivons, avec nos qualités et talents, nos confrontations, nos extases, et l'abrazo pour clef de voûte, un abrazo multi-identitaire, c'est aussi partager nos témoignages, nos ressentis, nos réflexions et notre poésie, nos coups de gueules et coups de coeur, autour d'une passion commune!

Maître-mot: ouverture d'esprit; principale ligne éditoriale: à travers l'art du mouvement, de la danse en couple, élever nos consciences à l'unisson, si possible, dans la gentillesse et la compréhension mutuelle.

 

Transgenre travestie ou transsexuelle, deux chemins différents, l'un étant irréversible... Procrastination, agoraphobie, bipolarité, ou tout simplement... disphorie du genre? Et mon éveil spirituel dans tout ça?

Transgenre travestie ou transsexuelle, deux chemins différents, l'un étant irréversible... Procrastination, agoraphobie, bipolarité, ou tout simplement... disphorie du genre? Et mon éveil spirituel dans tout ça?

Madame, Nicodiane - De Lui à Elle

De Lui à Elle, un voyage transidentitaire, la renaissance du troisième genre en France

 

Mon coup de coeur pour cette femme dont les chansons racontent un voyage, une transition évoquée avec poésie, accompagnée de sa guitare. Toutes les personnes transgenres, qui s'ignorent encore, ou qui sont si mal dans leur peau en prenant conscience de leur "disphorie de genre", vont sans doute mesurer la charge émotionnelle poignante derrière les textes de Diane, la souffrance liée au deuil de notre double vie secrète, les doutes avant le grand saut, ou les angoisses inexpliquées de notre purgatoire de l'entre-deux-chaises, l'isolement psychologique, les tourmentes sociales, souvent familiales et parfois professionnelles...

Les hommes qui ont une âme de femme, les femmes qui ressentent le besoin impérieux, oppressant de vivre comme un homme, ont toujours existé, dans toutes les sociétés, à toutes les époques.

Comment expliquer qu'en Europe, nos sociétés soient parvenues à gommer leur existence, leur combat, leur droit légitime et naturel de vivre comme n'importe quel être humain sur cette planète? Comment en est-on arrivé à là, en l'espace de quelques siècles?

Notre société française nous broie avec son rouleau-compresseur qui veille à aplanir une avenue bien propre, aseptisée, au bord de laquelle seuls les hommes virils à droite et les femmes féminines à gauche auraient le privilège de se tenir debout... et d'applaudir... cette déshumanisation déconcertante...?

 

Comme je l'ai écrit dans un autre texte, nous avons appris à ne regarder que les extrêmités du spectre humain: le bleu-garçon et le rose-fille, t'es 0 ou t'es 1, telle est la matrice sociétale moderne, et son code binaire, bientôt un code barre sur la nuque, ou une puce sous-cutanée... comme nos amis les bêtes? Pas étonnant que la transphobie règne encore de nos jours.

Notre société (et c'est bien nous TOUS & TOUTES qui la faisons!) s'évertue à enfermer l'homme dans sa carapace de super-héro, avec son pouvoir phallique, patriarcal, son glaive magique qui tente d'éradiquer au rayon X toutes les mauviettes, les folles, les hommes efféminés, les hyper-sensibles... On afflige aux femmes des infra-rouges aux lèvres, on leur impose l'ultra-violet pour en faire des barbies, des bimbos.

Dès le collège, on jette la pierre aux garçons qui osent contempler l'arc-en-ciel, et ça continue dans le milieu professionnel, et sportif, ou sur la place publique, gare aux filles qui ont des couilles.

Entre le bleu et le rouge, aurions-nous oublié que notre humanité est un arc-en-ciel, que toute la magie d'être un homme, une femme, c'est parfois, ou bien souvent de passer du rouge vif au bleu ciel sans s'en apercevoir?

Réapprenons à contempler les nuances, à ressentir toutes les émotions, qui nous font passer du rouge pourpre, velours, écrevisse, de la terre de sienne, à l'orange (la couleur de l'androgyne, de l'hermaphrodite!), de l'orange au jaune, du safran au vert pomme, au vert émeraude, au vert de nos prairies étincelantes qui se meurent sous les pesticides, du vert au bleu, du bleu marine à l'indigo, au mauve, au magenta, au rose fushia...

 

Faisons l'Amour-Tango, pas la guerre à gogo! Et encore moins la guerre des sexes, des genres, et des boutons!

 

Mâ Anandamayî expliquait de vive voix qu'en tout homme il y a une femme, qu'en toute femme il y a un homme, que c'est le devoir de l'homme de connaître la femme en lui, et celui de la femme de faire connaissance avec son "sexe opposé".

Cet enseignement, Frédéric/Frédérique l'a reçu à travers son apprentissage et sa pratique du tango argentin, et c'est peu de dire qu'il y a découvert... l'amour tantrique, l'amour platonique, l'amour-tango (à ouvrir dans une nouvelle fenêtre mystique au sein de cet univers luciférien!)

 

 

L'identité de genre? Un trouble contemporain? Bien sûr que nous avons besoin de nous identifier à des idoles, à des modèles, ou des dieux vivants, à Bruce Lee ou à Mohamed Ali, à Harrisson Ford, ou à Tom Cruise, à Gregg Valentino, à Zidane, à Elvis Presley, en ce qui concerne l'identification masculine, virile, pour exemple en vrac, et pour faire vite et simple. Les filles ont leurs propres références.

L'adolescent a besoin de se construire, de se trouver, et même les transgenres finissent par avoir leurs modèles, ou leur "divinité", Coccinelle, Bambi, ou encore Mathilde, l'arrière-petit-fils  arrière-petite-fille d'Alphonse Daudet, un reporter de guerre célèbre pour ces prises de risques, qui est devenu une femme transsexuelle au midi de sa vie. Avec la maturité, les prises de conscience, l'expérience de la vie, les dents de sagesse qui poussent progressivement, on change de personnalités de référence, nos modèles de vie... On prend exemple sur les personnalités qui nous ressemblent le plus!

 

Dur dur, le crépuscule des idoles!

Les nouveaux modèles deviennent alors Malcom X, Martin Luther King, Nelson Mandela, ou encore Abbé Pierre, Mère Teresa, Pierre Rabhi, Amma... Des idoles, on en trouve dans tous les domaines, pour chaque personnalité qui se cherche.

L'identification, la projection (astrale), l'imitation et l'émulation sont des processus humains utiles à notre voyage sur terre. Et j'en arrive à me poser cette question: pourquoi donc ce besoin de s'identifier, ou cette envie persistante de s'identifier au sexe opposé, provoque autant de souffrance, de l'agoraphobie, de la procrastination, une apathie, un état dépressif qui paralyse tant d'actes normaux dans la vie quotidienne d'une personne?

 

L'hormonothérapie et l'opération de réassignation qui s'en suit, est-elle la seule issue pour nous les transgenres?

Je veux bien envisager une  autre vision de ma transidentité, de ma crise existentielle bipolaire dans ce monde binaire: si j'essayais de vivre dans un monde ternaire? Une société qui reconnaît le troisième genre, voire un quatrième genre, comme cela a été le cas chez les indiens d'Amérique du nord?

Être une danseuse berdache française, est-ce une fatalité, une croix à porter, ou bien une chance? Ne serait-ce pas par hasard... un symptôme d'éveil spirituel?

N'ai-je pas la sensation désagréable que m'identifier seulement à mon corps matériel ou à mon mental, est une voie sans issue, et qu'à l'avenir, j'aspire à me détacher de vieilles identifications qui faisaient de moi - l'égo - juste un corps de mâle, et une tête trop pensante qui ignore de s'ignorer?... je veux dire qui persiste à me faire oublier le pouvoir du moment présent?

 

Allons donc, ma chère Miss Mirada, je ne sais encore si nous serons, dans un proche ou lointain avenir, amie ou ennemie, tandis que tu t'empresses à enterrer l'homme, moi j'apprends à l'envisager autrement, il est bien mon seul véhicule terrestre, petit véhicule, comme disent les bouddhistes, et le soumettre encore à maintes épreuves, aux hormones et à une émasculation sous anesthie, même avec chirurgie reconstructive, ne m'emballe guère, je préfère ajouter "q-u-e" à mon prénom, ou choisir un prénom argentin, Federica, par exemple, et en attendant d'y voir plus clair en terme d'identité, je vais continuer à faire genre que tout va bien, à enfiler ma jolie paire de chaussures à talons, rouges et brillantes, pour faire ma lolita luciférienne et gothique, et surtout, pour prendre plaisir à faire danser la femme qui vit en moi! Ma vaginoplastie attendra!

 

"La nature m'a donné une prison

La société m'a mise au diapason,

Voulait me faire entendre raison,

Me mater pour rébellion,

Tant d'années sans oser exister,

A cacher ma vraie identité,

Enfermée dans une armure,

Mon corps de couverture...

Madame...

Appelez-moi... Madame..."

Extrait de la chanson "Madame" de NicoDiane, album "De Lui à Elle"

Présentation de son album et de son CD: ici

Ecouter la chanson "Madame" sur YouTube (ouvrir dans une nouvelle fenêtre)

 

La magicienne du crépuscule
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Stephanie 09/08/2016 18:13

Bonjour Mademoiselle Plume !
Pas de "commentaire" particulier à faire...simplement vous dire que je suis arrivée ici par le tango...et que je reviendrai... pour vous ! J'aimerais avoir le quart de votre grâce (et je ne parle pas que de la danse !)
Je vais m'atteler à la lecture de vos articles et regarder encore vos vidéos...Puis-je vous demander comment vous avez appris tous les embellissements (ou la technique) femme? Avec un professeur, au feeling, uniquement en participant aux milongas...?
Quoi qu'il en soit, vous êtes et avez une très jolie plume...et j'aimerais bien savoir de quel oiseau vous vous êtes est décrochée ;-)
au plaisir
Stephanie

Frédéric Zarod 11/08/2016 17:59

Bonjour Stephanie,

Votre nouveau commentaire me fait chaud au coeur, et m'encourage encore sur mon Chemin de Vie d'artiste-écrivain(e)-danseuse de tango leader+follower dancer, qui m'épanouit.

La grâce, je ne sais pas... depuis l'adolescence, la sensibilité, la féminité, la délicatesse étaient enfermées sous mon écorce masculine, je n'osais pas montrer tout ça, j'avais terriblement peur de laisser transpirer mon âme de "femme".

Aujourd'hui, grâce à mon travail de Tango Technique Lady, je suis en train de me réconcilier authentiquement avec mon corps de petite taille, trop mince, si frêle, je commence à l'accepter tel qu'il est, une ...... troisième chance... être androgyne féminine, sans aller jusqu'à la transformation hormonale, me semble un compromis, par la voie artistique surtout, et plus sécurisant pour ma santé.

En ce qui concerne mes articles sur mon blog, j'espère que vous allez vous y retrouver, lol, je les classe par "tag" (catégorie/rubrique), sachant toutefois qu'il y a des catégories de textes qui comportent encore des "liens morts", et des textes à retravailler, à corriger, à peaufiner.... Bref, je vous souhaite un beau voyage dans mon labyrinthe!

Comment j'ai appris la technique tanguera, les fioritures et autres jolies pirouettes qui permettent aux femmes du tango d'exprimer leur personnalité?

Techniquement, j'avais essayé en 2013 et en 2015, tandis que je faisais des vidéos technique homme, des mouvements typiquement féminins, boleos plus complexes, ensuite, ma féminité me travaillant de plus en plus, je me suis inscrit à des stages de Technique individuelle/féminine à Avignon chez ma prof préférée qui fait aussi des spectacles de tango argentin.

Fin décembre 2015, pendant mon premier stage technique, j'étais le seul garçon, je bossais la même chose que les filles, mais en version masculine, à plat.... mais j'ai réalisé ce jour-là, que..................... je crevais d'envie d'essayer sur des talons hauts, d'exprimer la musicalité sous une forme franchement féminine....

Au fil des mois, en 2016, j'ai fini par mettre mes talons de danseuse, et je fus accueilli(e) chaleureusement par les autres élèves, mes "copines de classe" !

Puis j'ai commencé de temps en temps à enfiler mes chaussures de tanguera pendant des cours ou des stages mixtes de tango argentin, toujours chez la même enseignante qui a su m'accepter avec ma différence.

Cependant, avant d'acheter une paire de chaussures femme, je m'étais beaucoup entraînée seule chez moi exclusivement sur la pointe des pieds, en chaussettes, et uniquement travail au meuble ou au mur (à défaut de barre classique), dans mon nouveau rôle de femme, de danseuse, de tanguera.

Lorsque je me suis sentie prête, avec mes voûtes plantaires et chevilles suffisamment préparées au travail à talons hauts, je me suis jetée à l'eau..........

Parallèlement à cela, pendant mes cours à Nyons, car j'accompagnais pendant la saison 2015/2016 la même enseignante dans l'école de cette ville, j'assurais la parité pendant les cours des débutants et des inter-avancés, ainsi, tout en restant à plat, quand il y avait une femme en trop, je gardais mon rôle cavalier, et lorsqu'il y a un homme sans danseuse, je rentrais dans mon rôle danseuse pour lui permettre d'étudier.

En résumé:

- d'une part, beaucoup de travail, de recherche, d'expérimentation personnels en technique femme sur talons chez moi contre mon mur (ou plutôt..... avec mon mur chéri!);

- d'autre part, j'ai laissé ma féminité, sensibilité, musicalité, parler pendant mes entraînements/improvisations/expérimentations dans ma peau de.... femme.

Donc, du feeling. Ma prof a surtout été merveilleuse pendant les stages technique femme, car elle a su corriger ma posture, position du bassin, etc..... Enormément d'encouragement de sa part en regardant mes vidéos, sans aucun jugement.

En ce qui concerne les milongas, j'ai commencé récemment à mettre mes talons pendant certaines soirées où je me suis sentie en confiance, et je dois dire que je me sens déjà à l'aise en abrazo grâce..... à tout ce travail personnel en amont, et mon rôle danseuse pendant les cours et stages.

Les autres danseurs et danseuses du bal me font en général un bon accueil. Rares sont les regards négatifs, parfois une vague moquerie, c'est très très rare, ou des yeux étonnés, des personnes un peu déconcertées..... Mais cela ne m'affecte pas.

En espérant que j'ai répondu à vos questions, Stephanie?


Amicalement et bien aimablement,
Mademoiselle Plume,

Abrazo fuerte <3