L'Imprimeur Céleste

Publié par Frédéric Zarod

  

L'imprimeur Céleste



La suite? Mais c’est ton livre, il n’appartient qu’à toi d’écrire la suite! Toi seul est l’auteur. Laisse-toi inspirer, tu trouveras les pas , les mots pour marcher dans la bonne direction, de chapitre en chapitre, de semaine en semaine, tu en tourneras encore de nombreuses, car les pages sont faites pour être tournées, cornées, parfois froissées et déchirées, mais tu trouveras toujours des pages vierges pour continuer à faire vivre cette merveilleuse intrigue qu’est ta vie.

Nous sommes tous des best-sellers, autant de plumes qui arpentent le grand corps de l’oiseau humain qui déploie les ailes d’une histoire… sans fin!
 
 

 


Tourne la page, et laisse-toi guider par les mots que prononcent chacun de tes pas… marche, marche, ta quatrième de couverture, ce sont les anges là-haut qui te l’ont soufflée.

 

 

 

 

La suite? Mais c’est ton livre, il n’appartient qu’à toi d’écrire… ce soir, je me sens trahi. On a déchiré une page ou alors, l’Imprimeur Céleste aurait-il eu quelque ouvrage plus urgent à mettre sous sa Mystérieuse Presse?

 

 

Cette nuit, ce n’est point la crampe de l’écrivain qui retient ma main. J’ai été froissé, mon âme mise en boule par une main qui refuse que nos trames se nouent en une seule : je rêvais qu’une deuxième plume partage la promesse de nos pages vierges pour écrire avec nos pas de danse, les mouvements de nos corps, quelques paragraphes; mais j’ai été trompé par l’ardeur de sa couverture : un titre honorifique, des origines ensoleillées, la fierté prometteuse d’authentiques élans.
 
Hélas... Tristes élans que les siens, qui n'ont d'obsession que l'esprit rageur, trompeur et vindicatif.

 

 

 

Me voici de nouveau petit volume. Ce vieil ouvrage qui déjà se glisse sous une pile d’oeuvres immatures, solitaires et abandonnées, dont la poussière a vite fait de ternir les dernières lettres.

 

 

 

Mes dernières lettres?

 

L’orage a grondé dans le firmament de mes questions sans réponses. On n’écrit pas à deux l’histoire de sa propre existence.

 

 

 

Le tango, faut être deux, pour l’improviser. Mais parfois, la solitude nous rattrape : seul on ne danse qu’avec des mots sans lien. Des maux qui poussent, éclaboussent, et noircissent jusqu’au non-sens des pages qui sont vouées au brasier. Seul on n’improvise pas. On ressasse. On réécrit du déjà écrit. On recopie à tort, à travers, jusqu’à pleurer.

 

 

 

Mes larmes remplissent ce gouffre infini que la nuit me prépare.

 

 

 

Trahi.

 

 

 

Je me sens comme ce bouquin oublié sur un quai de gare; par cette femme qui s’est levée, oubliant sa lecture rassurante, pour lire une histoire palpitante dans le regard d’un homme qui passait par là… Un voyageur.

 

 

 

L’un de ceux qui du jour au lendemain se retrouvent dans toutes les librairies.

 

 

 

De ceux qui ont une grande vitrine pour une petite histoire.

 

 

 

De ceux dont la couverture fait rêver.

 

 

 

Je n’ai jamais eu de couverture.

 

Simplement un modeste matelas de papier, pour appuyer mon corps dont l’encre, cette nuit, n’est plus que l’ombre d’une âme abandonnée…

 

 

 

Dois-je écrire le mot… FIN?

 

Une suite? Mais c’est ton livre, il n’appartient qu’à toi d’écrire la suite!

 

 

Ecrire...

 

 

Buenos Aires, le 18 janvier 2037

 

 

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