Du judo au tango

Publié le par Frédéric Zarod

Pourquoi Tango Plume?

Pourquoi Tango Plume?

Tango Mystique - chapitre 18

Du judo au tango... J'ai fait du judo à partir de l'âge de huit ans, j'étais un fils obéissant, ce n'est qu'à mes dix-sept ans que j'ai dis que je n'aimais pas le judo. Ils étaient tous plus grands que moi, poids plume, je ne voulais pas les laisser m'attraper, poids mouche, me soulever et me mettre à terre. Je voulais frapper, donner des coups de pied, des coups de poing, car ici je pensais trouver ma seule chance de survie, et d'épanouissement dans un art martial. Je le cherchais déjà: je pensais le trouver dans le taï chi chuan, mais au bout de trois mois, je suis parti dans le kung fu vietnamien, deux ans plus tard c'est le tae kwon do qui m'a attiré, et cinq années après, je suis allé vers le karaté pendant encore deux années, j'ai affronté des hommes en salle et sur la route en pensant affronter mes démons, j'ai pris des coups, j'en ai rendus, dans ma frustration passée, j'ai humilié des hommes avec ma colère aveugle. De petites victoires qui se sont transformées très vite par de la honte. Je l'ai cherché sans le trouver, mais j'étais devenu un homme tant bien que mal.

Lorsque Dieu m'a éloigné de la femme qui m'a donné un fils, j'ai dit au Seigneur: ah quoi bon serrer les poings pour se défendre quand c'est la vie elle-même qui me soulève pour me jeter à terre!

J'avais encore la rage, mais je commençais à découvrir que j'étais mon propre ennemi...


Je suis tombé si bas, dans cette forêt, dans cet abri de fortune du printemps au printemps suivant, que tu es apparu par l'entremise de mon ange-gardien. Dans la souffrance, j'ai trouvé la Foi en Jésus. C'était l'année de mes trente-trois ans, désolé, pas fait exprès.


Et je me suis tourné vers le tango argentin. Mon premier cours de tango, et la danse de couple, m'ont montré que je pouvais ouvrir mes poings, tendre les mains vers mon Prochain.

Je me suis égaré de nouveau, me suis éloigné de Dieu. Je suis comme le fils ingrat. Dieu nous donne un cadeau, nous nous réjouissons, mais on finit par l'oublier très vite... 

 

Huit ans plus tard, j'ai compris sans comprendre une science qui dépasse toute science: le tango, ce n'est pas à l'extérieur, dans les choses spectaculaires que je pouvais le trouver, mais dans mon corps, là, à l'intérieur de mon âme. Dix minutes pour apprendre une figure, dix ans pour (ré)apprendre à marcher.

J'ai prié, demandé à Dieu. Est-ce servir sa Gloire que servir le tango après avoir tant marcher? Les secrets du tango sont tombés dans mes entrailles, comment servir maintenant la Vérité de Dieu avec mon orgueil, ma vanité, ma jalousie?


Il m'a répondu ainsi: tu as trouvé ton tango, les secrets du guidage et de la connexion quand tu as cherché à l'intérieur de toi. Que pensais-tu y trouver d'autre? La sérénité? La paix?  

Sans le savoir, Jésus m'a mis sur le chemin du tango, m'a permis de rencontrer les bonnes personnes afin de me donner l'enseignement que je cherchais. Rentrer dans son corps, ne plus être hors-de-soi... Il en va de même pour chercher Dieu:


"Il est caché. Néanmoins, c'est une grande chose de savoir le lieu où il est caché afin de le chercher là avec certitude." Ainsi parlait Saint-Jean de la Croix.

Allons-donc, tout ce que l'on cherche autour, on le trouve en vérité à l'intérieur de soi? Tandis que les arts martiaux m'ont entraîné vers le dehors avec violence, le tango et son enlacement m'ont ramené à placer ma conscience dans mon corps, avec douceur, cette fois-ci. De ma vieille garde de judoka, je suis allé à l'abrazo, des coups de pieds et des coups de poings, je suis passé à la marche musicale et à des bras de velours et de soie. 

Avignon le 23 décembre 2014

Tango Mystique:

Lire chapitre premier L'Atelier

Lire chapitre 19

 

Du judo au tango... Tango Plume!

Du judo au tango... Tango Plume!

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phil 01/02/2015 23:34

Magnifique! !... tout simplement magnifique ! !... je voudrais témoigner... tu n'est pas tous seul sur le chemin... celui des égarements, des arts martiaux, de la souffrance... Mais la foi accompagne nos errances. Je me suis tourné vers la danse (tango argentin) l'année dernière, parce que le besoin de passer par le corps, parce que le besoin d'habiter mon âme... et depuis je réapprend a marcher (il faut dire que j'ai la chance, dans mon boulot, de marcher seul derrière un Rolls rempli de médicaments) oui parce que réapprendre a marcher avec son corps... c'est comme les médoc... c'est thérapeutique... merci docteur tango :-) phil:-)