Des pratiques hivernales aux bals festifs de l'été

Publié le par Mademoiselle Plume

Mes entraînements de danseuse avignonnaise

Mes entraînements de danseuse avignonnaise

Des pratiques hivernales aux bals festifs de l'été

 

J'ai dansé avec les ténèbres cet hiver, avignonnaise au teint blême, loin des bals, midinette jusqu'aux solitudes du printemps, ce sont des entraînements sur talons hauts et des cours intensifs qui m'ont conduite à mon festival des fioritures et des jeux de jambes sous le rythme estival des milongas de plein-air dans la région provençale, de Caromb à Marseille, de Martigues à Nîmes.

 

L'esprit du théâtre et de la danse

 

Dans cette ville où Lady Plume est née, à force d'entraînement et de pratiques assidues, règne l'esprit du théâtre et de la danse. Avignon est comme un grand village, que chérit la danseuse de tango argentin que je suis devenue.

"Convaincre, sans humilier l'oeuvre choisie. L'éclairer et non l'endimancher. Evitant de l'encanailler, la rendre belle et accessible à tous."

Voilà ce que je fais subir à la reine des danses, au tango du Rio de la Plata. Cette citation de Jean Vilar, fondateur du Festival d'Avignon, résonne au plus profond de mon être: le tango, c'est l'histoire et l'intrigue de ma vie au féminin, si j'en fais une oeuvre, vivante et festive, illuminée et noble, en y mettant mes saveurs coquines et tous les embellissements qu'elle mérite, c'est parce que je peux m'y impliquer corps et âme, y vivre toute ma douleur de femme, mes couleurs d'âme égarée au fond d'un pays où inlassablement, comme l'écrivait Frédéric Mistral, nous...

Chantons la gloire de nos pères

Qui dans l'histoire

Ont fait leur trou

Et qui toujours, nous disent les livres,

Sont restés libres

Comme la mer et le mistral

En parler aussi, entre deux soirées dansantes ou deux amours dansées, plutôt y écrire un hommage, car mon oeuvre de danseuse, c'est aux racines du tango rioplatense que je vais l'arracher, telle est ma comédie humainement divine, sous la soie de mon tango, dans les plis de velours de mon abrazo, chacune de mes cellules portent les annales akhashiques d'un continent qui plante sa corne dans le cercle polaire, oui j'ai froid partout où j'habite, je danse quand ma souffrance s'étale en bain de sang, et danse encore alors que ma mémoire se répand dans un étang de larmes, de grimaces et de rancoeurs.

La femme porte les douleurs du monde; de mon ventre est née la danse. Ceux qui comprennent cela, savent danser non pas avec le coeur, mais avec leur vérité.

"Le théâtre n'est pas la démonstration analytique de notre condition; il est le chant dithyrambique de nos désirs profonds et de nos railleries."

Ce qu'écrivait Jean Vilar à propos du théâtre, est aussi le ferment de mon ouvrage: je suis cette argile fraîche qu'on ne peut expliquer jamais, le tango argentin, sa musique et ses chansons, ses orquestrations et ses rythmes, les mains d'un potier, un couteau sous la gorge, quelques doigts sur les cordes d'une guitare, le désir ardent de l'amant dans les chairs meurtries d'une paysanne vendue au quartier, ma faiblesse de me donner aux cavaliers, l'idiote qui sculpte son corps pour que tous les tangos du sytème solaire et du sud de la France y rentrent et la fasse éclater de cette jouissance céleste que l'on reconnaît chez l'artiste qui ne sait pas mentir, la tanguera qui se livre ainsi aux étoiles.

Avignon, le 13 juillet 2016

Oeuvre d'art vivante, une lolita romantique qui danse chez elle comme en plein-air, une danseuse classique et contemporaine en même temps, car le tango argentin se conjugue au présent émotionnel participatif...

Oeuvre d'art vivante, une lolita romantique qui danse chez elle comme en plein-air, une danseuse classique et contemporaine en même temps, car le tango argentin se conjugue au présent émotionnel participatif...

Des pratiques hivernales aux bals festifs de l'été

 

De ma pratique de danseuse gothique et farouche, bosseuse et persévérante, pendant la saison hivernale, sur les remparts d'Avignon...

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... à l'un de mes derniers entraînements de fille solitaire, avec les ténèbres,

avant de me plonger dans les vicissitudes estivales des bals en plein-air, les joies, les émotions jolies, mais aussi les batailles de mon tango qui affrontera ou subira les souffrances inscrites dans la chair, les muscles, les nerfs, de mes partenaires de danse, éparpillée que je finirai par être, entre les milongas de la Provence, du miroir aux oiseaux sur l'île de Martigues, au lac du Paty, à Caromb, sur la place du Chapitre du centre ville de Nîmes, jusqu'à l'esplanade des Arcades à Nyons...  

Danse avec les ténèbres ~ le bal gothique

Des pratiques hivernales aux bals festifs de l'été
Des pratiques hivernales aux bals festifs de l'été
Des pratiques hivernales aux bals festifs de l'été

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