O Tang O HistOire d'OchO cOrtadO

Publié le par Frédérique

La Lady du Ocho cortado, un chemin de traverse, une optique transversale...

La Lady du Ocho cortado, un chemin de traverse, une optique transversale...

 

Ce n'est pas une histoire d'O, mais bel et bien une histoire de tango, ou comment une ladyboy est devenue esclave des Huit, avant et arrière, avant et arrière... la captive des figures enchaînées à l'infini, des ochos atras y adelante, jusqu'à faire des va-et-vient en boucle, en me déhanchant déjà à l'époque sur un ocho cortado redondant et sensuel, ma figure préférée (cf ma vidéo d'août 2013): à force d'aller et venir dans ma technique individuelle, la femme qui dormait en moi a fini par se réveiller... dans le tango.

Quand j'y repense, c'était mon principal défaut. On me disait qu'en tango argentin, il ne faut pas se déhancher, que ce n'est pas de la kizomba, encore moins de la begin ou du zouk. A l'époque donc, je m'évertuais à exécuter des pivots bien droits sur mon axe, en prenant garde de ne pas sortir ma hanche!

 

Quel genre d'oiseau - et de drôle d'oiseau - valse...? Mouette ou goëland? Ce ne sera que dans deux ans que j'aurai la réponse à cette question qui m'a torturée pendant plus de vingt longues années...

 

Jamais je n'aurais pensé qu'un jour j'allais suivre un chemin de traverse, et trouver une réponse étrange,  une optique transversale à ma féminité, à ma sensibilité, toute cette délicatesse que j'offre aux gens qui m'entourent, douée pour l'accueil, l'écoute et la patience: jusqu'ici, une route tortueuse, et en 2013, je perdais confiance dans ma solitude d'être Lune-Soleil.

Comment pouvais-je savoir à cette époque que j'allais être transfigurée en l'espace de quelques mois, quelques semaines, à peine deux ans plus tard?

N'ai-je donc jamais cessé d'être en transition, au bord du précipice, avec la peur de me jeter à l'eau? J'ai traversé les difficultés et les contraintes pénibles de certains métiers de mec, j'ai fait des arts martiaux (taï kwon do, karaté, judo...), sans parvenir à transcender mon existence. J'étais attirée particulièrement par la beauté du mouvement, sa fluidité...

 

Me travestir? Mais ça ne va pas la tête! Pourquoi alors ai-je pris ce premier cours de tango argentin en septembre 2006? Qu'est-ce qui m'a attirée dans cette danse de couple?

On me disait bipolaire, agoraphobique, anxieux, procrastinateur, sans cesser de me reprocher d'être un gigolo, un noctambule... Personne ne m'a jamais parlé de disphorie du genre, par contre... Bizarre...

Je rêvais déjà la nuit dans mon sommeil que je me procurais des vêtements interdits aux hommes, de la lingerie féminine, des dessous sexy, et surtout, je rêvais de porter des talons aiguilles, des talons hauts, les plus hauts possible... J'imaginais que je devenais une créature sensuelle, une lady gothique... Un papillon de nuit...

Mais ces idées qui torturaient mon esprit ne me convenaient pas: je ne voulais pas être un artiste, ni une créature en marge de la société: je voulais simplement être moi, une femme, porter des habits communs, de ménagère, du rose, des décolletés simples... je ne voulais pas refaire la cage aux folles, juste laisser mes mains s'exprimer naturellement.

 

L'idée d'emprunter le même chemin que ces êtres qui décident de prendre des hormones et de se faire opérer, ne m'a qu'effleurer l'esprit, très vaguement. Je n'avais jamais eu comme modèle de vie, Nung Tum, cette ancienne boxeuse thaïlandaise devenue l'une des plus célèbres Katoï.

Entre temps, j'aurais pu mal finir... Heureusement que le tango m'a trouvée, et que j'y ai trouvé à mon tour le moyen d'extérioriser le malaise de cette femme enfermée dans le corps d'un homme...

Avignon, avril 2016


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Un O Tang O
~ La valse des drôles d'oiseaux ~

Uno, parce qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même,
Uno, parce qu'il vaut mieux être seul pour rester sincère,
Uno, pour ce qu'il y a d'unique en chaque être humain,
Uno, car le tango se danse finalement très bien à un,
Uno, car il ne faut compter que sur soi-même,
Uno, un seul chemin pour aller au tango,

Uno, toujours le premier pas,

Un O pour notre futur abrazo

Et un Tang O dans le poème,
Qu'est notre unique passion,

Uno Tango,

Juste un,

Avant de s'en aller

Avignon, août 2013

Vidéo Tango Valse argentine (août 2013 ~ Les Tangotitudes), exercice ocho cortado, pivots avant et arrière, ma pratique solo de Lady :

Valse o Tang o - Histoire d'ocho cortado - Lady Plume Avignon

"Nous naissons nus, tout le reste n'est que travestissement." Citation RuPaul, drag queen américaine ~ Citation en anglais: "We are born naked, everything else is drag."

"Nous naissons nus, tout le reste n'est que travestissement." Citation RuPaul, drag queen américaine ~ Citation en anglais: "We are born naked, everything else is drag."

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Nina Padilha 08/08/2013 08:00


Tu es dégoûté du monde, comme moi.
Tu te réfugies dans le tango, moi dans la poésie.
Nous sommes, tous deux, des naufragés du beau.
Ne pars pas trop loin. Bisous !

Fred Milongeroz 09/08/2013 10:14



Qu'ils sont beaux nos chers naufrages!


Bisous Nina, 



Nina Padilha 07/08/2013 08:15


Tu t'en vas ?
Houla !

Fred Milongeroz 08/08/2013 07:16



Je ne sais pas où, mais j'm'en va ! Puis j'reviens, parce que partout c'est le désert. Cette société brise les entreprises individuelles, les micro-entreprises, les PME ... Les multi-nationales
ont le monopole, les banques privées dominent le monde, et nous, nous consommons... prisonniers du superficiel, de l'image, de la poudre aux yeux... cette société, est un désert de machines,
d'automates, d'êtres qu'on divertit et qu'on manipule en les tenant fort éloignés de leur conscience et de l'éveil de celle-ci ... Le tango, c'est de la conscience, ou bien c'est un produit de
consommation... Autrement dit : le 21ième siècle sera spirituel ou ne le sera pas ...