Tango milonguero

Publié le par Frédéric Zarod

Danseur de tango ou milonguero? Très tôt, j'ai appris à danser "le tango de la musique et non le tango des figures", pour reprendre la citation de Tété Rusconi (*)

Danseur de tango ou milonguero? Très tôt, j'ai appris à danser "le tango de la musique et non le tango des figures", pour reprendre la citation de Tété Rusconi (*)

Je me suis senti danseur milonguero dès mon premier cours de tango argentin, c'était en septembre 2006. Tanguero milonguero dans l'âme, avec mon fox trot (le pas du renard) issu des arts martiaux et des chantiers, dès le départ, pourtant... ce n'est qu'à l'automne 2009 que j'ai franchi  pour la première fois de ma vie les portes d'une milonga.

Milonguero, ça veut dire danseur de bal (ouvrir dans une nouvelle fenêtre), un cavalier qui passe sa vie dans des salles de danse, sur la piste, de soirées dancing en thés-dansants, façon El Garufa ou drôle d'oiseau, traité même, par mes proches, de gigolo, sans jamais pour autant s'arrêter de prendre des cours de tango argentin. Mais avant de choisir quelle allait être ma danse de couple de prédilection, j'ai goûté à tous les rythmes, essayé toutes les danses qui se dansent à deux: le tango rioplatense, certes, mais également le rock à six temps, la salsa cubaine, la danse de société, quelques stages de boogie, de west coast swing et de lindy hop, sans oublier bien sûr la danse musette - ou rétro (java, valse viennoise et valse musette, paso doble, rumba, bolero, fox trot, slow fox, madison, begin, polka, boston, baillon, tango accordéon, etc...) qui, elle, s'apprend sur le tas, sans faire de figures, surtout basée sur le feeling, le rythme, la musicalité, et en "abrazo" fermé généralement - ce qui m'a préparé d'ailleurs à devenir un danseur milonguero par la suite.

J'ai eu une révélation en octobre 2006: alors que j'avais pris mon tout premier cours de tango argentin juste un mois avant, à Facture-Biganos (Bordeaux 33), quelques semaines plus tard, dans un thé-dansant où la génération de mes grands-parents m'apprenait la musicalité en danse musette, j'ai posé le pied sur un temps fort (je crois que c'était pendant un fox trot), et j'ai ressenti quelque chose de merveilleux, d'étonnant, qui est tombée littéralement dans mon corps: le rythme dans la peau est arrivé comme ça, comme l'on peut être foudroyé, c'était un phénomène bien étrange, une révélation concrète, corporelle, l'un de mes plus beaux souvenirs de ma vie.

 

A présent, je dois vous avouer que je n'aime pas le terme danseur milonguero, j'évite de m'enfermer dans la pensée unique, cette maladie qui consiste à coller des étiquettes à tout bout de champ... J'ai usé quelques paires de chaussures sur les pistes de danse, ma passion pour le tango en entrant dans ma dizième année, ne m'a toujours pas quitté, j'aime les bals bondés, où l'on se serre entre couple, se frôle, mais dès qu'il y a un peu d'espace, j'aime aussi ouvrir l'abrazo, j'explore le tango nuevo, sur du Piazzolla, sur de la musique alternative, je découvre et j'étudie le style "Compas y Elegancia" (ou école de la Villa Urquiza), je n'ai pas besoin de fréquenter les encuentros pour me sentir "milonguero", et je me sens tout aussi "danseur de tango" tant par le fait que je continue à étudier l'art du mouvement que par une certaine curiosité pour le tango de scène. Pour moi, le tango argentin est une contrée vaste et illimitée, à explorer avec le coeur et les trippes!

 

Avignon, le 10 novembre 2015

Milonguero

 

 

(*) Citation de Tété Rusconi dans l'article du web-magazine ToutTango+:

"Petit, je pratiquais déjà dans mon quartier avec des gens qui dansaient le tango de la musique et non le tango des figures."

in Téte, danseur milonguero, interview de juillet 2005 pour le magazine Tout Tango n°4

 

Du fox trot au tango argentin... Et pourquoi pas? Le pas du renard, et le fameux "vite vite lent" des bals musettes, que l'on décline selon la musique, une combinaison de la marche et du pas chassé, une alternance, un excellent exercice à deux, qui permet surtout d'exprimer le contre-temps, qui revient dans toutes nos danses de couple. Je n'avais que ça, comme "outils" pendant les bals rétro, le pas du renard, ou du félin, que j'essayais de faire varier, avec des changements de direction sans pivot... Aujourd'hui, c'est toujours la base fondamentale de ma danse, sur un tango, un canyengue, un fox trot, une milonga, ou une valse argentine!

Du fox trot au tango argentin... Et pourquoi pas? Le pas du renard, et le fameux "vite vite lent" des bals musettes, que l'on décline selon la musique, une combinaison de la marche et du pas chassé, une alternance, un excellent exercice à deux, qui permet surtout d'exprimer le contre-temps, qui revient dans toutes nos danses de couple. Je n'avais que ça, comme "outils" pendant les bals rétro, le pas du renard, ou du félin, que j'essayais de faire varier, avec des changements de direction sans pivot... Aujourd'hui, c'est toujours la base fondamentale de ma danse, sur un tango, un canyengue, un fox trot, une milonga, ou une valse argentine!

Commenter cet article