La Nouvelle Créature Tanguera 2020

Publié le par Violette

 

La Nouvelle Créature Tanguera, une pin-up explosive du bal :

Miss Violetta

 

La nouvelle créature tanguera 2020 est arrivée! Charmante blondinette du tango, impertinente et délurée,

 

une très vilaine néanmoins sensuelle novice du tao milonguero, née sans doute de la cuisse de Jupiter, une bombe sulfureuse travaillée sur l'enclume et sous le marteau du dieu Vulcain, une jolie blonde, coquine,  détonante, torturée par un enchaînement inlassable de huit avant et de huit arrière, qui se trémousse sur son ocho cortado, on l'appelle "cuisse de mouche et fleur du Bon Dieu" (comme le chante si bien Pierre Perret), mais ça sent le soufre, un peu, quand même, fesses bombées, un déhanché de fille latine mais une peau nue, blanche comme fleur d'oranger, blancheur d'une fausse virginité style geisha mais avec un déshabillé qui réveille des volcans...  ou comment revisiter les 64 positions du Kamasutra version tango argentin... Buenosssss Aïe......ressssss!

La créature tanguera inédite revient pour les élections 2020, miss Ocytocine dans nos milongas de France, ses improvisations, ses embellissements, sa technique explosive: danseuse coquine, en mode lap dance, une Emmanuelle privée de son fauteuil en osier, contrainte de rester debout, une histoire d'Ô Tango Mon Amour, baby doll obligée de danser, nuit et jour, la jupe en jean, déchirée, reins et nombril à l'air, perchée sur ses talons aiguilles, chaussures de tango, italiennes, couleur chair, ceci est une mise au point entre le dieu grec Hermès et Aphrodite*, la déesse de l'amour, ça négocie dur en relation astro-tango-sexologique, ça fait des étincelles, ça allume le coeur de certains hommes, ça parle d'une féminité exacerbée, exubérante, une mise à nu dans un showroom, une charmante nudité, et sa cambrure, et ses jambes agaçantes, comme dans une série B, un roman noir, sexy private investigations, the goth girl of the wall...

 

Bombe tanguera, blonde qui tangue et serpente telle une anguille,

 

mais non, je n'ai jamais électrocuté les hommes qui m'invitent à danser, même si j'invite mes cavaliers avec de la foudre dans mon regard charbonneux, malgré la mirada foudroyante que je fais, cherchez pas midi à quatorze heure, y a pas anguille sous roche, je ne suis pas toute nue sous ma robe ou ma jupe, suis blonde comme le blé en été, blanche comme de la nacre, claire comme l'eau de roche, ne suis ni contagieuse, ni chiante, bien au contraire je me fais docile en abrazo, douce et infiniment musicale pour le plaisir de mes danseurs attitrés!

(*) Hermès, dieu du commerce + Aphrodite, déesse de l'amour = Hermaphrodite, cf le mythe de la naïade Salmacis

Au sein de cette nouvelle page gothique qui se veut moins scandaleuse que licencieuse,

 

même si je suis loin d'être une BOMBE SEXUELLE, telle une vieille marquise indolente et allongée à moitié nue sur son divan, prête à devenir le modèle d'un artiste peintre plus ou moins homosexuel, la petite bourgeoise très coquette qui aime se faire une beauté pour se taper son photographe après séance shooting torride, ou encore la bimbo forçant la naïveté, jouant de sa fausse pudeur, à mi-chemin entre la lolita déboussolée et une pinkie accomplie, artistiquement et publiquement, dans ce boudoir où je remue des idées étranges, tamise des philosophies scabreuses, cette minuscule pièce avignonnaise qui pourrait tout aussi bien être une chambre de bonne que la garçonnière qu'un richissime homme marié me permet d'occuper, étant sa muse aux multiples dons et arts libéraux, sa maîtresse trop soumise, qu'il oublie trop souvent, un alcôve littéraire, théosophique, prétexte aux ivresses interdites de la nuit, une piaule de travelo, une geôle de soubrette, entre une expérimentation culinaire, poêlée de sucré-salé qui mélange sel fin de Camargue, herbes de Provence, clou de girofle, et fenugrec en épice, une cuillère à soupe de confiture de clémentine de Corse et de figue de Provence, protéines de soja texturées, riz sauvage, lentilles rouges, quinoa, une carotte, une courgette, coupées en rondelle, du miel à la propolis, quelques tranches de pomme et de poire, après avoir fait revenir ails, oignon, échalotes, pignons de pin, amandes, noix de cajou, crème de sésame noir et de sésame complet séché au feu de bois, broyé à la meule à basse température, dans un généreux filet d'huile d'olive vierge extra du Portugal obtenue par des procédés mécaniques recommandés par Rudolf Steiner, bref, une préparation hasardeuse issue de l'agriculture biologique, et une longue et fastidieuse mise en beauté pour aller avec joie et sérénité au bal, douche, shampoing bio aux céréales, masque à l'huile sublimatrice pour mes cheveux blonds, gommage du visage, crème anti-rides sous les yeux, crème hydratante de jour, redessiner les sourcils à la pince à épiler, jambes, aisselles passées sous crème dépilatoire, le rasage du visage, du cou, de la poitrine, en attendant d'atteindre mes sept, huit séances d'épilation au laser qui me rendront définitivement imberbe déjà en cet endroit-ci, et infiniment douce sous les caresses passionnées d'un homme amoureux que j'attends comme la vierge attend son prince charmant,  fond de teint, poudre, couleurs aux paupières, eyeliner, mascara, blush, coup de crayon sur les sourcils, rouge à lèvres, base puis vernis à ongles d'un sublime violet, aux mains, aux pieds, habillage, coiffure, parfum, boucles d'oreille, bracelets, bagues, chevillière, choix du collier assorti à la robe, ou au pantacourt, quels escarpins vais-je mettre pour descendre de la voiture? vérification du sac à chaussures de danse, du sac à main, entre un repas préparé avec amour, donc, et mon rituel de soins et beauté apportés à mon corps de femme célibataire et de tanguera chevronnée - mes deux récents arts libéraux parmi les soixante-quatre de la liste officielle que présente le Kamasutra, qu'il conviendrait d'apprendre quand on se donne pour objectif de devenir une courtisane remarquée dans les assemblées où conversent les hommes galants,  deux disciplines auxquelles je suis en train de m'initier, à côté des deux autres que je maîtrise plus ou moins bien et étudie, depuis vingt-cinq années en ce qui concerne l'art d'écrire, et dix, pour le tango argentin, cet art majeur et merveilleux de danser en couple qui nous vient des berges du Rio de la Plata -,  je reçois, comme je l'ai déjà fait dans mes pages précédentes telle que celle intitulée "Adornos d'une plume romantique" ou encore ma page "Cabaret Chic & Choc d'une vilaine fille", des écrivains qui ne sont que de passage, de grands auteurs, des poètes, des philosophes, parfois une femme de lettres, issus du dix-neuvième siècle, de préférence, mais pas obligatoirement, ainsi aurez-vous sous vos yeux de lecteurs fidèles ou d'internautes curieux, répartis convenablement entre chacune de mes improvisations et entraînements de danseuse classique et contemporaine de tango rioplatense, des extraits d'œuvres littéraires, poèmes, romans, préfaces, dont voici la liste des auteurs afin de vous mettre l'eau à la bouche: Charles Baudelaire (une fleur du mal, vraisemblablement sa préférée), le Marquis de Sade (introduction pernicieuse de ses 120 journées de Sodome), Guillaume Apollinaire (un poème grivois), Théophile Gautier (quand les morts font des crises de jalousies au fond de leur cercueil), Leopold von Sacher Masoch (la pêcheuse d'âme), Saint Jean de la Croix (la créature et son Créateur, dans sa montée du Carmel), Vâtsyâyana (la Padmini du Kama soutra), Paulo Coelho (l'art d'aiguiser et de manier l'épée expliqué dans son manuel du Guerrier de la Lumière), Anaïs Nin (son bel amant Arabe et le post-scriptum de sa Vénus Erotica), enfin, Jacques Prévert (sa fatrasie!).

Sarah la louchette, poème de Charles Baudelaire, Les fleurs du mal

 

Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre:

La gueuse de mon âme, emprunte tout son lustre;

Invisible aux regards de l'univers moqueur,

Sa beauté ne fleurit que dans mon triste coeur.

 

Pour avoir des souliers elle a vendu son âme.

Mais le bon Dieu rirait si, près de cette infâme,

Je tranchais du Tartufe et singerais la hauteur,

Moi qui vends ma pensée et qui veux être auteur.

 

Vice beaucoup plus grave, elle porte perruque.

Tous ses beaux cheveux noirs ont fui sa blanche nuque;

Ce qui n'empêche pas les baisers amoureux

De pleuvoir sur son front plus pelé qu'un lépreux.

 

Elle louche, et l'effet de ce regard étrange

Qu'ombragent des cils noirs plus longs que ceux d'un ange,

Est tel que tous les yeux pour qui l'on s'est damné

Ne valent pas pour moi son oeil juif et cerné.

 

Elle n'a que vingt ans, la gorge déjà basse

Pend de chaque côté comme une calebasse,

Et pourtant, me traînant chaque nuit sur son corps,

Ainsi qu'un nouveau-né, je la tête et la mords,

 

Et bien qu'elle n'ait pas souvent même une obole

Pour se frotter la chair et pour s'oindre l'épaule,

Je la lèche en silence avec plus de ferveur

Que Madeleine en feu les deux pieds du Sauveur.

 

La pauvre créature, au plaisir essoufflée,

A de rauques hoquets la poitrine gonflée,

Et je devine au bruit de son souffle brutal

Qu'elle a souvent mordu le pain de l'hôpital.

 

Ses grands yeux inquiets, durant la nuit cruelle,

Croient voir deux autres yeux au fond de la ruelle,

Car, ayant trop ouvert son coeur à tous venants,

Elle a peur sans lumière et croit aux revenants.

 

Ce qui fait que de suif elle use plus de livres

Qu'un vieux savant couché jour et nuit sur ses livres,

Et redoute bien moins la faim et ses tourments

Que l'apparition de ses défunts amants.

 

Si vous la rencontrez, bizarrement parée,

Se faufilant, au coin d'une rue égarée,

Et la tête et l'oeil bas comme un pigeon blessé,

Traînant dans les ruisseaux un talon déchaussé,

 

Messieurs, ne crachez pas de jurons ni d'ordure

Au visage fardé de cette pauvre impure

Que déesse Famine a par un soir d'hiver,

Contrainte à relever ses jupons en plein air.

 

Cette bohème-là, c'est mon tout, ma richesse,

Ma perle, mon bijou, ma reine, ma duchesse,

Celle qui m'a bercé sur son giron vainqueur,

Et qui dans ses deux mains a réchauffé mon coeur.

Les 120 Journées de Sodome ou l'Ecole du libertinage, le Marquis de Sade, extrait, introduction du roman

 

"Les guerres considérables que Louis XIV eut à soutenir pendant le cours de son règne, en épuisant les finances de l'état et les facultés du peuple trouvèrent pourtant le secret d'enrichir une énorme quantité de ces sangsues toujours à la suite des calamités publiques qu'ils font naître au lieu d'apaiser, et cela pour être à même d'en profiter avec plus d'avantage; la fin de ce règne si sublime d'ailleurs, est peut-être une des époques de l'empire françois, où l'on fit le plus de fortunes obscures, qui n'éclatent que par le luxe et des débauches aussi sourdes qu'elles. C'était vers la fin de ce règne, et peu avant que le régent eût envoyé par ce fameux tribunal comme fous les hommes de chambre de justice, de faire rendre gorge à cette multitude de traîtres, - que quatre entre eux imaginèrent la singulière partie de débauche, dont nous allons rendre compte. Ce serait à tort que l'on imaginait que les voleurs seuls s'étaient occupés de cette maltôte, elle avait à sa tête de très grands seigneurs. Le duc de Blangis et son frère l'évêque de.... qui tous deux y avaient fait des fortunes immenses, sont des preuves incontestables que la noblesse ne négligeait pas plus que les autres les moyens de s'enrichir par cette voie; car deux illustres personnages intimement liés et de plaisirs et d'affaires avec le célèbre Durcet et le président de Curval furent les premiers qui imaginèrent la débauche dont nous écrivons l'histoire, et l'ayant communiqué à ces deux amis tous quatre composèrent les acteurs de ces fameux orgies. Depuis plus de six ans ces quatre libertins qu'unissait une conformité de richesse et de goûts avaient imaginé de resserrer leurs liens par des alliances, où la débauche aurait bien plus de part qu'aucun autre motif, qui fondent ordinairement ces liens - voici quels avaient été leurs arrangements."

Con large comme un estuaire, poème érotique de Wilhelm Apollinaris de Kostrowitski, dit Guillaume Apollinaire (Rome Italie, 1880 - Paris, 1918)

 

Con large comme un estuaire

Où meurt mon amoureux reflux

Tu as la saveur poissonnière

L'odeur de la bite et du cul

La fraîche odeur trouduculière

 

Femme ô vagin inépuisable

Dont le souvenir fait bander

Tes nichons distribuent la manne

Tes cuisses quelle volupté

Même tes menstrues sanglantes

Sont une liqueur violente

 

La rose-thé de ton prépuce

Auprès de moi s'épanouit

On dirait d'un vieux bogard russe

Le chibre sanguin et bouffi

Lorsqu'au plus fort de la partouse

Ma bouche à ton noeud fait ventouse

Tangœstrogène 8, esthétique tanguera

La Montée du Carmel, Saint Jean de la Croix (1542-1591), docteur de l'Eglise et poète mystique, Carme déchaux*, béatifié en 1675, canonisé en 1726 ~ Extrait:

 

C'est pourquoi celui qui s'attache de la sorte à la créature est aussi vil qu'elle; il est même en quelque façon plus abaissé, puisque l'amour le rend inférieur à l'objet aimé, ou plutôt le fait l'esclave de ce qu'il aime. Il suit de là que, quand l'âme s'unit par amour à quelque autre chose qu'à Dieu, elle ne saurait ni parvenir à une parfaite union avec le Créateur, ni se transformer en lui. La petitesse de la créature peut bien moins monter à la grandeur de Dieu, que les ténèbres ne peuvent s'accommoder avec la lumière.

En effet, tout ce qui est sur terre et dans le ciel, si on le compare avec Dieu, n'est rien, comme Jérémie l'assure quand il dit qu'il a regardé la terre, et qu'elle était un vide et un néant; qu'il a jeté les yeux sur les cieux, et qu'il n'y avait point de lumière [Jérémie, IV,23]. Il signifie, par toutes ces expressions, que ni la terre ni les créatures qu'elle soutient, ne paraissent qu'un rien devant Dieu, et que les cieux, quoique brillants de lumière, ne doivent être estimés que ténèbres devant lui.

Nous pouvons donc inférer de là que les créatures, considérées de cette sorte, ne sont rien, et que l'amour qui nous unit à elles nous réduit à quelque chose de moindre que le rien, puisque c'est un obstacle à notre union avec Dieu, et une privation de notre transformation en lui; comme les ténèbres ne sont qu'un rien et qu'une privation de la lumière. J'ajoute que, comme celui qui est couvert de ténèbres ne reçoit et ne comprend pas la lumière, de même l'âme qui aime quelque chose de créé ne pourra ni connaître Dieu, ni jouir de lui en cette vie par la pure transformation d'elle-même en Dieu, ni la posséder en l'autre monde par la vision béatifique. Pour faciliter l'intelligence de ceci, j'apporterai plusieurs comparaisons.

L'être de toutes les créatures n'est rien en comparaison de l'être infini de Dieu, et conséquemment l'âme qui leur donne son amour n'est rien, et même moins que rien; elle ne peut donc unir son être à l'être de Dieu, le néant ne pouvant avoir ni convenance ni union avec un élan infini et nécessaire.

Toute la beauté créée n'est rien auprès de la beauté infinie du Créateur, et on doit même confesser, après Salomon, qu'elle n'est qu'une illusion ou plutôt une véritable laideur; de sorte que, quand on l'aime dérèglement, l'âme est très laide aux yeux de Dieu, et ne saurait être transformée en la beauté divine, puisque la laideur ne peut être en même temps la beauté.

De plus, tout ce que les créatures ont d'agréable et d'engageant, si on en fait la comparaison avec les attraits infinis de Dieu, paraîtra rebutant et insipide. Il faut donc que l'âme qui s'y plaît soit désagréable au Seigneur, et infiniment éloignée de ses charmes, car il y a une différence incompréhensible entre ces deux contraires.

Si on compare aussi toute la bonté des créatures avec la bonté infinie de Dieu, il faudra l'appeler malice plutôt que bonté, puisque, suivant cet oracle divin, il n'y a que Dieu qui soit bon [Luc, XVIII,19]. C'est pourquoi l'âme qui adhère, par un amour particulier, à la bonté créée est mauvaise en la présence de Dieu; et, comme la malice ne fait point d'accord avec la bonté, de même l'âme ne pourra jamais, en cet état, s'approcher de Dieu.

 

(*) L'Ordre des Carmes déchaux (O.C.D.), ou ordres des Frères déchaux et des Moniales déchaussées de la bienheureuse Vierge Marie du Mont-Carmel, est un ordre religieux catholique contemplatif et apostolique (ordres mendiants)

 

Kama Soutra, les règles de l'amour, de Vatsyayana ~ Citation choisie (l'un des passages qui inspirent abondamment  mon chemin d'écrivaine et de danseuse de tango): description et éloge de la Padmini, la femme Lotus

 

Dans le kamasutra, Vatsyayana traite du sujet des quatre classes de femmes et des qualités qui leur sont propres. Les auteurs indiens ont pour habitude de diviser les femmes en quatre groupes d'après leurs caractères physiques et moraux. Le type parfait est la femme Lotus, appelée la Padmini:

 

Elle est belle comme un bouton de Lotus, comme Rathi (la volupté). Sa taille svelte contraste heureusement avec l'amplitude de ses flancs; elle a le port du cygne, elle marche doucement et avec grâce.

Son corps souple et élégant a le parfum du bois de santal; il est naturellement droit et élancé comme l'arbre de Ciricha, lustré comme la tige du Mirobolam.

Sa peau lisse, tendre, est douce au toucher comme la trompe d'un jeune éléphant. Elle a la couleur de l'or et elle étincelle comme l'éclair.

Sa voix est le chant du Kokila mâle captivant sa femelle; sa parole est de l'ambroisie.

Sa sueur a l'odeur du musc. Elle exhale naturellement plus de parfums qu'aucune autre femme; l'abeille la suit comme une fleur au doux parfum de miel.

Ses cheveux soyeux, longs et bouclés, odorants par eux-mêmes, noirs comme les abeilles, encadrent délicieusement son visage semblable au disque de la pleine lune et retombent en torsades de jais sur ses riches épaules.

Son front est pur: ses sourcils bien arqués sont deux croissants; légèrement agités par l'émotion, ils l'emportent sur l'arc de Kama.

Ses yeux bien fendus sont brillants, doux et timides comme ceux de la gazelle et rouges aux coins. Aussi noirs que la nuit au fond de leurs orbites, leurs prunelles étincellent comme des étoiles dans un ciel sombre. Ses cils longs et soyeux donnent à son regard une douceur qui fascine.

Son nez pareil au bouton du sésame est droit, puis s'arrondit comme un bec de perroquet.

Ses lèvres voluptueuses sont roses comme un bouton de fleur qui s'épanouit ou rouges comme les fruits du bimba et le corail.

Ses dents blanches comme le jasmin d'Arabie ont l'éclat poli de l'ivoire; quand elle sourit, elles se montrent comme un chapelet de perles montées sur corail.

Son cou rond et poli ressemble à une tour d'or pur. Ses épaules s'y joignent par de fines attaches, ainsi qu'à ses bras bien modelés, semblables à la tige du manguier et qui se terminent par deux mains délicates pareilles chacune à un rameau de l'arbre ashoka (açoka, orthographe employée par Leconte de Lisle et Arthur Rimbaud).

Ses seins amples et fermes ressemblent aux fruits du bilva (bael, madtoum); ils se dressent comme deux coupes d'or renversées et surmontées du bouton de la fleur du grenadier.

Ses reins bien cambrés ont la souplesse du serpent; ils se fondent harmonieusement avec ses fesses et ses larges hanches qui ressemblent au corsage de la colombe verte.

Sonjadgana, pur et délicatement arrondi, laisse apercevoir un ombilic profond et luisant comme une baie mure. Trois plis gracieux s'accusent à sa taille comme une ceinture au-dessus de ses hanches.

Ses fesses sont merveilleuses; c'est une Nitambini*.

Comme le Lotus épanoui à l'ombre d'une tendre motte d'herbe kusha (herbe sacrée par excellence), son yoni petit s'ouvre mystérieusement sous le pubis ombragé par un voile velu large de six pouces.

Sa semence d'amour est parfumée comme le lys qui vient d'éclore, ses cuisses rondes, fermes, potelées, ressemblent à la tige polie d'un jeune bananier.

Ses pieds petits et mignons se joignent finement à ses jambes, on dirait deux lotus.

Quand elle se baigne dans un étang sacré, par toutes sortes de jeux elle réveille l'amour, les dieux se troubleraient à la voir se jouer dans l'eau.

Des perles tremblent à ses oreilles; sur son sein repose un collier de pierres précieuses; elle a, mais en petit nombre, des ornements aux bras et au bas des jambes.

Elle aime les vêtements blancs, les blanches fleurs, les beaux bijoux et les riches costumes. Elle porte un triple vêtement de mousseline rayée.

Délicate comme la feuille du béthel, elle aime les aliments doux, purs, légers; elle mange peu et dort d'un sommeil léger.

Elle connaît bien les trente-deux modes musicaux de Radha; aussi bien que l'amante de Krishna, elle chante harmonieusement en s'accompagnant de la vînâ qu'elle touche avec grâce de ses doigts effilés et agiles.

Quand elle danse, ses bras aux mouvements souples et harmonieux s'arrondissent en courbes gracieuses et semblent parfois vouloir dérober aux regards ses merveilleux appâts, car sa pudeur est extrême (dans I'Inde une femme danse toujours seule).

Elle a une conversation agréable, son sourire répand la béatitude; elle est espiègle et folâtre, pleine d'enjouement dans les plaisirs.

Elle excelle dans les oeuvres qui lui sont propres.

Elle fuit la société des malhonnêtes gens et accomplit scrupuleusement ses devoirs; le mensonge lui est inconnu.

Incessamment, elle vénère et adore les brahmanes, son père et les dieux; elle recherche la société et la conversation des brahmanes; elle est libérale envers eux et charitable aux pauvres. Pour ceux-ci elle épuiserait le trésor de son mari.

Elle se plaît avec son époux et sait exciter ses désirs par des caresses.

Le dieu d'amour trouverait un superbe plaisir à reposer près d'elle.

Son affection pour son époux est extrême et elle n'aura peur aucun autre une pareille tendresse. Elle est affectueuse dans toutes ses paroles et absolument dévouée à son mari. Elle est parfaite en tout point.

(*) Callipyge - Sakountala était une Nitambini, ou Shâkountalâ, drame écrit par le poète hindou Kâlidâsa qui raconte l'amour champêtre entre le roi Dushyanta et Shâkountalâ, oeuvre qui parle également de la naissance de Bharata, ancêtre de la nation indienne

Son épée est aiguisée, page 84, Manuel du Guerrier de la Lumière, Paulo Coelho, éditions Anne Carrière

 

Le guerrier sait que le combat s'interrompt, de temps à autre. Il ne sert à rien de précipiter la lutte; il est nécessaire d'avoir de la patience, d'attendre que les forces s'entrechoquent de nouveau.

Dans le silence du champ de bataille, il écoute les battements de son coeur et constate qu'il est tendu, qu'il a peur.

Il fait un bilan de sa vie; il vérifie que son épée est aiguisée, son coeur satisfait, et que la foi embrasse son âme. Il sait que la préparation est aussi importante que l'action.

Il manque toujours quelque chose. Et le guerrier profite des moments où le temps est suspendu pour mieux se préparer.

Un ange et un démon, page 85, Manuel du Guerrier de la Lumière, Paulo Coelho, éditions Anne Carrière

 

Un guerrier sait qu'un ange et un démon se disputent la main qui tient l'épée.

Le démon dit: "Tu vas faiblir. Tu ne vas pas savoir quel est le bon moment. Tu as peur."

L'ange dit: "Tu vas faiblir. Tu ne vas pas savoir quel est le bon moment. Tu as peur."

Le guerrier est surpris. Tous deux ont dit la même chose.

Le démon continue: "Laisse-moi t'aider."

Et l'ange dit: "Je t'aide."

Le guerrier comprend alors la différence. Les mots sont les mêmes, mais les alliés sont dissemblables.

Et il choisit la main de l'ange.

Vénus Erotica, Anaïs Nin, Stock Le livre de poche, extrait pp 288-289:

 

"J'habite là-haut. Accepteriez-vous de venir prendre un apéritif sur ma terrasse?"

Linda accepta. Elle avait l'impression que, si elle se privait maintenant de ce parfum qui l'enchantait, elle allait suffoquer. Ils s'assirent sur la terrasse, burent tranquillement. Linda se laissa aller en arrière, très langoureuse. L'étranger ne cessait pas de regarder ses seins. Puis il ferma les yeux. Aucun d'eux ne faisait un geste. Ils rêvaient.

Ce fut lui qui bougea le premier. Il embrassa Linda, qui eut l'impression d'être transportée à Fez, dans le jardin du bel Arabe. Elle se rappelait les sensations qu'elle avait éprouvées ce jour-là, son désir de se blottir dans le grand burnous blanc de l'Arabe, son désir d'entendre sa voix puissante et de voir ses yeux de feu. Le sourire de l'étranger était cet Arabe, cet Arabe avec ses épais cheveux noirs, parfumés comme la ville de Fez. Deux hommes lui faisaient l'amour. Elle gardait les yeux fermés. L'Arabe la déshabillait. L'Arabe la touchait avec ses mains passionnées. Des vagues de parfum dilataient son corps, l'ouvraient, le préparaient à céder. Ses nerfs étaient prêts pour le plaisir, pour une apothéose.

Elle ouvrit à moitié les yeux et remarqua les dents étincelantes de l'homme, prêtes à la mordre. Puis elle sentit sa verge sur sa chair et il la pénétra. Chacun de ses coups ressemblait à une décharge électrique qui envoyait des ondes à travers tout le corps de Linda.

C'était l'été
 
Dans ses deux mains
Sous ma jupe relevée
J'étais nue comme jamais

 

Tout mon jeune corps

était en fête

des cheveux de ma tête

aux ongles de mes pieds

J'étais une source qui guidait

la baguette du sourcier

Nous faisions le mal

et le mal était bienfait.

 

Poème de Jacques Prévert, Fatras, Collection Folio, page 132, Gallimard, 1966

La Nouvelle Créature Tanguera 2020
L'exhibitionniste...

 

"Dieu a fait l'homme

à son image

L'exhibitionniste

lui rend hommage."

 

Citation: Jacques Prévert, Fatras, page 167

Lettre d'un petit monstre, citation Jacques Prévert, Fatras, page 152:

 

Pourquoi dire des monstruosités à un monstre?

Est-ce utile et gentil pour lui?

C'est terrible d'être un monstre sans le savoir

Mais comment un monstre peut-il se débrouiller

pour vivre heureux sachant ce qu'il est?

Pourquoi l'avoir renseigné?

Pauvre monstre

Il est bien gentil pourtant

Tu ne le connais pas.

Je suis heureuse
Il m'a dit hier
Qu'il m'aimait

 

Je suis heureuse et fière

et libre comme le jour

Il n'a pas ajouté

que c'était pour toujours.

 

Poème court de Jacques Prévert, Fatras, page 159

"Les femmes, pensais-je, étaient plus aptes à mêler la sexualité à l'émotion, à l'amour; elles préféraient un seul homme à la promiscuité.

 

Cela me parut assez évident lorsque j'écrivais mes romans et mon journal, et devint encore plus clair à l'occasion de mes contacts avec les étudiants. Mais, malgré la différence fondamentale entre l'attitude de la femme et celle de l'homme sur ces questions, nous ne possédions pas encore de langage pour l'exprimer."

 

Citation d'Anaïs Nin, Post-Scriptum, Los Angeles, septembre 1976, Vénus Erotica, Stock Le livre de poche

"Dans de nombreux passages, de façon intuitive, j'ai utilisé le langage d'une femme, décrivant les rapports sexuels comme les vit une femme.

 

J'ai finalement décidé de publier ces textes érotiques, parce qu'ils représentent les efforts premiers d'une femme pour parler d'un domaine qui avait été jusqu'alors réservé aux hommes."

 

Extrait de la préface du livre d'Anaïs Nin, Vénus Erotica, Post-Scriptum

"Si la version non expurgée de mon journal est publié un jour, ce point de vue féminin sera exprimé encore plus clairement.

 

Cela montrera que les femmes (et moi-même, dans le journal) n'ont jamais séparé l'acte sexuel du sentiment, et de l'amour de l'homme tout entier."

 

Anaïs Nin, Post-Scriptum, Vénus Erotica

Pourquoi les femmes sont plus près de l'illumination que les hommes

 

"Les obstacles sur le chemin de l'illumination sont-ils les mêmes pour les hommes que pour les femmes?

 

Oui, mais de manière différente. Dans l'ensemble, il est plus facile pour une femme de sentir son corps et de l'habiter. Par conséquent, elle est naturellement plus près de l'Être et donc potentiellement plus près de l'illumination qu'un homme. C'est pourquoi de nombreuses cultures anciennes choisissaient instinctivement des personnages ou des symboles féminins pour représenter ou décrire la réalité transcendantale. Cette dernière a souvent été symbolisée par la matrice qui donne naissance à toute chose dans la création et qui la sustente et la nourrit durant sa vie en tant que forme. Dans le Tao-te-king, un des plus anciens et plus profonds livres jamais écrits, le tao, qui pourrait se traduire en français par "Être", est décrit comme "l'éternel et infini présent, la mère de l'univers". Les femmes lui sont plus proches que les hommes de par leur nature puisqu'elles "incarnent" virtuellement le non-manifesté. Qui plus est, toutes les créatures et toutes les choses doivent retourner à la source. "Toutes les choses se fondent dans le tao. Seul celui-ci se perpétue." Vu que la source est considérée comme étant de nature féminine, on attribue à cet archétype féminin les polarités de la lumière et de l'ombre à la mythologie et en psychologie. La déesse ou la divine mère a deux aspects: elle donne la vie et elle la reprend.

Lorsque la pensée prit le dessus et que les humains perdirent contact avec leur essence divine, ils se mirent à imaginer Dieu sous une forme masculine. La société devint peu à peu à dominance masculine, la femme étant soumise à celle-ci."

Le Pouvoir du Moment Présent, Eckhart Tolle, Guide d'éveil spirituel, J'ai lu, pp 181-182, extrait

La Nouvelle Créature Tanguera 2020

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