La querelle nuevo - traditionnel

Publié le par Frédéric Zarod

 

Eternelle querelle entre le tango traditionnel et le contemporain, plus exactement entre le style nuevo (tango libre) et le style milonguero... Il y a comme de l'eau dans le gaz, le tango fermé s'oppose au tango ouvert, engendrant un système de clans qui semblent se chamailler à tout bout de champ, surtout sur les réseaux sociaux. On finit même par oublier qu'il existe un abrazo intermédiaire, l'abrazo semi-fermé (ou semi-ouvert), dans lequel on classe bien-sûr le style de l'école Urquiza, qu'on range d'ailleurs dans le tango traditionnel.

 

Dans nos milongas, il me semble qu'il est plus aisé (c'est une question de mode, ou quoi?) de critiquer les DJs, de faire du bâton rompu sur les programmations musicales, de créer une dissonance absurde entre tango nuevo et tango traditionnel uniquement d'un point de vue "musical", plutôt que de se remettre en question sur ce qui nous intéresse aussi en tant que danseurs et danseuses: être confortable pour l'Autre.
 

En tango argentin, on ne cherchera pas à savoir qui danse mieux que... simplement, faudrait briser ce tabou tango qui est de ne jamais soulever le problème de l'organisation corporelle qui est quand-même au coeur (♥) du confort, du bien-être, dans nos milongas.

La querelle traditionnel / nuevo, ou plus exactement tango ouvert / tango fermé (avec son abrazo cerrado), quel que soit le camp dans lequel on se place, ne doit pas nous éloigner du coeur de la problématique de cette merveilleuse danse d'improvisation qu'est le tango rioplatense: celle de l'organisation corporelle, ou la question de l'apprentissage du tango, ses difficultés, comment apprendre le tango et comment l'enseigner d'une manière la plus efficace?



Transfert de poids, jambe d'appui, jambe (pierna) libre, intention, axe, dissociation pour le pivot, connexion, ce ne sont pas que des mots, le tango argentin n'est pas une danse intellectuelle, que je sache, et avant de véhiculer de bouche à oreille de pareils mots, faut-il encore être capable de les retransmettre corporellement, charnellement à l'Autre, lui faire ressentir ce à quoi véritablement ces gros mots du tango renvoie à l'intérieur de notre corps de danseur de tango!



La querelle tango nuevo / traditionnel abrazo milonguero, ouvert / fermé, n'est-elle pas qu'un subterfuge pour nous maintenir dans l'ignorance des fondamentaux du tango, de son apprentissage?

Dire que nous étions tous débutants: nous avons bien commencé nos premiers mois de cours à apprendre en ouvert, non? Pourquoi nous sommes-nous précipités dans le collé serré en laissant en marge de notre abrazo la question du travail corporel, pourtant essentiel pour le plaisir et le confort dans le couple?

 

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Publié dans Tango argentin

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Laret 17/05/2013 18:07


Je ne connais pas bien le Tango"et ses musiques,mais c'est tres vrai!!Les mèmes querelles absurdes existent pour d'autres musiques,la musique folk,la musique médiévale...Respecter et ètre à
l'écoute des autres!Bonne soirée,Jean-Pierre

Fred Milongeroz 18/05/2013 17:11



Souvent les querelles sont utiles pour empêcher les gens de se remettre en quesiton eux-mêmes!