Un quadragénaire, neuro-atypique et passionné de tango, tombe sur les fesses

Publié le par Tango Plume

 

Un danseur avignonnais de la quarantaine, neuro-atypique, à haut potentiel et passionné de tango argentin, est tombé par terre, sur les fesses, pendant son entraînement

 

Une impro de danse à tomber sur le cul? A chacun-e sa quadrature du cercle. Quarante ans, toujours puceau, mais une épaisse connexion entre les hémisphères de son cerveau. Ne vous moquez pas, s'il vous plaît! Quelle honte y a t'il à être un homme-fleur?

Le quadragénaire avignonnais est un danseur passionné de tango riopatense. Sur le spectre de l'autisme, son trouble se confond essentiellement avec le syndrome d'Asperger. Sans qu'on puisse attester qu'il présente des difficultés significatives dans ses interactions sociales, on observera tout de même chez ce danseur de génie des centres d'intérêts récurrents, des idées fixes, et redondantes, qui refont surface d'une manière persistante tant dans ses conversations avec des personnes qu'il fréquente régulièrement dans le milieu enrichissant du tango, que pendant des échanges à huis clos avec des partenaires hétérosexuel-le-s avec lesquel-le-s il n'envisage jamais la moindre relation intime.

Des personnes peuvent témoigner de son comportement particulièrement asexuel; il est d'ailleurs un ami fort apprécié des femmes qui ont une grande confiance en lui, aiment sa compagnie, sa sensibilité, son écoute et sa lucidité qui étonne à bien des égards. Il aimerait faire du shopping avec une bonne copine, faire de la couture, parler de trucs de filles.

Néanmoins, il parle facilement et librement de sexualité. Il n'a pas tout fait, il n'a pas tout vu. Il connaît la femme et l'homme. Et n'a qu'une requête en final en guise de petite annonce: mec passif, imberbe, très mince, 40 ans, à moitié vierge, cherche son mentor pour dépucelage et mariage gay. Plan Q non merci!

Il ne présente aucune faculté médiumnique, si ce n'est une imagination débordante, originale, s'exprimant, d'une part, sur la piste de danse par une capacité d'improvisation qui plaît énormément aux tangueras comme aux tangueros, un guidage très varié et profondément musical, une belle connexion avec la terre et sa/son partenaire du moment, ainsi qu'un abrazo confortable, affectueux et serein; d'autre part, dans son travail d'écriture, où sa passion d'écrivain est portée par le feu de la créativité; il écrit parce que sa vie émotionnelle est riche, que son système neuronal est une antenne très réceptive aux dimensions astrales qui se superposent à nos activités diurnes.

Ce petit homme fluet, blond aux yeux bleus comme l'azur, est un maître du tango argentin dans la région avignonnaise. Un corps émouvant et frêle, 1m60 et 43 kilos en février 2018, un danseur surdoué et gracieux qui reste fragile sur le plan psychologique: il a besoin de s'appuyer sur des mouvements répétitifs, des habitudes quotidiennes sans lesquelles il se sent menacé, ou perdu, de se fixer un cadre strict, une discipline de vie qui tendrait vers une forme d'austérité, une morale ascétique.

Ce n'est pas étonnant qu'à côté du tango et de l'écriture, il soit passionné par le BDSM (Bondage Discipline, jeux de Domination/soumission, subspace, safeword, Sado-Masochisme soft). S'il a toujours eu des tendances masochiste, fétichiste et bisexuelle, c'est pour préserver un équilibre fragile face à ses troubles de nature autistique, une sorte de compensation pour gérer au mieux ses tensions psychiques, ses conflits émotionnels, ses angoisses fréquentes.

Il est parti avec des idées sapho-gynarchiques pour arriver à une homosexualité omniprésente et exclusivement passive: il s'est toujours identifié à une femme, tout en dissimulant son véritable genre. C'est la raison pour laquelle il s'est forcé pendant trop longtemps à jouer un rôle social qui ne lui convenait absolument pas, faute de quoi, il se serait senti en danger; assumer et affirmer sa pleine féminité quand on se trouve dans le corps d'un homme, demande une certaine maturité et force de caractère. Ce n'est qu'une fois passé la quarantaine, qu'il s'est senti prêt à se jeter à l'eau. Ce n'est pas facile pour lui, mais un papillon ne reste pas éternellement dans son cocon...

Peut-on vraiment parler de complexe de castration chez lui? Qu'en est-il alors de sa dysphorie génitale et de sa dysphorie de genre? Comment le qualifier d'une manière plus pertinente? Neuro-atypique? Transgenre? Non binaire? Il a su développer une grande intelligence corporelle. Ouvert d'esprit, abhorrant les injustices et défendant les êtres vulnérables, voilà un drôle de zèbre avignonnais qui, passionné par la danse de couple et le tango argentin, dans son alcôve d'homme féminin, fait preuve d'un haut potentiel: l'égrégore du Rio de la Plata a déposé dans son bas-ventre les secrets du tango. On le jalouse. Son talent dérange. Si les gens se demandent pourquoi il ne vient plus dans les milongas provençales, il ne nous faut pas aller bien loin: nul génie sans exil.

C'est un hijra français qui s'épanouit avec passion, grâce à la danse...

 

 

Les neurones-miroirs d'une étrange créature entre deux eaux, d'une tanguera entre deux âges

 

Comment générer un courant alternatif au sein de la génération contemporaine qui danse le tango en France, afin de réveiller et de stimuler d'autres neurones-miroirs qui n'ont jusqu'ici jamais été utilisés?

 

Le sujet avait 42 ans lorsqu'il s'est mis à entamer une transition inhabituelle et originale dans le milieu hétéro-normé du tango argentin. Une sorte de transformation soudaine, assez spectaculaire dans un premier temps, mais qui s'avérait encore trop superficielle: on ne voit bien qu'avec le cœur! L'essentiel étant invisible pour les yeux, le lecteur, la lectrice, comprendront que la métamorphose de cet individu (qui est un cas clinique intéressant à étudier aussi bien sur une piste de danse quand ce dernier guide une femme ou se fait guider par un homme, que dans son environnement personnel et intime lorsque, par exemple, il entre dans une crise mystique qui se traduit par une session d'écriture automatique, fantasmatique, et apaisante), a continué à se produire d'une manière beaucoup plus souterraine, l'obligeant à mobiliser une quantité d'énergie psychique très importante, d'où la raison principale de sa disparition subite des milongas du Vaucluse et du Gard.

Le sujet se trouvait dans l'incapacité d'être ELLE-même en présence des autres, dans une collectivité donnée, au sein d'un groupe rassemblé autour d'une activité commune. La norme sociétale semble l'affecter depuis très longtemps déjà, au point qu'il a développé une double personnalité à haut potentiel, un don de caméléon, ainsi qu'une capacité étonnante à se mettre à la place des autres. L'observateur parlera d'une grande faculté d'adaptation sociale, d'empathie, d'écoute et de compréhension de son prochain. Mais c'est ignorer ici ses carences affective et narcissique...

 

 

Un joli petit cul de quadragénaire entre deux chaises...

 

Notez par ailleurs que ce danseur talentueux ne s'inscrit pas dans une démarche nécessairement anti-conformiste. Sa transition mtF, sans hormones féminisantes ni opérations (pour le moment), paraît inaccoutumée, mais l'essentiel encore une fois est invisible pour les yeux; il a pris conscience qu'il n'y aucune différence entre une travestie, une transsexuelle et une femme transgenre: hormoné ou pas hormoné, opéré ou non opéré, un homme dans une âme de femme est... un homme dans une âme de femme. Nous pourrions apporter une précision: un corps d'homme, dans une âme de femme.

On ne voit bien qu'avec les yeux: des trans se dirigent vers l'hormonothérapie pour x raisons. Encore une fois: ça leur appartient. Vivre au grand jour, tout le temps, sous la forme d'un "travesti", est particulièrement et psychologiquement "hard"; certain-e-s le vivent peut-être facilement. D'autres personnes transgenres préfèrent attendre les premières transformations corporelles induites par les hormones féminisantes afin de se conformer à ce que la norme binaire (hétérosexuelle et cisgenre) attend d'elles.

Cette pression sociétale, notre quadragénaire l'a ressenti-e, lorsqu'il a commencé à utiliser les codes vestimentaires de la gente féminine. Bien sûr, il y a pas mal de personnes qui l'ont tout de suite "adopté-e" sous sa forme féminine... et atypique, mais l'expérience de la vie quotidienne et publique lui a fait ressentir aussi qu'il n'était qu'un... travesti.

Le voilà aujourd'hui avec un an et demi de "test de vie réelle": il sait très bien, dans son for intérieur, qu'il n'y a aucune différence entre la travestie, la transsexuelle et la femme transgenre. Mais avec un front dégarni, une mâchoire carrée, il a beau se maquiller, se parfumer, s'habiller comme une femme... les gens qu'il croise ne sont pas dupes.

Les réflexions sont nombreuses, sans être pour autant transphobes, et rares sont les individus qui jouent le jeu, qui acceptent l'ambiguïté, qui font comme s'il appartenait vraiment à la gente féminine. Pourtant... notre avignonnais appartient "réellement" à la gente féminine. Mais faut-il encore que cette réalité des émotions, du ressenti, que la réalité astrale, que tout ce qui nous entoure, qui demeure encore invisible aux yeux de la plupart, que ce monde qu'on ne peut voir qu'avec le coeur, soit considéré d'une manière aussi tangible que cette table sur laquelle on tape du poing, qui nous fait croire qu'elle est bel et bien matérielle, réelle...

Mais savez-vous seulement que cette table n'est que du vide, de l'énergie? Elle est constituée d'atomes, chaque atome est constitué lui-même d'un noyau et de quelques électrons. Pour vous donner un ordre d'idée de la distance qui sépare un noyau de ses électrons, imaginez un ballon (le noyau de l'atome) à Marseille, et une balle de tennis (l'un de ses électrons) à Paris. Du vide. Un espace sidéral pour ainsi dire... C'est l'énergie qui crée l'apparence, la forme.

Alors? Notre vie n'est-elle qu'une illusion? La vida es una milonga... (traduction: la vie n'est qu'une farce, une supercherie).

Pourtant... notre sujet transgenre dont il est question ici, lui aussi, pense très souvent aux hormones et à l'opération. Parce que, comme les autres femme trans, il ne se reconnaît pas dans son corps masculin.

 

Vous allez pouvoir saisir, au fil de vos lectures, dans cet univers émouvant, drôle, coquin et très poétique, que constitue ce blog, toutes les facettes et composantes de cette petite personne très mince, introvertie malgré ce que vous auriez pu croire ou constater, qui, dans une grande solitude, réfugiée le plus clair de son temps dans sa tour d'ivoire, protège son hyper-sensibilité qui lui cause tant d'anxiété, quand ce ne sont pas des crises d'angoisse qui le conduisent à une profonde remise en question permanente et à un doute existentiel fondamental. D'où une aboulie (procrastination sévère qui constitue un handicap), une forte dépendance tabagique, une tendance fréquente à l'insomnie, qui le fragilisent et le conduisent parfois à des états dépressifs passagers mais mal vécus à cause d'une grande culpabilité générée par le fait qu'il est conscient des épreuves incessantes qu'il vit depuis une trentaine d'années.

Un développement intellectuel normal, un QI qui ne semble pas particulièrement plus élevé que la moyenne française, une bonne capacité de raisonnement, une belle faculté de discernement et une grande lucidité par rapport à son propre vécu, tout indiquerait que ce drôle de zèbre avignonnais semble apte à survivre sans grandes difficultés dans notre société moderne. Tel est le point commun entre une neuro-atypie, une bipolarité et une psychose blanche.

Faire l'effort d'être normal, ou à défaut, de paraître normal selon les critères ultra-médiatisés qui sont imposés aux gens, voilà ce qui a fini par provoquer chez le sujet sur lequel nous nous penchons dans ce dossier spécial, un épuisement nerveux, semblable à un burn out, une perte de confiance dans ses propres capacités à agir, et un repli important sur lui-même qui l'isole, au détriment d'une socialisation naturelle et réjouissante.

Un squelette  dont la croissance semble s'être arrêtée assez tôt dans sa vie, une silhouette de lolita sortie tout droit d'un manga, la taille fine et le poids léger, une maigreur constitutionnelle importante qui a été diagnostiquée encore récemment, ce danseur qui vit son tango au féminin et sur demi pointe doit-il avoir honte, se sentir coupable? De quoi?

 

 

2006-2018: douze années de passion folle pour devenir un maestro atypique et spécialiste du double rôle dans la région provençale

 

Nos congénères argentins, chiliens et uruguayens l'ont compris bien avant nous, mais certains danseurs français, y compris des professeurs, se sont contentés d'importer les codes du bal qui les arrangent, en oubliant que l'esprit du tango rioplatense, ce n'est pas seulement une culture, une musique, et seulement trois genres musicaux, mais toute une aventure humaine... incroyable, extraordinaire, érotique, paranormale, affectueuse, spirituelle, sentimentale, et bien atypique au regard du quidam, par exemple, qui se promène par une belle soirée d'été le long des quais de Seine ou du canal de Saint-Sébastien, sur le parvis de l'Opéra ou la place du Chapitre, et qui tombe par hasard sur une milonga plein air!

On ne peut établir de nouvelles connexions synaptiques et améliorer notre plasticité neuronale de danseur et de danseuse, si nous nous évertuons à nous confiner, pendant nos milongas, dans un cadre restreint et strictement genré, endoctriné-e-s que nous sommes par des règles du bal qui nous laissent sans espoir de quitter par moment notre zone de confort de milonguero ou de tanguera.

Attention! Mes bien chers frères, mes bien chères soeurs, reprenez avec moi tous en choeur: pas de tango boogie avant de faire vos prières du soir! Tandis que nous sommes sous l'influence magique de nos écritures inclusives, que vous dégustez mes réflexions et analyses hivernales, entendez-vous dans nos campagnes mugir ces féroces soldats? Ils viennent jusque dans vos bras, écorcher vos joies et mentales aragnes!

Il ne s'agit pas de remonter le cours du bal, d'inverser le sens des aiguilles d'une montre, ni de foutre le bordel dans une milonga parisienne où les hommes doivent s'asseoir en rang d'oignons bien en face des femmes qui, à leur tour, doivent se soumettre aux invitations de ces messieurs uniquement par l'entremise de la mirada et du cabeceo, un lieu où il est strictement interdit de danser en abrazo ouvert sous peine de la sanction la plus sévère qui consiste à se faire éjecter illico presto de la salle, ni de semer la zizanie dans un couloir bien rangé et formé par des couples milongueros qui s'épanouissent  lors d'un encuentro, sous le règne de la parité, selon la loi de l'équilibre parfait et divin qui tient de l'équation sacrée: un homme + une femme = le tango authentique et universel.

Loin de nous pareilles intentions! Nous ne sommes pas des tangueros et tangueras ultra-modernistes imposant des lois scélérates! Nous réfléchissons simplement pour savoir comment nous pourrions nous affranchir d'une norme qui oppresse, rejette la différence, et brise les inspirations atypiques...

 

 

Petit-e avignonnais-e à haut potentiel

 

Une bien triste nouvelle mise pour ainsi dire au congélateur: sous les gelées hivernales, l'humus endormi de nos campagnes de Provence n'est fougé par aucun-e tanguero/a provincial-e, ni aucun-e milonguero/a parisien-ne, qui auraient le souci de dénicher cette nouvelle attristante pour la partager et la comprendre; la double absence d'un excellent danseur quadragénaire et d'une très bonne danseuse de bal, ne mérite aucunement de faire la une des magazines de tango argentin, et ne peut donc faire l'objet d'un article autour duquel des passions seraient susceptibles de se déchaîner; les sujets brûlants qui intéressent le public du tango tournent essentiellement autour des vedettes internationales et des festivals.

Nous parlons d'un avignonnais qui fêtera ses cinquante ans en 2024 et qui a abandonné le tango, et cessé de fréquenter les milongas, depuis quelques mois déjà. Et d'une talentueuse tanguera, par la même occasion. De la quarantaine également. Est-ce une coïncidence si les deux sont d'Avignon?

Le danseur virtuose et la danseuse prodigieuse en question, premièrement, ne pourront jamais former un vrai couple dans la vie, deuxièmement, il leur est fondamentalement impossible de devenir partenaires de tango, que ce soit sur une scène ou dans une milonga, troisièmement,  ils ont eu tous les deux quarante-quatre ans cette année, le même jour, le même mois. Tels sont les seuls éléments de réponse que nous possédons à l'heure actuelle.

Pourtant, dans la communauté du tango argentin, les français-es n'ont jamais vu pareils talents. L'écriture inclusive s'avère parfois nécessaire. Mais pas indispensable. A côté du couple tantrique imbriqué sur scène dans une chorégraphie qui mêlerait les codes du tango argentin aux mouvements libres de la danse contemporaine, nous pourrions juxtaposer des couples éphémères du tango de piste, c'est-à-dire, des hommes et des femmes, de tous les âges, de tous les sexes, qui dansent ensemble dans nos milongas: et nous pourrions faire une étrange découverte, en admettant que le tango soit une écriture; dès lors, comment apprécier à sa juste valeur ce phénomène à la fois cryptographique et stéganographique, qui se produit sur nos scènes comme sur nos pistes de danse, chaque fois que deux corps émouvants s'enlacent, s'épousent, se détachent un instant pour mieux se fondre à nouveau?

Mais qu'en est-il quand un maestro et une maestra quadragénaires qui se réconcilient dans la cité des papes, ne peuvent même pas former un vrai couple de tango argentin? Ont-ils seulement la possibilité de s'unir autrement? D'une manière singulière? Quantique? Sans essayer d'arrondir les angles, comment rendre compte de l'amour d'un cercle et d'un carré de même surface, alors que l'un dans l'autre ne peut s'emboîter? Nous faisons allusion à Federico et à Federica, un danseur et une danseuse que personne ne pourra jamais voir ensemble dans le même lieu et au même moment. A chacun-e sa quadrature du cercle, avec ou sans écriture inclusive...

S'agit-il d'une erreur spatio-temporelle? D'une illusion d'optique? D'une rencontre dans le Vaucluse avec le troisième type? Ou est-ce la naissance annoncée par quelques vieux prophètes milongueros, celle d'un troisième genre de créature dansante? S'agit-il d'un rejeton de la Coulobre, jailli à son tour des méandres de la Sorgue? Ou parlons-nous de la performance 2-en-1 d'un danseur virtuose à Avignon, qui aurait pu se terminer en drame...? C'est un fait divers que je relate à l'occasion de mes réflexions et contemplations hivernales, lire mon article de février 2018: Tango dans le sol, tango par terre: une créature fragile, une danseuse agile...

Avignon, samedi 10 février 2018

Publié dans Tango

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