Le tango c'est aussi une danse

Publié le par Frédéric Zarod


Le tango argentin, ce n'est pas seulement une musique, c'est aussi une danse de couple. Avant de remettre en question le contenu musical d'une milonga, faudrait-il que le danseur de tango remette d'abord en question son propre niveau, son schéma corporel dynamique, son guidage et sa connexion! Idem pour la danseuse.

 

Les amateurs de l'âge d'or devraient bien tourner sept fois leur langue dans la bouche, avant de s'en prendre aux danseurs qui dansent, vous savez, ces êtres humains qui viennent dans un ballroom dancing parce qu'ils ont les pieds, le ventre, le coeur et toute la tête qui bouillonnent en posant un talon sur la piste de danse, en salle ou en plein-air, quitte à danser sur la chaussée d'une avenue, avec cette ivresse, cette passion de se laisser pénétrer par de belles musiques entraînantes, qu'elles nous viennent du Buenos Aires des années 40, ou des années 70, d'un Astor Piazzolla ou d'un Gotan Project.

 

Avant de critiquer une programmation musicale, ou un DJ tango, certains danseurs devraient d'abord apprendre à marcher sur le rythme simple d'un électro-tango, d'une musique alternative, en abrazo ouvert, après, ils pourront éventuellement s'aventurer à danser en abrazo serré (cerrado) sur du vrai tango rioplatense, du tango authentique, traditionnel...

Hé quoi? Danser sur une aussi belle musique que celle de Carlos Di Sarli, Juan D'Arienzo, Anibal Troïlo, Rudolfo Biagi, ça s'mérite!

C'est bien beau d'être capable de faire la différence entre D'Arienzo et D'Agostino, faut-il encore préparer, éduquer son corps de milonguero ou de tanguera pour prendre la forme d'un chef d'oeuvre musical, n'est-ce pas?

 

Nous avons tous un point commun: nous venons en milonga pour le plaisir, et pour avoir des émotions!

Je ne parle pas espagnol, j'ai tout mon temps pour apprendre à connaître les chefs d'orchestre qui ont fait la renommée de Buenos Aires, les chanteurs de l'âge d'or, les titres et années des tangos, valses et milongas que diffuse le DJ ou joue des musiciens: corps et âme, je suis un danseur, ici et maintenant, sur le dancefloor, et c'est dans mon corps que je vis le patrimoine culturel de la musique sud-américaine et des "Argentine tango roots"!


Avignon, le 23 mai 2013

 

 

Une autre boutade du jour:

Le tango argentin est une danse d'improvisation

 

Comme il faut, Carlos Di Sarli - Les grands orchestres du tango argentin

La Cumparsita, Juan D'Arienzo y su Orquesta Tipica - 16 grandes tangos

Racing Club, Rodolfo Biagi - Grandes del tango, Vol. 37

Romance de Barrio, Anibal Troïlo - The roots of tango, jewels of the 40's, Vol. 10

Boutade mise à part - réconciliation oblige - autant dire les choses comme il faut: j'aime danser sur de l'alternatif, de l'électro et même de la musique classique, mais le rythme redondant, notamment d'un Bajofundo ou d'un Narcotango, m'ensuque si ce type de  tanda s'accumule de trop. Cette musique est très bien pour la pratique, l'étude de la technique pure et dure. Mais j'attache une importance primordiale - et c'est mon coup de coeur - aux grands classiques qui font toute la splendeur du tango rioplatense, les Di Sarli, Canaro, Troïlo, Biagi, D'Arienzo, D'Agostino, Fresedo, Pugliese, etc... A écouter ces grands chefs d'orchestre et compositeurs, la marche s'impose, le talon attaque le parquet, la semelle écrase la baldosa, le pas s'allonge, le corps devient lourd, et la cage thoracique se déploie, ça te rentre sous la peau, par les pores, ça traverse la chair, ça vibre, il y a ce roulement de tambours que le piano te raconte inlassablement mais tu ne t'en lasses jamais, à danser du souper jusqu'à la soupe à l'oignon, des cordes qui t'hérissent le poil, des bandonéons qui inspirent ta sensualité, et le couple respire à l'unisson, amoureusement, langoureusement. Je ne vous confesse pas tout cela afin que vous partagiez cet article sur vos réseaux sociaux, c'est sincère, comme l'est l'Esprit Tango qui nous unit pour le pire et surtout le meilleur! Abrazo fuerte

Boutade mise à part - réconciliation oblige - autant dire les choses comme il faut: j'aime danser sur de l'alternatif, de l'électro et même de la musique classique, mais le rythme redondant, notamment d'un Bajofundo ou d'un Narcotango, m'ensuque si ce type de tanda s'accumule de trop. Cette musique est très bien pour la pratique, l'étude de la technique pure et dure. Mais j'attache une importance primordiale - et c'est mon coup de coeur - aux grands classiques qui font toute la splendeur du tango rioplatense, les Di Sarli, Canaro, Troïlo, Biagi, D'Arienzo, D'Agostino, Fresedo, Pugliese, etc... A écouter ces grands chefs d'orchestre et compositeurs, la marche s'impose, le talon attaque le parquet, la semelle écrase la baldosa, le pas s'allonge, le corps devient lourd, et la cage thoracique se déploie, ça te rentre sous la peau, par les pores, ça traverse la chair, ça vibre, il y a ce roulement de tambours que le piano te raconte inlassablement mais tu ne t'en lasses jamais, à danser du souper jusqu'à la soupe à l'oignon, des cordes qui t'hérissent le poil, des bandonéons qui inspirent ta sensualité, et le couple respire à l'unisson, amoureusement, langoureusement. Je ne vous confesse pas tout cela afin que vous partagiez cet article sur vos réseaux sociaux, c'est sincère, comme l'est l'Esprit Tango qui nous unit pour le pire et surtout le meilleur! Abrazo fuerte

Commenter cet article

Laret 24/05/2013 07:56


Cela me semble évident!!Ah si j'avais un guide comme toi......Tres bon vendredi,Jean-Pierre

Fred Milongeroz 25/05/2013 10:26



Cela semble évident, mais j'ai l'impression qu'il y a trop de critiques autour des programmations musicales, de la part des danseurs, et qu'avant de chercher à enlever la paille dans l'oeil d'un
programmateur musical, ils devraient déjà s'occuper de chasser leur defaut dans leur organisation corporelle...


Quand on aime danser, on aime danser sur toutes les musiques, ça semble naturel, même si on a ses préférances...


J'entends trop souvent dire : "ah mais c'est indansables, j'aime pas cette musique!" Mais si si, c'est dansable, après ça peut ne pas être notre tasse de thé!


 


Bon week end Jean-Pierre